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Crise économique: une loi de Finances rectificative n’est pas à l’ordre du jour

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Comme attendu, les parlementaires des commissions des finances des deux chambres du Parlement ont adopté le projet de décret-loi n° 2.20.320 relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs. La réunion tenue mardi dernier au sein de l’institution législative était l’occasion de passer au crible la situation de l’économie nationale et les mesures mises en place par les autorités publiques.

Le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, a laissé entendre que le gouvernement ne comptait pas présenter une loi de Finances rectificative, du moins pour le moment. Il est en effet difficile d’établir des prévisions rigoureuses et des chiffres détaillés dans la conjoncture actuelle, marquée par le manque de visibilité sur l’évolution de la situation tant au niveau national qu’international. Combien de temps durera la crise ? Comment seront les économies des partenaires économiques du Maroc ? Difficile de se prononcer, pour le moment, sur la question, comme le souligne l’argentier du royaume. Mais il s’agit seulement d’un ajournement. Les députés soulignent qu’une loi de Finances rectificative s’impose avant la fin de l’année. En attendant cette mesure, le département de Benchaâboun se penche sur l’examen des scénarios possibles selon l’évolution de la situation. Le gouvernement espère le meilleur et se prépare au pire, d’après le ministre. L’Exécutif dit vouloir agir maintenant, avant que ce soit trop tard, d’autant plus que le Maroc dispose de certains outils importants.


Outre la ligne de liquidité et de précaution, le Maroc a aussi une ligne de 275 millions de dollars (2,6 MMDH) avec la Banque mondiale utilisable si une catastrophe naturelle survient dans le pays.

Impact
Les engagements de dépense vont sûrement être impactés par les mesures prises pour lutter contre le Covid-19. La gestion dépenses se fera conformément à des décisions communes avec chaque secteur. À cet égard, les priorités seront prises en considération ainsi que la nécessité de promouvoir l’économie nationale. Sur le plan macro-économique, le gouvernement est aux aguets. «Le dossier des réserves en devises est la principale question qu’il faut bien gérer, à l’heure actuelle, pour ne pas perdre la souveraineté du pays», pour reprendre l’expression du responsable gouvernemental. Les rentrées en devises proviennent du tourisme, des investissements directs étrangers, des financements extérieurs, des transferts des MRE, des exportations du Maroc (automobile, textile…). «Tout est à l’arrêt et l’on ne doit pas franchir la ligne rouge», indique le ministre de l’Économie pour justifier la décision du recours aux financements extérieurs et l’adoption du projet de décret-loi 2.20.320 relatif au plafond des emprunts extérieurs fixé en vertu de l’article 43 de la loi de Finances 2020. Du côté des parlementaires, on estime qu’il faut rester prudent en pensant à l’avenir. C’est ce qu’a tenu à souligner le député du PJD Driss Azami Idrissi qui appelle les entreprises à faire preuve de solidarité en cette conjoncture inédite.

Opposition en stand-by
L’opposition a décidé d’appuyer totalement les choix gouvernementaux et d’évaluer plus tard l’action gouvernementale face au Covid-19. Seul Omar Balafrej, député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a maintenu sa position en matière d’emprunts extérieurs et a voté contre le projet de décret. Il estime que le Maroc a assez de devises pour se procurer les produits de première nécessité (pétrole, blé…). Quant à Abdellatif Ouahbi, député du PAM, il a laissé entendre qu’il s’agissait d’un dilemme car le groupe parlementaire du tracteur, qui a voté contre la loi de Finances au titre de l’exercice de 2020, se trouve contraint de voter pour le projet de décret-loi 2.20.320 relatif au dépassement des seuils des financements extérieurs afin de permettre au gouvernement d’être doté de tous les moyens permettant d’affronter la crise. Le chef de file du PAM met en garde contre la pression qui sera exercée sur le Maroc pendant au moins deux ans.

«Alors que le gouvernement considère que l’endettement est l’un des moyens pour l’investissement, nous estimons que c’est une menace pour l’autonomie économique et l’avenir de notre pays, d’autant plus qu’ il ne s’agit pas, cette fois-ci, d’investir», a-t-il relevé. Lahcen Haddad, député de l’Istiqlal, ne semble pas partager cet avis. Il estime que l’endettement est l’unique solution, à l’heure actuelle, pour faire face à la situation, d’autant plus que les conditions sont convenables: «Nous soutenons le projet de décret car il s’agit d’une mesure exceptionnelle face à une situation exceptionnelle», a-t-il affirmé.


Que faire après la crise ?

Les députés sont unanimes: l’heure est à la promotion du secteur de la santé partout dans le monde. La politique publique ayant trait à ce secteur doit être révisée à travers, entre autres, le renforcement des investissements ainsi que l’amélioration de la situation sociale du personnel de la santé. Par ailleurs, le ministère du Travail est appelé à se pencher, après la crise, sur les déclarations à la CNSS. Il s’avère nécessaire de réfléchir à des pistes concrètes pour faire basculer le secteur informel dans l’économie formelle. Il faut d’ores et déjà commencer à penser aux plans de relance pour maintenir les emplois et sauvegarder l’économie nationale.

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