Éco-Business

Ali Boughaleb : “Il faut s’inscrire dans une stratégie de préservation de son réseau de distribution”

Ali Boughaleb
Vice-président de la FNACAM

En marge de la 5e rencontre des agents et courtiers d’assurance du Maroc, organisée par la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance du Maroc (FNACAM), son vice-président détaille les chantiers cruciaux qui permettront d’assurer la relance du secteur.

La 5e rencontre des agents et courtiers d’assurance du Maroc traitera du thème: «Un nouvel élan pour l’intermédiation après la crise», quelles finalités recherchées par la FNACAM à travers ce dernier ?
La FNACAM a tenu à faire de cette rencontre celle du réamorçage des grandes actions entamées avant la pandémie tout en tirant les enseignements de cette dernière. Dans le même temps, les agents et les courtiers d’assurance sont confrontés à de nombreux défis qu’ils se doivent d’affronter en tant que composante à part entière du secteur des assurances avec les compagnies et le régulateur.

Quel est justement le plan d’action de la fédération pour accompagner les opérateurs dans la relance ?
La FNACAM continuera d’œuvrer pour les intermédiaires d’assurance en poursuivant les travaux initiés avec la FMSAR au travers de 4 commissions paritaires traitant de problématiques majeures : Performance et revenu de l’intermédiaire; Mandat d’étude et de placement; Les encaissements et les échanges d’informations et des données. A cela s’ajoutera un accompagnement nécessaire dans l’inexorable marche vers la digitalisation du secteur des assurances avec ses menaces et ses opportunités pour les intermédiaires. La FNACAM aura également à défendre son point de vue sur plusieurs changements majeurs induits par le projet d’amendement du livre IV du Code des assurances. Enfin, la FNACAM continuera le non-assujettissement des commissions servies aux intermédiaires d’assurance à la TVA, commissions déjà soumises à la taxe sur les assurances.

Quels sont les obstacles auxquels ont été confrontés les intermédiaires d’assurance durant la crise, et comment remonter la pente ?
Les intermédiaires d’assurance ont principalement souffert du contrecoup des difficultés rencontrées par leurs assurés face à la pandémie, notamment pour les activités les plus touchées (tourisme, transport, événementiel, …). Aussi, malgré les difficultés rencontrées par les assurés à payer leurs primes d’assurance, les intermédiaires ont continué d’assurer leur mission de proximité et de conseil pour trouver des solutions face aux différentes situations qui se sont présentées.

Le réseau de distribution s’avère être important pour le développement du secteur, que préconisez-vous dans ce sens ?
En effet, l’intermédiaire d’assurance est un maillon essentiel dans le développement et l’essor de l’assurance, tant dans la dimension de conseil à l’assuré que dans la dimension de service après-vente (gestion des sinistres). Le secteur gagnerait à s’inscrire dans une stratégie de préservation de son réseau de distribution.

Comment la digitalisation peut être un levier de relance pour les agents et courtiers de l’assurance ?
La digitalisation de l’assurance constitue probablement un levier important de croissance pour les intermédiaires d’assurance dès lors qu’ils y sont associés et préparés pour en saisir les opportunités. Mais il ne faut pas s’y tromper, la digitalisation va surtout ouvrir de nouveaux chantiers pour les assureurs qui oseront faire de l’assurance autrement, initier une conception différente de la relation assuré/assureur.
Pour l’heure, force est de reconnaître que la digitalisation réside plus dans une démarche de dématérialisation des processus de gestion avec une amélioration des services aux assurés.

Entre votre fédération et la FMSAR, n’y va-t-il pas double emploi ?
Bien au contraire, les intermédiaires d’assurance et les entreprises d’assurance, bien qu’intimement liés, doivent chacun de leur côté remplir un rôle bien différent dans la fonction assurance.

Le secteur s’est, semble-t-il, bien remis des effets de la crise sanitaire, comment expliquez-vous la tendance haussière des primes d’assurance ?
Il est vrai que les indicateurs semestriels, publiés ces derniers jours sur le secteur, font ressortir une embellie par rapport au premier semestre de l’année dernière où la crise avait impacté lourdement les performances des entreprises d’assurance tant techniques que financières. Cette hausse s’explique plutôt par un rattrapage mécanique avec la reprise d’activité par rapport au ralentissement induit par la pandémie.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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