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La conquête des marchés lointains nécessite des lignes directes

Le mode actuel de transport en conteneurs à travers des lignes classiques qui font des escales dans plusieurs ports avec des transbordements ne peuvent pas permettre au Maroc de se positionner sur les marchés lointains. BMCE Capital Market proposera prochainement une solution qui permettra aux opérateurs économiques de garantir leurs opérations sur le marché russe.


Les débouchés commerciaux ne manquent pas, mais les contraintes logistiques freinent   la politique de diversification des marchés d’exportation de primeurs et agrumes au Maroc. C’est le constat des participants à la rencontre, organisée la semaine dernière dernière, à Agadir, par l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et BMCE Bank Of Africa, sur la diversification des marchés à l’export avec les producteurs-exportateurs de fruits et légumes de la région Souss-Massa. «Le transit time est élément clé vu le caractère périssable des fruits et légumes, mais face à cette évidence, le transport en conteneurs via des lignes classiques qui font des escales dans plusieurs ports avec des transbordements ne peuvent pas permettre au Maroc de conquérir les marchés lointains», explique Abdelaziz Mantrach, président de la commission Logistique et Formation à l’ASMEX. Si  le Maroc veut réduire sa dépendance vis-à-vis de l’UE et en acheminant en même temps ses produits frais dans de bonnes conditions, il doit mettre en place des lignes directes pour accompagner la production garantie par le Plan Maroc Vert et la diversification des marchés identifiés par l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportation.

Parmi eux, le marché subsaharien sanctionné par les écarts de triage et le Moyen-Orient où le tonnage de fruits et légumes a régressé par rapport aux années de référence. «La plupart des lignes opérées actuellement, en ce qui concerne les marchés lointains, notamment l’Afrique et les pays du Golfe à partir d’Agadir passent par Tanger Med, ce qui rallonge le transit time», ajoute Abdelaziz Mantrach. En attendant la mise en place de lignes maritimes directes et adéquates, Hassan Sentissi, président de l’ASMEX, a insisté sur la mise en place d’un système de garantie par l’État afin de permettre aux opérateurs privés d’investir dans l’achat de bateaux puisque l’absence d’un pavillon national pèse lourdement sur la trésorerie des entreprises exportatrices. «Avant, la BMCE finançait 60 bateaux dédiés à l’export, mais actuellement, cette flotte a disparu, d’où la nécessité de remettre en place cette expérience afin d’accompagner la diversification des marchés à l’export» rappelle Sentissi.

En termes de mode de transport pour les agrumes et primeurs, notamment la clémentine et la tomate, «le camion frigorifique reste le mode de transport le plus privilégié par les opérateurs en Europe, ce qui donne satisfaction à condition de multiplier le scannage au port de Tanger Med pour améliorer le transit time et les délais d’attente», souligne Mantrach. Pour les autres marchés, notamment nord-américain, le transport est géré par les navires frigorifiques désignés polythermes tandis que la Russie ainsi que le reste du monde sont desservis par les conteneurs.  Côté assurance et surtout la couverture de la volatilité de risque de change, la BMCE a averti les professionnels sur la topographie du marché international qui connait de grandes perturbations et des variations de devises, d’où l’importance de mettre des couvertures par rapport aux pays africains et ceux du golfe pour ne pas subir les variations de changes. Par ailleurs, «BMCE Capital Market proposera prochainement une solution qui permettra aux opérateurs économiques de garantir leurs opérations sur le marché russe» a annoncé Youssef Naguib, de la BMCE. 


Le port d’Agadir congestionné
Les difficultés dont souffrent les professionnels sont essentiellement liés à la congestion du port d’Agadir, qui exporte la majorité des quantités de primeurs et agrumes acheminées vers l’étranger à travers de terminaux polyvalents. Le port de Nador est également concerné. Selon la commission Logistique et Formation de l’ASMEX, il n’y a pas de matériels pour charger les conteneurs. Ce qui pousse les producteurs-exportateurs de Berkane d’acheminer leurs produits via Tanger Med ou Casablanca.

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