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Fès-Meknès : le CRI veut renforcer le dispositif d’accompagnement du PIAFE

Dans le cadre des missions du Comité régional de suivi et coordination de l’accompagnement des porteurs de projets et des TPME, le CRI Fès-Meknès a procédé à l’analyse des données de plus de 1.000 porteurs de projets souhaitant bénéficier du financement Intelaka. Il s’en dégage que les conditions mises en place par le secteur bancaire pour l’octroi des crédits sont susceptibles de nuire à la réussite du PIAFE. 

Le Centre régional d’investissement (CRI) Fès-Meknès vient de lancer un projet pour le renforcement de son dispositif d’accompagnement dans le cadre du Programme intégré d’appui et de financement des entreprises (PIAFE) dans la Région Fès-Meknès.

Ce programme, mêlant financement attractif à travers un taux réduit garanti par l’État et une offre d’accompagnement assurée par plusieurs acteurs, offre une nouvelle génération de produits à destination des jeunes porteurs de projets, des TPE, ainsi que des entreprises exportatrices, en milieu rural ou urbain. La finalité étant de lancer une nouvelle dynamique, de booster la création d’emplois et de faciliter l’accès au financement, dont le coût reste élevé et les exigences de garanties sont jugées excessives, comme il ressort de nombreuses études et enquêtes.

L’une des composantes principales du PIAFE est l’accompagnement des porteurs de projets, notamment lors des premières phases où l’orientation et le conseil sont fortement sollicités par ces derniers pour renforcer leurs chances d’obtention d’un financement et de succès de leurs projets. Différentes mesures d’accompagnement ont été mises en place par les Centres régionaux d’investissement et les partenaires depuis le lancement du Programme et ont permis d’enregistrer une dynamique entrepreneuriale positive. Afin de renforcer le dispositif d’accompagnement mis en place, le CRI déploie, au niveau régional, une offre d’accompagnement supplémentaire complétant les dispositifs existants.

Cette offre comprend, notamment, la vulgarisation et la sensibilisation au PIAFE, l’aide à la préparation de plan d’affaires, la formation aux bases de l’entrepreneuriat, l’assistance aux démarches administratives, dont le montage du dossier de financement, le suivi durant le lancement du projet ainsi que le suivi post-création.

Difficultés liées au financement
Dans le cadre des missions consacrées au Comité régional de suivi et coordination de l’accompagnement des porteurs de projets et des TPME, le CRI Fès-Meknès a procédé à l’analyse des données de plus de 1.000 porteurs de projets, reçus par le Centre et souhaitant bénéficier du financement Intelaka. Cette analyse a permis d’identifier les principales contraintes qui empêchent les porteurs de projets de passer à l’acte d’investir. Ces contraintes sont généralement liées aux conditions mises en place par le secteur bancaire pour obtenir des crédits. En effet, toutes les banques exigeraient la mobilisation d’un apport personnel, variant de 10 à 30% du montant du programme d’investissement.

Par ailleurs, les banques refusent de financer les projets situés sur des terrains collectifs, notamment touristiques, comme les fermes d’hôtes, malgré le fait qu’il s’agit du statut juridique le plus représenté dans la Région. L’enquête menée par le CRI relève également que certaines banques exigent des porteurs de projets la production d’un contrat de bail du foncier support du projet avant l’octroi de l’accord de principe relatif au financement. Elles exigeraient aussi un statut juridique en bonne et due forme lors du dépôt des dossiers de financement. Bien que beaucoup d’efforts aient été engagés par les partenaires du programme, on estime que les banques ont généralement tendance à orienter les entrepreneurs vers le crédit bancaire classique.

Par ailleurs, certaines d’entre elles excluraient du financement les coopératives récemment créées, incitant les entrepreneurs à changer au préalable leur statut d’auto-entrepreneur. D’autres refusant de financer des projets relatifs à des secteurs jugés à risque comme le tourisme, le commerce, le négoce et le transport. Les conditions relatives à la justification d’expériences antérieures, ou la production de diplômes ou attestations, sont considérées par les intéressés comme difficiles à respecter pour les activités de commerce de proximité et celles qui ne sont pas réglementées. Par ailleurs, et vu le nombre élevé de candidats, les ressources des partenaires dédiés au PIAFE s’avèrent insuffisantes pour assurer un accompagnement adéquat. Sur un autre plan, la majorité des intervenants n’arrive pas à assurer un suivi efficace et personnalisé des bénéficiaires du PIAFE. S’ajoute à cela l’implication, jugée insuffisante, des représentations professionnelles, notamment les associations ainsi que les fédérations et les chambres professionnelles.

3,8 MDH pour renforcer le dispositif d’accompagnement
Pour remédier à ces contraintes, le CRI a accordé une enveloppe de 3,8 MDH en vue de renforcer le dispositif d’accompagnement. Ce dernier doit permettre de surmonter les principaux obstacles, en s’appuyant sur la formation, le coaching et le mentoring. Il permettra également l’assistance au montage des dossiers de financement, le conseil et le suivi, ainsi que le réseautage et l’aide à la pérennisation. Il faut rappeler que, dans son discours d’ouverture de la session parlementaire du 11 octobre 2019, SM le Roi a appelé les banques à soutenir davantage les Très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), les créations d’entreprises et l’export. En application de ces orientations Royales, les principales parties prenantes concernées par cette problématique, à savoir le ministère de l’Économie et des finances, le ministère de l’Intérieur, Bank Al-Maghrib et le secteur bancaire ont engagé une réflexion, en partenariat avec le secteur privé, qui a débouché sur la mise en place du Programme intégré d’appui et de financement de l’entrepreneuriat (PIAFE), qui a fait l’objet d’une série de conventions signées devant le Souverain.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO

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