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Emprunt national : toujours peu de visibilité sur la date de lancement

Le ministère de l’Économie et des finances entend tout entreprendre pour maximiser les chances de succès du grand emprunt national. C’est, entre autres, la raison pour laquelle il a décidé de reporter son lancement à une date ultérieure, non encore précisée.

Il faudra prendre son mal en patience. Le tant attendu grand emprunt national a bel et bien été reporté sine die. Selon des sources du marché, contactées par «Les Inspirations ÉCO» qui ont requis l’anonymat, «les raisons de ce report ont trait à une incapacité à trouver un mécanisme de garantie de taux, étant donné que le taux de rémunération à la Bourse de Casablanca est susceptible de varier à la hausse comme à la baisse». Notre interlocuteur évoque également «une profondeur importante sur les bons du Trésor qui justifie donc peu la recherche d’une alternative de financement différente». Autre son de cloche au niveau du ministère des Finances, qui confirme officiellement que l’emprunt, «initialement prévu pour le milieu du mois de juin dernier, a bien été sursis pour des raisons évidentes liées à l’avènement de la période estivale, et également des fêtes de l’Aïd Al-Adha.


Ces périodes connaissent généralement beaucoup de déplacements de la population», soutient un responsable au sein du ministère de l’Économie et des Finances. «Les échéances électorales sont aussi à l’origine de ce report», ajoute-t-il. Il est certain que l’État veut garantir les conditions optimales pour réussir l’opération, en assurant la mobilisation requise de la population autour de l’emprunt national. La décision a d’ailleurs été prise en concertation avec les banques conseil qui ont recommandé de temporiser quelque peu, dans le but de maximiser les chances de succès de l’emprunt. Un emprunt dont le montant, pas encore officiellement arrêté, pourrait être compris entre 5 et 10 MM de DH. Entre temps, la tutelle avait entamé un travail en amont pour être rapidement en mesure de réaliser l’emprunt, une fois une nouvelle date de lancement fixée. Outre le mandatement de deux banques conseil en mai 2021 pour la préparation et la réalisation de l’opération, plusieurs actions ont été entreprises, comme l’identification des prérequis règlementaires, fiscaux, comptables et procéduraux de l’emprunt.

De plus, des concertations élargies ont été effectuées avec les différentes parties prenantes, que ce soient les autorités de marché (Bank Al-Maghrib et l’AMMC), les infrastructures de marché (Bourse de Casablanca et Maroclear) et les principaux acteurs du marché, telles que les banques et les sociétés de gestion, dans l’objectif de mieux calibrer ce nouveau produit. «De même, un sondage réalisé auprès de la population ciblée, les marocains personnes physiques et les étrangers résidents au Maroc, a été conduit par un cabinet spécialisé afin de connaître les besoins et attentes de cette population cible, ainsi que ses préférences en matière de caractéristiques de l’emprunt», est-il confié au sein du ministère. Il en a découlé un projet de structuration qui devrait répondre au mieux aux attentes de la population cible. «Une agence de communication a même été mandatée, et les préparatifs de la campagne de promotion autour de ce produit ont déjà̀ été entamés», atteste notre responsable au sein du ministère. Aujourd’hui, tout semble être prêt pour lancer l’emprunt, il reste juste à choisir le moment opportun.

Maintien de la cotation en Bourse

Contrairement à ce qui se dit sur le marché, l’idée de la cotation en Bourse n’a aucunement été abandonnée. Elle est, au contraire, bel et bien maintenue. Deux raisons à cela : la première est de garantir une liquidité aux détenteurs des titres de l’emprunt en question. Il faut concrètement que les détenteurs qui veulent, pour une raison ou une autre, récupérer leur argent, avant la maturité  finale de l’emprunt, puissent vendre la totalité ou une partie de leurs titres au niveau de la Bourse de Casablanca. Inversement, les personnes qui voudront acheter des titres, après la période de souscription, pourront également le faire au niveau de ladite bourse. «La liquidité de ces titres sera assurée par un système de market-making qui sera animé par les banques intermédiaires en valeurs du Trésor», souligne-t-on au sein du ministère. Il est aussi question, dans un second temps, «d’assurer la transparence des opérations de vente et d’achat à la Bourse de Casablanca, car ces opérations auront lieu à des prix préalablement affichés au niveau de la cote, le jour de l’achat ou de la vente.

Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations ÉCO

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