Oriental

Tourisme : La destination se construit

Mer, montagnes, désert, oasis, sources thermiques… La position géographique de la région et la diversité de ses paysages lui confèrent un potentiel touristique important qui mérite d’être mieux exploité.


Le tourisme est l’un des secteurs érigés en priorité pour booster le développement de la région. Un choix judicieux puisque l’Oriental recèle d’importantes potentialités touristiques aussi variées que multiples. Eu égard à sa position géographique et à la diversité de ses paysages (mer, montagnes, désert, oasis, sources thermiques…), cette région allie, dans des espaces rapprochés, le tourisme balnéaire à ceux de montagne et du désert. En effet, trois provinces de la région (Berkane, Driouech et Nador) sont situées sur le littoral méditerranéen, deux provinces (Jerada et Taourirt) ainsi que la préfecture d’Oujda-Angad se situent dans un paysage de plaines et de reliefs, et la province de Figuig s’insère dans le site désertique du grand sud. Avec ces atouts, la région de l’Oriental a pour ambition de devenir une destination balnéaire de loisirs incontournable du pourtour méditerranéen. Les provinces du littoral et de l’arrière-pays montagneux, quant à elles, auront pour vocation de mettre en valeur leur patrimoine culturel et naturel, et de créer une offre d’animation adaptée. En complément, Figuig aura pour vocation de développer des activités de nature et sportives dans le désert, tout en préservant les espaces naturels (oasis, dunes, palmeraies), afin d’offrir aux touristes une expérience unique d’escapades dans le désert.

Restructuration
Le contrat-programme pour le développement du tourisme, qui lie le ministère de tutelle et le Conseil régional dans le cadre de la vision 2020, a insisté sur la restructuration de l’offre touristique dans l’Oriental. «Il incombe à la région de mettre en place des infrastructures de loisirs et de sport, développer des animations attrayantes, en plus d’une offre structurée d’excursions dans l’arrière-pays (découverte des montagnes, lagunes, oasis)», précise le document. En conséquence, le portefeuille de projets programmés pour la région d’ici 2020 intègre deux composantes majeures : les programmes animations, sports et loisirs ; et d’éco-développement durable. En termes quantitatifs, la région devra mettre sur le marché au moins 14.000 lits supplémentaires afin de pouvoir accueillir près de 0,77 millions de touristes en 2020 et ainsi multiplier par plus de 3 ses recettes touristiques annuelles. Il est à noter que, selon la monographie de la région, réalisée par le Haut-commissariat au Plan (HCP), l’Oriental compte 53 établissements classés dont 21 se trouvent à Oujda Angad. Le nombre de ces établissements ne représentent que 2,4% du total national. Quant à la capacité totale d’accueil de ces établissements, elle atteint près de 8.143 lits, soit 4,4% de la capacité touristique totale du royaume. Globalement, la demande touristique sur la région demeure faible. Elle est essentiellement interne et constitue 60% du total du tourisme régional. Les touristes étrangers visitant la région de l’Oriental ne constituent que 2% du total national, alors que ceux internes en constituent 5%.

Contraintes
La région de l’Oriental devra faire face à des contraintes potentielles sur son développement touristique, principalement liées aux risques de dégradation de l’environnement naturel et aux faibles capacités actuelles des infrastructures touristiques. Certes, l’accessibilité à la région est en nette amélioration et le réseau routier est bien développé et de qualité. Cependant, malgré la présence de deux aéroports dans le nord de la région, l’offre de desserte aérienne reste relativement faible depuis certains marchés sources phares d’Europe. D’autre part, l’aéroport de Bouarfa, qui peut donner accès au sud de la région, reste non exploité à des fins commerciales bien qu’il dispose d’infrastructures aptes à l’exploitation de vols commerciaux, même internationaux. L’écosystème de la région est quant à lui vulnérable, et tributaire de la gestion qui sera faite, dans les prochaines années, des principaux risques de dégradation liés au développement économique : pressions sur la disponibilité de l’eau, risque de désertification accrue, risque de pollution accrue des eaux et de l’air. Enfin, l’offre de formation en hôtellerie est sous dimensionnée et la région souffre d’un manque de ressources humaines qualifiées.   


Saïdia, repositionnement en vue

La station de Saïdia a été érigée en cheval de bataille pour se positionner sur le balnéaire, mais la station a connu plusieurs difficultés et peine à trouver sa vitesse de croisière. D’où l’idée de repositionner ladite station. Dans le cadre du contrat-programme entre le ministère et le conseil régional, «la station de Saïdia sera repositionnée afin d’en faire un véritable produit balnéaire de nouvelle génération, caractérisé par un aménagement urbain et hôtelier de qualité, répondant aux normes, exigences et standards internationaux, et doté d’une offre complète d’animation et de loisirs», indique le document. Les aménagements prévus dans le cadre du repositionnement de la station vont requérir un investissement de 4,1 MMDH, qui sera entièrement porté par le secteur privé, et un foncier d’une superficie de 147 ha pour la phase 1.


Youssef Zaki
Président du Centre régional du tourisme de l’Oriental

Comment se porte l’activité touristique dans la région de l’Oriental ?
Nous sommes en train de construire une destination.  Les statistiques sont globalement en croissance.

Après les difficultés du lancement, comment se porte la station de Saïdia aujourd’hui ?
Aujourd’hui grâce aux interventions des autorités locales et de la Société de développement de Saïdia (SDS). Tous les dysfonctionnements d’infrastructure ont été corrigés et tout un programme de développement de la station est en cours. Dès cet été 2017, la station trouvera bien sa vitesse de croisière avec notre stratégie de promotion et toutes les réalisations en cours par la SDS comme les nouvelles unités hôtelières, l’Aquaparc et un 2ème golf.

Quels sont les freins au développement touristique de la région ?
Il y a d’abord la capacité litière qui reste insuffisante pour signer des contrats durables avec des TO sur la station. La région souffre aussi de la saisonnalité marquée par la fermeture des hôtels d’octobre à mars. Quant à l’animation, elle reste à développer. Et puis l’on manque de ressources humaines qualifiées pour un tourisme de qualité. Enfin, l’offre All Inclusive des hôtels, qui ne laisse pas aux visiteurs et aux touristes le temps de découvrir la beauté de notre arrière pays, est à revoir.

Quelle est votre stratégie pour dynamiser le secteur du tourisme dans la région ?
Aujourd’hui, nous avons restructuré le Centre régional du tourisme avec une équipe motivée et engagée. Nous avons également fédéré l’ensemble des professionnels du tourisme des 8 provinces de l’Oriental. Côté opérationnel, nous disposons d’une feuille de route claire et réaliste, d’un plan d’action et de l’appui des autorités locales et du Conseil de la région de l’Oriental. Nous avons aussi l’appui de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) pour ce qui est de la promotion et de la Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT) pour le développement de l’arrière pays. Nous avons également une bonne collaboration avec la SDS et l’Agence Marchica Med. Enfin, nous sommes en train de réaliser de nouveaux outils publi-promotionnels (brochures, vidéo, carte touristique, site web, etc), et nous avons programmé des stands de promotions touristiques dans les principaux salons du tourisme à l’étranger (France, Belgique, en Espagne, Portugal et Allemagne).     l

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