Oriental

Comment la région vend ses atouts

Abdenbi Bioui, président du Conseil régional de l’Oriental

Vision du développement, potentiel économique et industriel, difficultés…Le point avec Abdenbi Bioui, président du Conseil régional de l’Oriental.


Cela fait plus d’une année que vous êtes à la tête du Conseil de la région de l’Oriental. Quelles sont les attentes de la population et comment comptez-vous y répondre ?
Depuis le début de son mandat en septembre 2015, le Conseil de la région de l’Oriental a priorisé certaines actions pour faire face à des attentes importantes de la part de la population et à un budget insuffisant pour les satisfaire. Pour ce faire, le conseil a entrepris un programme d’actions visant essentiellement le soutien à l’investissement et à l’emploi, l’encouragement de l’économie sociale et solidaire, le désenclavement du monde rural et le développement de la formation. Ces actions ont été programmées dans l’attente de la mise en place du Plan de développement régional (PDR) en cours de réalisation. Concrètement, pour le volet soutien à l’investissement et à l’emploi, une convention-cadre de partenariat a été conclue avec le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique pour la dynamisation de l’investissement et la création d’emplois dans la région de l’Oriental. Dans la même mesure, le Conseil a mis en place un dispositif d’aide régionale de 30 millions de dirhams pour accompagner les porteurs de projets de création ou d’extension de leur activité économique. Concernant l’encouragement de l’économie sociale et solidaire, elle s’est matérialisée par la signature d’une convention avec le ministère de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire ayant pour objectif l’organisation d’un Forum régional périodiquement sur l’économie sociale et solidaire afin de créer un espace de concertation au profit de plus de 200 coopératives de la région de l’Oriental. Le désenclavement rural demeure également une action primordiale. Un nombre important de conventions ont été contractées entre le Conseil et pratiquement toutes les collectivités territoriales de la région afin de réaliser des projets dans le domaine de l’électrification des douars, la construction des pistes et la généralisation de l’accès à l’eau potable et l’assainissement pour ne citer que les actions phares.

Où vous en êtes avec le Plan de développement régional (PDR) et avez-vous défini les priorités ?
Un avis d’appel d’offres a été lancé, le marché relatif au Programme de développement de la région de l’Oriental a été attribué au bureau d’étude Valyans. Compte tenu des spécificités de la région, cette étude devra faire ressortir le positionnement de la région en tant que territoire compétitif et attractif et sa déclinaison en axes stratégiques de développement. De ce fait, pour l’ensemble de ces axes, l’étude doit être en cohérence avec les différents programmes engagés ou prévus dans la région. Nous sommes actuellement en phase de diagnostic, le cabinet est amené à élaborer un bilan d’étape des réalisations et de l’évaluation des mesures d’assistance, objet des études lancées par le Conseil de la région en 2010 et 2011 respectivement et des autres études et analyses territoriales, locales et sectorielles antérieures ou en cours. Pour ce faire, des réunions auront lieu avec l’ensemble des parties prenantes de la région ayant pour objet de donner les grandes orientations stratégiques du conseil et des différentes activités menées par ce dernier jusqu’à ce jour. En effet, le cabinet a été mis en contact avec la wilaya, les conseils provinciaux de la région et l’ensemble des services extérieurs pour actualiser l’état des lieux. Les entretiens réalisés et la documentation communiquée serviront à amplifier le rendement de cette étude en attendant la constitution des commissions consultatives.

L’Oriental est doté de plusieurs atouts, notamment dans le tourisme et l’agriculture, qui demeurent sous-exploités. Comment comptez-vous dynamiser ces secteurs ?
Le Conseil de la région de l’Oriental compte capitaliser sur les réalisations palpables au niveau de la Station Saïdia et le projet Marchica pour donner une avancée au secteur touristique. À ce jour, une première convention relative au programme intégré pour le développement et la promotion du secteur touristique dans la région de l’Oriental a été signée avec l’Office national marocain du tourisme. Aussi, le Conseil de la région a participé activement dans le renouveau du Conseil régional de tourisme, véritable plateforme de promotion et de prospection du marché touristique. Le secteur agricole quant à lui se porte correctement. De concert avec le département de l’Agriculture, plusieurs actions ont été réalisées pour soutenir l’agriculteur local. Notre ambition est de développer davantage les activités d’agrobusiness. À ce titre, l’extension de l’agropole de Berkane est en cours de réflexion. Parler du secteur agricole devrait nous pousser à signaler l’action entreprise par le conseil pour favoriser les produits agricoles (y compris de terroir). En effet, le Conseil de la région a lancé un partenariat multipartite pour la création d’une plateforme de valorisation, de conditionnement et de commercialisation des produits agricoles locaux dont le coût est estimé à 195 MDH. Plus de 1.100 coopératives de l’Oriental spécialisées dans les produits locaux et du terroir (dattes, couscous, olives, huiles d’olives, plantes aromatiques et médicinales (PAM), huiles essentielles des PAM, produits dérivés des PAM, amandes, miel, truffes, kharroub…) bénéficieront de ce projet. Cette plateforme permettra en conséquence de générer 28.000 emplois supplémentaires sur 5 ans.

Pour attirer les investissements, quels sont les arguments que peut «vendre» la région ?
L’Oriental a le mérite d’être la première région à négocier un accompagnement spécifique et concret avec un engagement financier pour tous les projets proposés, notamment pour la création de 6 locomotives industrielles, 125 grandes moyennes et petites entreprises «GPME», 250 toutes petites entreprises, 3.500 auto-emplois, 20 entreprises offshore, un écosystème en agro-industrie avec un objectif de 8 projets. D’autres projets sont prévus comme la création de nouvelles zones d’activités économiques, des parcs industriels locatifs et une zone franche agro-industrielle dans l’agropole de Berkane sur la période 2016-2020. Par ailleurs, le Conseil de la région mobilise un fonds de 30 millions de dirhams destiné aux porteurs de projets de création ou d’extension de leur activité économique. Ce dispositif de financement est articulé autour d’une subvention d’investissement physique (acquisition du terrain, construction et achat du matériel) et d’une prime à l’emploi. Sont éligibles à cette subvention les projets dont le montant d’investissement est supérieur ou égal à 1 million de dirhams et avec au moins 20 emplois créés. Les secteurs concernés sont l’industrie (y compris l’agroalimentaire), la logistique, l’offshoring, les énergies renouvelables, les secteurs innovants et les services à forte valeur ajoutée. À côté des mesures incitatives, n’oublions pas que la région dispose d’un potentiel économique important dans le domaine du tourisme, de l’agriculture, des mines et énergies, de l’offshoring et de la logistique avec l’avènement du Port Nador West Med. Il faut aussi rappeler que la région de l’Oriental est la seule au Maroc qui dispose d’un fonds d’investissement en capital risque dit FIRO, qui permet d’accompagner les PME dans leur stratégie d’investissement. Enfin, la région dispose d’une assiette foncière aménagée pour accueillir des investissements de taille.

La contrebande a fait beaucoup de mal à la région, notamment en termes d’image. Qu’en est-il de la situation aujourd’hui et comment se fait la lutte contre ce fléau ?
Ce fléau concerne généralement toutes les zones frontalières et n’est pas propre à la région de l’Oriental. Plusieurs actions ont été menées pour intégrer cette population dans l’économie formelle notamment par la promotion de l’investissement, le développement de l’agriculture et des programmes de soutien aux zones frontalières. En effet, en plus des programmes visant l’électrification des douars, le désenclavement par la construction de pistes, la généralisation de l’accès à l’eau potable et l’assainissement, le Conseil de la région de l’Oriental a lancé de grandes opérations sociales ayant pour objet l’appui direct aux associations et coopératives pour la réalisation d’activités génératrices de revenus, l’acquisition de transport scolaire et ambulances pour lutter contre l’abandon scolaire, la fixation de la population et l’acquisition de citernes à eau afin d’approvisionner la population locale en eau potable. Il est à signaler par ailleurs que 18 stations d’essence ont été créées durant le deuxième semestre 2016 dans la zone frontalière pour témoigner que la contrebande des combustibles n’a pas impacté l’image de la région auprès des grandes marques. Ajoutant à cela qu’en 2016, on a assisté à l’ouverture de Decathlon et Acima pour étoffer l’offre en termes de distribution au niveau de la région faite déjà par d’autres marques, en l’occurrence Marjane et Carrefour. 

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