Maroc

Après les compliments, les accusations

Pour la 1re fois, le PJD adhère à la logique du blocage dans la formation du gouvernement en accusant ouvertement l’USFP, et à un degré moindre le RNI, de vouloir gagner par les négociations ce qu’ils ont perdu dans les élections. 


Le délai des tractations autour de la formation de la nouvelle alliance gouvernementale commence à peser lourdement sur le capital patience du parti chargé de mener les concertations, en l’occurrence le PJD. Le parti de la lampe a en effet multiplié les sorties médiatiques, essentiellement via son comité national et ses instances dirigeantes, pour exprimer cette fois sa déception du climat actuel des pourparlers. Le fait nouveau est que le parti de la lampe a accusé, cette fois, directement deux partis d’être trop intransigeant sur les conditions de leur entrée, et surtout «de vouloir gagner par les négociations ce qu’ils ont perdu dans les élections».

Après une longue période d’attente qui devrait aboutir à une atténuation des positions du leader du parti de la rose, la principale conclusion du PJD est que «l’USFP devra d’abord déclarer, tout comme le PPS et l’Istiqlal, sa participation au gouvernement. Il est inconcevable que le chef de gouvernement désigné présente une offre spéciale à l’USFP en dehors des autres partis», explique un député du parti et membre du secrétariat général du PJD qui ajoute «qu’on pourra par la suite débattre des programmes et des visions des partis qui devront cadrer le travail du prochain gouvernement». Pour sa part, le RNI a été accusé de vouloir imposer des conditions qui ne facilitent pas les pourparlers avec les autres partis. Sans parler directement du «malaise» qui a été engendré par l’alliance entre le RNI et l’UC, le parti de la lampe veut surtout rappeler sa position relative à la volonté de reconduire l’alliance du gouvernement sortant, «et qu’il a dû attendre le congrès extraordinaire du RNI pour réaffirmer cette position», comme le précise Mohamed Yatim, membre du secrétariat général du parti, qui précise aussi que «la position de l’Istiqlal a été claire dès le départ en acceptant sans conditions préalables son entrée au gouvernement».

Le débat «technique» prédomine, selon l’USFP
Sans vouloir adopter une position défensive, la réaction de l’USFP a consisté, jusqu’à présent, à inciter le chef de gouvernement désigné à présenter une première mouture du programme du prochain mandat. La dernière réaction du Comité administratif du parti de la rose insiste en effet sur le fait que la participation de l’USFP ne pourra se faire qu’après avoir dépassé le débat technique portant sur la répartition des portefeuilles ministériels. «Les concertations pour la formation du gouvernement doivent se tenir dans un contexte déterminé avec des engagements pris de part et d’autre sur des bases claires», selon un communiqué de la plus haute instance décisionnelle du parti.

Dans cette optique, la rentrée au gouvernement est conditionnée par l’engagement de tous les partis qui vont former le nouveau gouvernement à ce que les questions de la lutte contre le chômage, la réforme de l’éducation et de la santé doivent être discutées lors des négociations en vue «de parvenir à un gouvernement homogène et réformiste», selon les décideurs au sein du parti de la rose. Le 2e axe sur lequel l’USFP souhaite avoir des données précises concerne le dialogue social, avec une demande expresse de hisser l’amélioration du climat social en tant qu’urgence lors du prochain mandat. «Les mesures contenues dans notre programme ne sont pas fortuites, mais prennent en compte leur exécution par 5 pôles gouvernementaux», ajoute la même source. Sans évoquer l’ingénierie gouvernementale, la position de l’USFP reste surtout marquée par plusieurs appels à l’ensemble des partis qui ont ouvert le débat avec Benkirane à ce que «la défense de l’intégrité territoriale qui nécessite une vision claire et des compétences, avant les calculs et la répartition des portefeuilles ministériels», selon le schéma proposé par l’USFP en vue de débloquer la situation.


Aucune piste pour accélérer les concertations
Le ton agressif adopté par le PJD pour exprimer sa désapprobation, quant au comportement de l’USFP et à un degré moindre le RNI, n’a pas été accompagné d’une «offre» en vue d’accélérer les concertations durant cette fin de semaine, qui connaît une intense activité diplomatique à la COP22 et qui oblige les acteurs concernés à se mobiliser pour la réussite de cet évènement planétaire. La plupart des observateurs s’accordent à dire que la dernière semaine du mois de novembre sera cruciale pour départager les acteurs politiques qui hésitent toujours à se faire une idée claire sur les lignes rouges à observer dans leur alliance avec le PJD. Toujours est-il que l’attitude du PJD pourrait avoir comme effet d’amener l’USFP et le RNI à tenir une réunion tripartite avec le chef de gouvernement désigné comme préalable à la formation de la nouvelle alliance.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page