Maroc

Alfa Air cesse son activité au Maroc et charge la DAC

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Le président Chabib Lahrichi et quelques membres du personnel de la compagnie Alfa Air./DR

La compagnie aérienne, assurant des vols VIP et d’évacuation sanitaire, Alfa Air, vient d’annoncer la cession de son activité au Maroc. La faute à la Direction de l’aéronautique civile (DAC), si l’on en croit une lettre adressée, par la compagnie, au ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique, Aziz Rabbah.

«Monsieur le ministre, j’ai le regret de vous informer qu’Alfa Air, contrainte et obligée, arrête son activité de transport aérien. Telle est la volonté de la Direction de l’aéronautique civile». C’est en ces termes que débute la lettre signée Chakib Lahrichi, président d’Alfa Air, et datée du 25 janvier dernier.


Dans un communiqué, diffusé ce mercredi, la compagnie fait en effet état de «difficultés administratives» qui l’empêchent d’exploiter normalement ses avions (5). Alfa Air fait même mention «de pressions administratives, financières et psychologiques», de la part de la DAC, un département du ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique. Celle-ci a «savamment» orchestré sa «mort», reproche Alfa Air.

Certificat de navigabilité retiré

Et pour cause, explique la compagnie, dans sa lettre au ministre de tutelle, la DAC lui a retiré son «certificat de navigabilité», après une visite de maintenance qui lui a coûté 800.000 DH. Et ceci, après avoir soldé à 99% les écarts qui ont été notifiés à la DAC, après une visite d’inspection.

Alfa Air soutient aussi que la DAC lui a refusé le renouvellement de son certificat technique d’exploitation.

La compagnie reproche également à la DAC de la pousser toujours vers des solutions plus onéreuses. En guise d’exemple, Alfa Air affirme, dans sa lettre, que la DAC l’a obligée à envoyer un avion en maintenance en Suisse et un technicien pour une formation, alors que cette visite aurait pu se faire dans ses ateliers et aurait permis à Alfa Air d’économiser 500.000 DH. De même que la formation du technicien aurait pu être assurée par le directeur technique de la compagnie, qui épargnerait ainsi 100.000 DH. Pire, Alfa Air affirme que le retard dans l’approbation des dossiers de formation pratique lui a fait perdre 1,5 MDH.

Un président interdit de voler

En outre, le président d’Alfa Air est privé de licence, depuis juin dernier, «sans raisons exactes» et ne peut voler avec son Falcon 10.

Dans sa lettre au ministre, la compagnie soutient qu’après toutes ces pressions qui minent son activité, elle va devoir, désormais, faire face à des problèmes sociaux. «Le fait de nous arrêter subitement, sans préavis, sans concertation, au moment où nous avons satisfait toutes les demandes de la DAC, et nos avions conformes à la réglementation ou sont en voie de l’être, nous porte un préjudice financier et commercial», affirme Alfa Air.

Une affaire devant la justice

La compagnie a ainsi décidé de mettre au chômage son personnel et de porter l’affaire devant la justice.

Pour rappel, Alfa Air a investi plus de 80 MDH pour démarrer son activité. La compagnie souligne que les décisions, prises par la DAC, interviennent à un moment où la trésorerie de l’entreprise est saine (zéro crédit) et la demande sur le marché est réelle.

Ainsi, précise Alfa Air : «Malgré cette situation favorable économiquement, nous sommes contraints de disparaître parce qu’une administration l’a décidé».

La DAC ne manquera pas de réagir.

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