Culture

Ghita Triki : “Résonance chromatique s’inscrit dans les programmes de visibilisation des cultures du Maroc et d’Afrique”

La responsable du pôle Art & Culture de la Fondation Attijariwafa bank a bien voulu répondre aux questions des Inspirations ÉCO.

Dans quel cadre s’inscrit cette exposition ?
L’exposition «Résonance chromatique» s’inscrit dans le cadre des programmes de visibilisation des cultures artistiques contemporaines du Maroc et d’Afrique, ce qui fait partie déjà de l’ADN et de la mission de la Fondation. Elle fait aussi partie d’une synergie entre les différents pôles et périmètres d’action.

La Fondation Attijariwafa bank a également pour mission de favoriser la culture de l’entrepreneuriat auprès des jeunes et de soutenir l’éducation.

C’est ainsi que s’est structurée une synergie autour des pôle éducation et entrepreneuriat, dialogue et patrimoine, ainsi que du pôle agriculture. C’est suite à un débat sur les cultures gnawas qu’est venue l’idée d’appeler cette exposition «Résonance chromatique».

Pouvez-vous nous dire un mot des poèmes suspendus ?
Il s’agit de poèmes qui nous ont été remis par le grand maâllem Hamid Al Qasri, que nous avions eu l’honneur de recevoir lors du débat, pour parler de sa musique. Il nous a remis quatre qasidas gnawas. Ce sont des qasidas qui ressemblent un peu au malhoun, j’ai envie de dire, et qui précèdent la nuit gnawa, la lila proprement dite.

Ce sont évidemment des invocations de la protection de Saïdina Mohammed (sallallahu alaihi wa sallam) et puis des invocations divines. Ce ne sont pas forcément des qasidas liées à la transe. On a plutôt choisi des exemples assez intelligibles pour le grand public. Mais le plus important, c’est que nous avons opté pour une intégration plastique dans l’exposition, donc le textuel à côté du visuel.

Et elles sont imprimées sur des bannières portant les couleurs primaires qui sont les couleurs des Gnawas. Il y a des contrastes chromatiques, visuels, formels avec les photographies en noir et blanc de Lamia Naji, celles en couleurs de Derrick Ofosu Boateng ainsi que les peintures de Mohamed Tabal.

Il y a une installation un peu spéciale, avec des disques…
Cette installation sonore est de la main de l’artiste togolais qui s’appelle Elom 20ce. Prêt de la Fondation Montresso, ce travail est protéiforme, mais nous avons choisi uniquement l’aspect sonore, des disques, justement.

Cet artiste multidisciplinaire a effectué une résidence au Jardin rouge Fondation Montresso à Marrakech. Il s’intéresse à la culture d’une mystique particulière d’une partie de son pays. En s’appuyant sur les enseignements des mystères en «Ewé», l’artiste nous rappelle que pour avancer, il est essentiel de se tourner vers ce qui fonde notre être. Il a trouvé un écho et des résonances avec la musique gnawa, et bien sûr le jazz. Il a donc produit cette réalisation, laquelle comporte huit pistes sonores. Il en prévoyait 16 puisque cette culture comprend 16 stations cosmiques. Mais il a divisé en deux pour des raisons de faisabilité.

Et ces huit pistes sont un mixage absolument fabuleux entre du jazz, comme la contrebasse ou un saxophone, et des sonorités beaucoup plus brutes, beaucoup plus naturelles, faites à partir du son, justement, des cauris. Ces fameux coquillages qu’on retrouve sur les tarbouches des gnawaset sous forme de bracelets. Ils ont aussi une portée protectrice et prophylactique.

Murtada Calamy / Les Inspirations ÉCO



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