Éco-Business

Zone industrielle 4.0 : 1/4 des entreprises au niveau national ne connaissent pas !

Selon les résultats de l’enquête menée par Fez smart factory, 25% des entreprises n’ont jamais entendu parler de l’industrie 4.0, 49% en connaissent des notions, alors que seulement 20% disent en maîtriser les concepts. Outre la CGEM et les cinq fédérations sectorielles (FINAGRI, FENIP, FMIIP, FIMME et la FCP), 58 entreprises ont participé à cette enquête. 

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de la zone industrielle 4.0 dans la Région de Fès-Meknès, prévue pour fin 2022, Fez smart factory (FSF) a organisé, le 10 mai, en partenariat avec l’ONUDI, une rencontre consacrée à la promotion de ce projet auprès des industriels, ainsi qu’à la présentation des résultats de l’enquête menée auprès des industriels pour identifier leurs besoins en matière d’amélioration des performances de leurs unités industrielles par le biais de l’Industrie 4.0.

L’enquête avait pour objectif d’évaluer leur degré de connaissance et de maturité concernant l’industrie 4.0, de prendre connaissance des ambitions des opérateurs économiques en matière d’amélioration de fonctionnement et de performances industrielles, environnementales et sociales, et de leur proposer un accompagnement dans la transformation de leurs structures en usine 4.0.

Outre la CGEM et les cinq fédérations sectorielles (FINAGRI, FENIP, FMIIP, FIMME et la FCP), 58 entreprises ont participé à l’enquête. Par rapport à la taille des entreprises participantes, 35% sont de grandes entreprises, 35% des PME, 23% des TPE et 7% des micro-entreprises.

Par ailleurs, 36% des entreprises participant à l’enquête sont basées dans la Région de Casablanca, 29% à Fès-Meknès, 21% à Souss-Massa et Dakhla Layoune et enfin 9% à Rabat. Parmi les entreprises sondées, 51% des industriels considèrent la R&D comme étant un processus clef (important), alors que 36% l’estiment d’une importance moyenne.

Concernant les besoins des industriels en matière d’amélioration des performances, le principal besoin des entreprises sondées est l’amélioration de la productivité. L’enquête relève que 95% des structures concernées considèrent l’amélioration de la productivité comme étant le premier besoin. Elle est suivie par la réduction des coûts avec 91%, puis l’amélioration de la qualité des produits avec 87%. Par rapport au degré d’informatisation et de maturité des entreprises sondées, seulement 22% des entreprises ont un degré d’informatisation élevé, 62% modéré et 16% faible. Ce résultat montre qu’il y a toujours du pain sur la planche concernant la sensibilisation à l’industrie 4.0. Concernant le degré de maturité en la matière, l’enquête relève que 25% des entreprises n’ont jamais entendu parler de l’industrie 4.0, 49% en ont quelques notions, alors que seulement 20% disent en maîtriser les concepts. Conclusion, plus de trois quarts des entreprises marocaines ont besoin de sensibilisation et de formation sur ce sujet.

Cette enquête est engagée dans le but de renfocer le projet Fez smart factory (FSF) dans le  développement de l’industrie 4.0 au Maroc». Le projet FSF d’innovation durable orientée Industrie 4.0 est développé par l’UEMF en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du commerce, le Conseil régional de Fès-Meknès, l’Agence de développement du digital (ADD), la branche Fès-Meknès de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la société Alten Delivery Center Maroc.

Le projet FSF bénéficie du soutien du Fonds des zones industrielles durables (FONZID) mis en place dans le cadre du programme de coopération Compact II, conclu entre le Maroc et le gouvernement des États-Unis, représenté par Millennium Challenge Corporation (MCC).

Le projet est doté d’un investissement de 104 millions de DH, dont une contribution de l’Agence MCA-Morocco via le FONZID à hauteur de 50% du coût global. Le projet FSF vise deux objectifs complémentaires, à savoir accompagner les industriels à améliorer leur compétitivité et aider les porteurs de projets et les startups à développer des unités innovantes de produits à haute valeur ajoutée et compétitifs, le tout en mettant en œuvre les concepts de l’industrie 4.0.

S’étendant sur une superficie de 11 ha (propriété de l’UEMF), le projet FSF comptera un bâtiment de 8.000 m2 qui abritera des services destinés aux entreprises innovantes, à savoir un incubateur 4.0, un accélérateur de startups 4.0, des services d’ingénieries et des laboratoires de recherche & développement (R&D).

Ce bâtiment, dont le démarrage de l’exploitation est prévu fin janvier 2023, abritera également un espace dédié aux services sociaux (restaurant, crèche, services médicaux, transport du personnel, guichet unique, etc.) et un Business center 4.0.

Ce bâtiment devrait accueillir, à terme, près de 40 porteurs de projets, 30 startups, 10 sociétés d’ingénierie, 5 entités de R&D et R&T et une dizaine d’investisseurs. Outre la mise en place d’une structure de gestion (Centre de valorisation, de transfert et d’innovation technologique 4.0 – CVTIT) et de l’association de l’écosystème FSF, le projet prévoit aussi la construction du premier procédé modèle 4.0 au Maroc et l’aménagement d’espaces pour la mise en place de 93 unités industrielles de démonstration intelligentes.

À terme, le projet FSF devrait générer plus de 5 milliards de DH d’investissements et plus de 5.000 emplois directs hautement qualifiés, s’appuyant à cet effet sur les compétences de l’UEMF, ses plateformes à la fine pointe de la technologie (la plus grande plateforme d’impression 3D du pays et la première École d’ingénierie digitale et d’Intelligence artificielle en Afrique) et ses laboratoires spécialisés dans les différents secteurs industriels et énergétiques.

Doté d’une enveloppe budgétaire de l’ordre de 30 millions de dollars, le FONZID vise à renforcer le modèle de zones industrielles durables et à contribuer à l’amélioration de la productivité et des performances environnementales et sociales des zones industrielles.

Il ambitionne également d’étoffer l’offre de terrains industriels répondant aux besoins des investisseurs en termes d’emplacement, de qualité des infrastructures, de services d’accompagnement et de prix compétitifs, contribuant ainsi à l’accroissement des investissements privés et à la création d’emplois.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO

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