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Tomates : le Maroc préserve son leadership en Europe

Selon le rapport annuel de la Commission européenne sur les perspectives à court terme des marchés agricoles au sein de l’UE, notamment le volet dédié aux cultures spécialisées (tomates notamment), le marché communautaire devrait en importer 730.000 tonnes en 2022, soit une hausse annuelle de 9%. Le Maroc, en tant que pays tiers hors Europe, devrait contribuer à hauteur de 67% de ce volume.

La Commission européenne a publié son rapport 2022 sur les perspectives à court terme des marchés agricoles de la Communauté européenne.

Ce rapport, dont les perspectives portent jusqu’à l’été 2022, est particulièrement dédié aux cultures spécialisées (tomates notamment).

Il stipule que le marché communautaire devrait importer environ 730.000 tonnes de tomates fraîches en 2022 contre 664.000 en 2021 (+9%) alors que l’évolution moyenne au cours des cinq dernières années était de 23%.

S’il y a un autre fait méritant d’être relevé dans l’analyse de ces perspectives à court terme, c’est que les exportations de tomates fraîches de l’UE devraient encore s’inscrire dans un trend baissier au cours de l’année 2022.

Dans ce sens, le rapport révèle que le Maroc, en tant que pays tiers demeure le premier fournisseur, hors continent européen, du marché communautaire en tomates de différentes variétés.

Ainsi, au titre de l’année 2021, 67% des importations de tomates fraîches de l’UE provenaient du Royaume.

La concurrence du Maroc sur le marché britannique
Pour les exportations en provenance de Turquie, elles représentent 25% du total des importations européennes en 2022 contre 17% en 2021 (+25%).

À noter, par ailleurs, que les exportations de tomates fraîches de l’UE continuent de baisser, et ce depuis une dizaine d’années.

Ainsi, ils devraient chuter à 330.000 tonnes en 2022, en diminution de 12% par rapport à 2021, en raison des répercussions du Brexit et de la perte progressive du marché britannique (75% des exportations de frais de l’UE en 2021), et également du fait de la concurrence marocaine sur ce marché, selon ledit rapport.

Ce dernier ajoute qu’entre janvier et mars 2022, les exportations vers le Royaume-Uni ont chuté de 28% par rapport à la même période de l’an dernier.

En raison de la forte production de l’UE l’année dernière, les importations de tomates transformées sont plus faibles en 2022, (-28% sur un an), avec un tonnage proche de la moyenne pré-pandémique tandis que les exportations devraient augmenter de 3%.

Le repli des importations s’expliquerait aussi par une baisse de la production (et donc des exportations) en Ukraine, laquelle devrait chuter de 75% à cause du conflit actuel.

Une inversion de tendance est attendue en 2023 avec la baisse de la production de l’UE et l’augmentation croissante de la production en provenance des pays hors UE.

S’agissant de la production de tomates communautaires cette année, elle devrait reculer de 9% pour atteindre 16,5 millions de tonnes, (soit -3% par rapport à la moyenne des cinq dernières années).

Consommation annuelle : diminution de 2% en 2022
Les principaux facteurs en cause sont la baisse de production dans les serres en raison du coût élevé de l’énergie, ainsi qu’un changement dans les variétés plantées, qui s’orientent vers les tomates de segmentation, notamment la cerise.

Quant à la consommation annuelle de tomates fraîches dans l’UE, elle diminuera de 2% par rapport à 2021.

La consommation par habitant devrait s’établir à 14,6 kilos par personne et par an.

En ce qui concerne la production annuelle de tomates destinées à la transformation, soit environ 60% de la production totale, elle devrait pour sa part chuter de 14% pour se situer à 10,1 millions de tonnes (-3 % par rapport à la moyenne quinquennale, compte tenu des conditions sèches affectant l’Espagne et le nord de l’Italie).

Par ailleurs, une baisse de la demande est attendue, en particulier pour les produits de détail et la concurrence de cultures plus rentables, notamment le maïs et le tournesol.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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