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Sebta surtaxe la contrebande

Le gouvernement de Sebta veut taxer davantage les produits importés à Sebta, puis destinés au marché marocain. Cette mesure vise à renflouer les caisses de l’enclave et à éviter une hausse de la TVA locale.

Le gouvernement de Sebta a trouvé le bon filon pour renflouer ses caisses : Surtaxer les produits destinés au marché marocain et transitant par l’enclave. Ainsi, le gouvernement sebti présidé par le PP compte appliquer une imposition de 0,6% de la valeur déclarée de la marchandise destinée au client marocain. En février dernier, et grâce à sa confortable majorité au sein du Parlement local, le gouvernement sebti a pu ratifier sa propre proposition en introduisant cette révision à la hausse de la taxe des importations dirigées vers le marché marocain.


Toutefois, le texte a été largement modifié en comparaison avec l’actuel.  De fait, le document initial, voté en février dernier, sommait l’importateur sebti de s’acquitter de 0,15 euros pour chaque kilogramme de vêtements importés, en général des friperies. Craignant d’étouffer la poule aux œufs d’or, à savoir la contrebande, l’Exécutif sebti a revu sa copie de fond en comble. Si le texte initial s’adressait uniquement à l’importation de textiles et chaussures de seconde main, à présent cette taxation touche l’ensemble des produits destinés à traverser la frontière en direction du royaume. Parallèlement à cela, le gouvernement a promis de ne pas toucher les taxes qui peuvent avoir des répercussions sur le consommateur sebti.

D’ailleurs, le gouvernement a rassuré ses résidents en expliquant que ces produits sont tous des articles d’importation chinoise et par conséquent de piètre qualité et ne concernent que le consommateur maroain. Le gouvernement sebti se frotte déjà les mains en cachette. Les recettes que devraient générer cette imposition tournent autour de 3 millions d’euros durant chaque exercice fiscal. Cependant, le motif invoqué par les autorités de la ville est autre que celui de la collecte des impôts.

Selon le gouvernement de l’enclave, ces revenus seront destinés à financer les services publics fournis au commerce dit atypique. Or, hormis quelques réformes au niveau de la frontière, lesquelles en général sont effectuées par le gouvernement central et dont le budget émane du ministère de l’Intérieur, les autorités locales n’entreprennent aucune amélioration concernant de près ce juteux commerce. Bien au contraire, plusieurs ONG ont dénoncé les conditions dans lesquelles opèrent les chevilles ouvrières de ce commerce, à savoir les «mules humaines». L’Association pro-droits humains Andalousie APDHA avait même menacé de saisir les instances onusiennes pour dénoncer le traitement infligé à ces piliers du commerce transfrontalier. L’ONG dénonçait, entre plusieurs manquements, l’absence de sanitaires et de points d’eau pour les transporteurs, en majorité des femmes. Reste aussi à savoir comment les importateurs vont amortir cette hausse.  

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