Éco-Business

RSE : les entreprises ne pourront plus se cacher longtemps

Face aux enjeux liés, notamment, au climat et à la protection de l’environnement, certains sujets se sont imposés au sein des instances de décision des entreprises. O Finance note une montée en puissance de la RSE. Ceux qui hésitent à investir dans ces chantiers ne pourront pas se cacher longtemps puisque la pression montera au fil des années. Elle émanera des pouvoirs publics, des régulateurs mais aussi de l’ensemble des parties prenantes. 

Depuis la crise du Coronavirus, les administrateurs des sociétés faisant appel public à l’épargne se réunissent plus souvent et débattent de sujets bien plus variés. Pratiquement la moitié des émetteurs ont tenu une à cinq réunions en 2021 contre 33% en 2020, relève O Finance dans son Panorama sur les pratiques de gouvernance. Face aux enjeux liés au climat, à la protection de l’environnement, à la diversité et aux conditions de travail, certains sujets se sont imposés au sein des organes de décision de ces entreprises. Le cabinet de conseil note une montée en puissance de la RSE dans les instances de gouvernance.

«La mise en place des comités RSE apparaît comme un levier favorisant l’intégration de cette thématique au niveau de la stratégie des entreprises. Elle devra s’accompagner d’une réflexion sur les modalités d’interaction avec d’autres comités sur des thèmes communs et transversaux ». Jusqu’ici, 25% des émetteurs ont mis en place un comité RSE, et le sujet se retrouve au cœur des débats des administrateurs dans 80% des sociétés faisant appel public à l’épargne. En Bourse, dix entreprises représentées dans l’indice ESG se distinguent.

Elles sont évaluées sur la base de 38 critères et plus de 330 indicateurs de responsabilité environnementale et de gouvernance sociale et sociétale. L’évaluation tient compte de la pertinence des engagements de ces entreprises, de l’efficacité de leurs systèmes managériaux ainsi que de leur capacité à maîtriser les risques et à améliorer leurs performances.

«Plus la RSE est cosmétique, plus le rapport ESG sera de moindre qualité»
Depuis deux ans, les sociétés faisant appel public à l’épargne sont tenues de publier un rapport ESG. Malgré les améliorations, les gisements de progrès sont immenses. Clairement, certaines entreprises sont plus engagées que d’autres. Certes, il existe des contraintes liées, notamment, à la collecte de la data en interne et auprès des partenaires. Cependant, nombre d’émetteurs sont parvenus à surmonter ces obstacles.

«Beaucoup n’étaient pas préparés pour cet exercice mais plusieurs parmi eux se sont structurés après», relève Omar Amine, associé fondateur de O Finance.

En revanche, face à la réticence de certains dirigeants, il faudra beaucoup de pédagogie. Certains envisageraient même de retirer leur entreprise de la Bourse pour ne pas avoir à se conformer aux nouvelles exigences. Cette attitude est surtout observée dans les structures où l’actionnariat est concentré entre les mains d’une seule personne, souvent le fondateur. «Plus le capital d’une entreprise est éclaté, plus elle va améliorer sa communication financière et extra-financière, sa relation avec les actionnaires… », note Omar Amine. Plusieurs entreprises, même de grande taille, se contentent du strict minimum sur les enjeux sociétaux et environnementaux.

«Plus la RSE est cosmétique, plus le rapport ESG sera de moindre qualité. Nous considérons que la gouvernance constitue un point de départ. S’il y a une prise de conscience stratégique au niveau du conseil, elle va découler sur un bon rapport extra-financier.

Il est nécessaire de responsabiliser les entreprises. Pour cela, elles doivent rendre compte, et cela passe notamment par la certification du rapport extra-financier», estime le dirigeant. De toute façon, ceux qui hésitent à investir dans ces chantiers ne pourront pas se cacher longtemps puisque la pression va monter au fil des années. Elle émanera non seulement des autorités publiques et des régulateurs mais aussi de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. Ces dernières les poussent, en effet, à plus de transparence sur leurs pratiques ESG, et elles doivent y répondre.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO

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