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Réglementation financière : en attendant la Banque centrale africaine

Dans son Agenda 2063, l’Union africaine (UA) prévoit la création de trois grandes institutions financières continentales. Elles seront chargées de financer les investissements, le développement, mais aussi de réguler le secteur financier, à l’image de la Banque centrale africaine (BCA). Zoom sur ces institutions financières qui se font toujours attendre.

Banque centrale africaine (BCA) à l’horizon 2034
La Banque centrale africaine (BCA), à l’image de la BCE de l’UA, devrait être l’institution bancaire suprême du continent. Sa création est annoncée à l’horizon 2034, au plus tard. Pour l’heure, peu de progrès ont été réalisés pour sa concrétisation. Son siège devrait se situer à Abuja, au Nigéria, première puissance démographique et, désormais, économique du continent (en termes de PIB).


La BCA aura un rôle déterminant à jouer dans l’organisation et la réglementation financière en Afrique. Elle devra, entre autres prérogatives, «élaborer une politique monétaire commune et une monnaie unique africaine en vue d’accélérer l’intégration économique», fait-on savoir du côté de l’Union Africaine. Plus concrètement, cette institution devrait s’employer à créer et gérer la monnaie unique du continent, mais aussi à promouvoir la coopération monétaire internationale au moyen d’une institution permanente.

De même, elle sera appelée à promouvoir la stabilité des taux de change et à agir en vue d’éviter leur dépréciation concurrentielle. Enfin, la BCA contribuera à la mise en place d’un système multilatéral de règlement des transactions courantes entre les membres et à la suppression des restrictions de change qui entravent la croissance du commerce mondial.

Le Fonds monétaire africain (FMA) Financer les États
Le Fonds monétaire africain (FMA) figure, également, parmi les institutions prévues par l’UA. En 2014, la Conférence des Chefs d’État de l’UA a adopté le protocole et les statuts du FMA. Ce Fonds, note l’UA, «a pour but de faciliter l’intégration des économies africaines par l’élimination des restrictions commerciales et de fournir une plus grande intégration monétaire, tel que prévu par les articles 6 et 44 du Traité d’Abuja».

Le Fonds, poursuit la même source, devrait servir de regroupement pour le financement des réserves des banques centrales et des monnaies nationales des États membres de l’UA. Il donnera la priorité aux objectifs macro-économiques régionaux dans ses politiques d’octroi de prêt. Les objectifs spécifiques du FMA consistent, entre autres, à fournir une assistance financière aux États membres de l’UA, à agir en tant que chambre de compensation, à assurer une surveillance macro-économique sur le continent, à coordonner les politiques monétaires des États membres et enfin à promouvoir la coopération entre leurs autorités monétaires.

Enfin, le FMA, qui est appelé à encourager les mouvements de capitaux entre les États membres, constitue, à n’en pas douter, un outil puissant de régulation du système monétaire africain. Mais pour l’heure, sa création ne semble guère d’actualité.

Banque africaine d’investissement booster le développement
La Banque africaine d’investissement (BAI) est appelée à être le bras armé de l’Union Africaine pour financer le développement du continent. À l’instar du FMA, son protocole et ses statuts ont bel et bien été adoptés, depuis 2009. Selon l’UA, la BAI aura pour but de «favoriser la croissance et d’accélérer l’intégration économique en Afrique». Ainsi, ses objectifs consistent à promouvoir les activités d’investissement public et privé visant à faire avancer l’intégration régionale des États membres de l’UA.

Elle sera, également, chargée d’utiliser les ressources disponibles pour la mise en œuvre de projets d’investissement contribuant à renforcer le secteur privé et la modernisation des activités et des infrastructures du secteur rural. En tant qu’acteur de financement, la BAI aura aussi comme objectif de «mobiliser les ressources des marchés de capitaux en Afrique, et ailleurs, pour le financement de projets d’investissement dans les pays du continent».

Enfin, elle sera appelée, en cas de besoin, à fournir une assistance technique aux pays africains, pour l’étude, la préparation, le financement et l’exécution de projets d’investissement.

Abdellah Benahmed / Les Inspirations ÉCO


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