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Reda El Fakir : “Nous avons accompagné cinq millions d’élèves ”

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Reda El Fakir.Gérant de Kezakoo

Fondé en 2013, la start-up Kezakoo se montre plus que jamais engagée en faveur de l’éducation marocaine. Retour sur les débuts de l’aventure, les réalisations et les ambitions de cette start-up.


Comment est née l’idée de ce projet ?
Youssef, le fondateur de Kezakoo, commence à créer des vidéos de contenu sur les mathématiques, depuis son domicile, suite à une fracture du pied, inspiré par les vidéos de la Khan Academy. Dans ces premières vidéos pédagogiques, il décortique et résout lui-même des problèmes de maths en simplifiant les concepts pour des étudiants en écoles prépa. Il partage ces vidéos sur les réseaux sociaux et crée le buzz. Par la suite, il démissionne de son emploi et lance, en octobre 2013, Kezakoo, qui émane du terme «Quèsaco» signifiant «Qu’est-ce que c’est ?»

À qui doit-on la naissance de Kezakoo ?
À deux ingénieurs et entrepreneurs, en l’occurence Youssef Ghalem et Ahmed Lahlou. Le premier est diplômé de l’ENSIAS et a travaillé dans le secteur bancaire, mais a vite compris que ce n’était pas un emploi pour lui. Le deuxième est diplômé d’Al Akhawayn et a dirigé, pendant cinq ans, sa propre entreprise de marketing digital, avant de lancer, en 2016, une marque de gaming retail qui avait très bien marché. Il rejoint Youssef à plein temps dans sa mission éducative, en tant que directeur marketing et technologies de Kezakoo. Ensuite, Kezakoo est gérée par moi-même, Reda El Fakir, lauréat de l’ISCAE et du Student leaders program de l’Université américaine Georgetown University, un programme financé par l’ambassade des États-Unis au Maroc. J’ai rejoint Kezakoo après une expérience professionnelle au sein d’un cabinet international d’audit et de conseil et une expérience au sein d’un think tank.

Comment s’est déroulé le lancement du projet ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Le projet a connu plusieurs pivots depuis son démarrage. Au départ, c’était une plateforme qui se voyait collaborative, comme un YouTube dédié à l’éducation. Ce modèle n’ayant pas pris, Kezakoo a commencé à créer son propre contenu en collaboration avec des professeurs de renom, financé par un modèle de sponsoring. Après avoir touché cinq millions de personnes avec ses contenus, la plateforme se tourne aujourd’hui vers un modèle «freemium», gratuit mais proposant parallèlement des services payants, tels le chat avec un professeur, et un nombre plus important d’exercices en plus de l’accompagnement personnalisé des élèves.

Quelle était la source de financement du projet ?
Notre principale source de financement, avant la récente levée de fonds, était le sponsoring auprès des entreprises marocaines soucieuses de s’associer à Kezakoo dans cette noble mission. Kezakoo a bénéficié de plusieurs accompagnements depuis son démarrage, notamment celui d’Orange, qui a été sponsor et partenaire pendant trois ans, et qui a mis à disposition son expertise dans plusieurs domaines pour nous accompagner. Nous avons également bénéficié de l’accompagnement de Southbridge dans le cadre du programme WITA qui vise à structurer les entreprises avec une vision, un business model et un plan de croissance solide. Nous avons également fait partie du programme The Bridge de l’organisme CEED, Bizpark de Microsoft et AWS Activate (Amazon).

Quel bilan peut-on dresser pour ce projet depuis son lancement ?
La principale réalisation pour nous, c’est la confiance établie auprès des élèves, des parents et des professeurs. En chiffres, nous sommes passés de 30.000 bénéficiaires de la plateforme en 2016 à 1,2 millions en 2018 et 2,3 millions en 2020. En gros, depuis la création en 2013, nous avons pu accompagner cinq millions d’élèves dans leur scolarité. C’est notre principal exploit! La confiance accordée à notre plateforme et la conformité de notre contenu nous a donné plus de légitimité auprès des institutions publiques et privées. Lors du confinement dû à la pandémie, une partie de notre contenu produit en partenariat avec la fondation JOUD pour le développement était diffusée sur la SNRT «Al Amazighiya», et a profité à un nombre important d’élèves marocains. Côté institutions privées, nous avons été accompagnés dans cette aventure par inwi en 2016, Orange de 2017 à 2019 et aujourd’hui, nous sommes très fiers que Witamax One ait rejoint l’aventure Kezakoo.

Comment jugez-vous l’écosystème des start-up au Maroc ?
Au cours des dernières années, cet écosystème a connu des avancées sur différents volets : multiplication des programmes d’accompagnement et d’accélération des start-up, accès au financement bancaire, financement direct à travers les fonds d’investissement publics et privés, crowdfunding, confiance accrue accordée aux start-up pour les nouveaux marchés nécessitant de l’agilité et de l’innovation. Le principal challenge est celui d’assurer la pérennité de l’esprit de partenariat avec des réformes structurelles et de déployer tous les moyens pour que ce dynamisme ne soit pas juste un «effet de mode». L’entrepreneuriat, la créativité et l’analyse critique devraient être enseignés et pratiqués sur les bancs de nos écoles et universités pour former des profils qui ont une mentalité de l’entrepreneur, qui ne va pas nécessairement créer une start-up. S’agissant du financement, nous avons besoin du renforcement du private equity et du venture capital. La vulgarisation des vertus de ces concepts auprès des opérateurs nationaux permettrait d’accélérer la croissance des entreprises marocaines présentant les critères d’innovation et de potentiel de croissance.

Qu’en est-il de l’avenir ?
Notre ambition est d’accompagner 100% des élèves dans leur scolarité, du primaire jusqu’au lycée, et d’accompagner aussi l’élève maghrébin et africain dans un second temps. De plus, nous ambitionnons de lancer à moyen terme des formations post-BAC digitalisées, certifiantes et professionnalisantes dans les métiers d’avenir. 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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