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Oriental : le dessalement de l’eau de mer à la rescousse

D’une capacité de 100 Mm3, extensible à 200 Mm3, le projet de la station de dessalement de l’eau de mer de l’Oriental est au stade d’étude de faisabilité. Il vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable, industrielle et touristique de la région, notamment la zone de Nador-Driouech et d’atténuer  le déficit en eau d’irrigation dans la Basse Moulouya. 

Au moment où la pré-qualification des candidats pour le projet de dessalement de l’eau de mer de la région de Casablanca-Settat est prévu en juin 2022, dans le cadre de la procédure du Dialogue Compétitif, la région de l’Oriental fera également appel au dessalement de l’eau de mer afin de trouver une alternative aux ressources en eau conventionnelle.


Dans ce sens, le ministère de l’Équipement et de l’eau, à travers sa direction de la recherche et de la planification, a lancé l’appel d’offres ouvert afférent à l’étude de la mise en place d’un projet de dessalement de l’eau de mer dans la région de l’Oriental. Estimée par le maître d’ouvrage à plus de 20,7 millions de DH TTC, ce projet vise à sécuriser l’Approvisionnement en eau potable (AEP), industrielle et touristique, de la Région de l’Oriental, et notamment la zone de Nador-Driouech, et d’atténuer le déficit en eau d’irrigation dans la Basse Moulouya.

L’ouverture des plis de cette étude de faisabilité se fera à partir du 28 juin 2022 à Rabat. D’une capacité de 100 Mm3, extensible à 200 Mm3, le projet de la station de dessalement s’inscrit dans le cadre d’une convention de partenariat récemment signée pour le financement et la réalisation des actions urgentes au niveau du bassin hydraulique de Moulouya.

Ce dernier se heurte à une multitude de défis qui mettent en péril la sécurisation de l’AEP des villes de l’Oriental, notamment de la zone de Nador–Zaio, ainsi que la pérennisation des investissements de la Grande Hydraulique (GH) de la Basse Moulouya. A la tête de ces défis, la diminution nette des apports durant les dernières années et l’effet du changement climatique augmentant la récurrence de séquences de sécheresses.

Durant les dernières années, une réduction des apports a sérieusement impacté l’approvisionnement des périmètres agricoles de la zone, avec des apports moyens durant les années 2019-2020 et 2020-2021 atteignant, respectivement, 470 Mm3/an et 436 Mm3/an comparés à des apports moyens d’environ 830 Mm3/an (1993-2017).

Bassin de Moulouya : 10 Mm3/an de taux d’envasement
En outre, la problématique de l’envasement se pose avec acuité dans le bassin, et plus précisément au niveau du barrage Mohammed V avec un taux d’envasement de l’ordre de 10 Mm3/an, ce qui engendre une diminution de sa capacité de stockage et, par conséquent, la réduction des fournitures d’eau à partir du barrage et une perturbation de l’approvisionnement en eau potable, de l’irrigation et de la production d’énergie hydro-électrique.

Afin de faire face à ce déséquilibre entre l’offre et la demande en eau dans la région, des actions ont été entreprises, notamment, le projet de surélévation du barrage Mohammed V qui a été lancée en 2020, pour porter sa capacité de stockage à près d’un milliard de m3.

Toutefois, compte tenu des effets du changement climatique qui continueraient à accentuer la vulnérabilité des ressources en eau dans cette région, le recours au développement des eaux non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer, s’est avéré indispensable afin de diversifier les sources d’approvisionnement en eau potable des villes de la région de l’Oriental et améliorer la résilience de la GH de la basse Moulouya pour faire face au changement climatique.

Pour rappel, la région est alimentée principalement par le complexe des barrages Mohammed V-Mechraa Hamadi faisant partie du bassin de la Moulouya. Ce complexe répond, à la fois, à l’approvisionnement en eau potable de la zone de Nador-Zaio et la zone de l’Oriental englobant Oujda, Taourirt, Berkane et toutes les localités associées, avec une demande globale d’approvisionnement en eau potable d’environ 147 Mm3/an à l’horizon 2050, ainsi qu’à l’irrigation d’importants périmètres agricoles de la Basse Moulouya, notamment la Grande Hydraulique s’étendant sur plus de 69.000 ha avec une demande en eau agricole actuellement d’environ 500 Mm3/an.

L’option PPP fortement préconisée


Par ailleurs, le délai global d’exécution de ladite étude a été fixé à 15 mois à partir du lendemain de la date de notification de ou des ordres de service prescrivant le commencement de la réalisation des prestations y afférentes. Celles-ci font l’objet de cinq missions, à savoir l’étude technique qui consiste à déterminer la zone optimale d’implantation du projet de dessalement de l’eau de mer de l’Oriental avec une capacité autour de 100 Mm3, extensible à 200 Mm3.

Ensuite, le prestataire procédera à la conception de la station de dessalement et de son réseau d’adduction au(x) point(s) de livraison le(s) plus optimal(aux). L’objectif est de renforcer les ressources en eau de la Basse Moulouya pour sécuriser en premier lieu l’approvisionnement en eau potable des villes de Nador, Oujda, Berkane, Taourirt, Saidia et centres liés, et contribuer éventuellement à la satisfaction de certains besoins en eau d’irrigation au niveau de la Basse Moulouya qui pourraient être proposés et définis par les services du département de l’Agriculture au démarrage de cette mission.

L’intégration de ce besoin, éventuellement identifié, en première ou deuxième phase du projet sera décidé dans le cadre de l’étude, en concertation avec les parties prenantes. S’agissant de la seconde mission, elle porte sur l’étude du milieu marin pour la réalisation du projet de la station de dessalement dans la région de l’Oriental à travers des levées bathymétriques, des reconnaissances géophysiques et des sondages à la lance du fond marin, ainsi qu’une caractérisation de la qualité de l’eau de mer dans la zone d’étude.

En ce qui concerne la troisième mission, elle est liée à l’étude d’impact sur l’environnement (EIE) alors que les deux dernières missions portent sur l’étude d’évaluation préalable selon la loi 86-12 relative aux contrats de Partenariat public-privé (PPP), modifiée et complétée par la loi 46-18 et la mise en place du projet en PPP.

Si cette option est jugée la mieux adaptée audit projet, le prestataire devra assister et accompagner le maître d’ouvrage depuis la préparation du dossier de consultation des entreprises et des documents contractuels jusqu’à la passation du contrat de Partenariat public-privé.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO


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