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Mobile Money : les dessous d’une transformation timide en Afrique du Nord

Bien qu’encore très timide en Afrique du Nord, le mobile money fait son bonhomme de chemin avec un taux de croissance de 68% des comptes actifs en 2021. Cependant, si les transactions ont été estimées à 3,7 milliards de dollars sur la même année, le volume des envois a connu une légère baisse.

Le mobile money a transformé la vie de millions de personnes dans le monde. On compte aujourd’hui 1,35 milliard de comptes enregistrés qui traitent 1.000 milliards de dollars par an d’opérations.

Cela représente près de 2 millions de dollars par minute de transactions, 24h/24, 7j/ 7, 365 jours par an, selon le dernier rapport de la GSMA, une organisation mondiale qui rassemble l’écosystème mobile afin de découvrir, développer et d’offrir des innovations fondamentales qui favorisent des conditions commerciales et des changements sociétaux positifs.

L’organisme qui s’appuie sur les données recueillies dans le cadre de l’enquête 2021 de la GSMA, sur l’adoption des services de mobile money dans le monde, estime qu’au cours de la dernière décennie, le mobile money est passé d’une offre de niche sur un nombre limité de marchés à un service financier largement répandu.

Ainsi, grâce au mobile money, des millions de ménages des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) sont passés d’une économie informelle uniquement en espèces à une économie numérique plus inclusive. Si l’Afrique subsaharienne représente 84% de l’ensemble des comptes actifs sur 30 jours, une nouvelle carte se dessine dans la région Moyen-Orient & Afrique du Nord.

Le taux de croissance des comptes actifs (sur 30 jours) en 2021 dans cette partie du monde a bondi de 68% contre 12% en Afrique subsaharienne et 3% en Asie du sud. Rien que dans la proportion Afrique du Nord, en 2021, une douzaine de services sont en activité alors que le nombre de comptes ouverts a été estimé à 15 millions, dont 1 million sont actifs (pendant au moins 30 jours).

Au total, 77 millions de transactions ont été opérées en Tunisie, en Libye, au Maroc, en Égypte et en Algérie, pour un montant de 3,7 milliards de dollars. Si les transactions ont baissé de 5%, les ouvertures de compte et le nombre de transactions sont en hausse, respectivement, de 13% et 11%, respectivement.

Globalement, le secteur du mobile money a traité plus de 1.000 milliards de dollars d’opérations. L’augmentation d’une année sur l’autre des montants échangés a été stimulée par l’arrivée de nouveaux clients et le développement de nouveaux cas d’utilisation, selon le document.

En 2012, par exemple, les opérations d’écosystème, telles que les paiements de factures, les paiements groupés, les paiements marchands ou les transferts de fonds internationaux représentaient moins de 10% de l’ensemble des opérations.

Dix ans plus tard, ce chiffre est passé à 20%, signe évident que les prestataires de mobile money ont la volonté de diversifier leur activité.

Concernant les ouvertures de comptes, en 2021, elles ont atteint 1,35 milliard dans le monde, ce qui représente une augmentation de 18% par rapport à l’année précédente et un chiffre dix fois supérieur à celui de 2012 (134 millions).

Parmi ces comptes, 518 millions étaient actifs sur une base de 90 jours et 346 millions sur une base de 30 jours, des chiffres respectivement 15 fois et 13 fois supérieurs à ceux de 2012, alors que les volumes et la fréquence des opérations sont également en forte augmentation.

En 2021, le nombre moyen d’opérations P2P (de personne à personne) réalisées en l’espace d’une heure est supérieur à 1,5 million contre moins de 68 000 en 2012, tandis que les comptes enregistrent en moyenne 3,5 transactions P2P par mois.

Cependant, si le secteur affiche une croissance insolente, il fait face à de nombreux obstacles réglementaires qui perdurent malgré le succès considérable rencontré par les services de mobile money dans de nombreux pays.

Les spécialistes et l’auteur du rapport soulignent que leur pérennité pourrait être remise en cause par des interventions politiques ou réglementaires, qu’il s’agisse de la taxation de certaines opérations, de la mise en œuvre imposée de solutions de paiement instantané ou d’obligations coûteuses de localisation des données.

Selon eux, les coûts élevés de conformité sont assumés à la fois par les prestataires de mobile money et par les clients, avec des répercussions potentiellement négatives sur les investissements futurs dans ces services et sur leur utilisation par les clients.

Le dialogue entre les responsables politiques, les régulateurs et les leaders du secteur revêt une importance capitale pour éviter que les politiques et les réglementations n’aient des effets néfastes sur le développement du mobile money, recommande-t-on.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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