Éco-Business

Marché boursier : la cote portée, encore et toujours, par les banques

Portée par la solide performance du secteur bancaire, la Bourse de Casablanca a bouclé l’exercice 2024 sur une note positive. Le chiffre d’affaires des sociétés cotées progresse de 6,2%, tandis que leurs bénéfices enregistrent une hausse à deux chiffres, en dépit de certaines contre-performances sectorielles.

Par-delà les turbulences de certains secteurs, l’année 2024 consacre le retour d’une dynamique solide sur la place casablancaise. Portées par la vigueur des banques, les sociétés cotées enregistrent une progression globale de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, selon une analyse de M.S.IN, société de recherche et société de bourse.

Le frémissement observé en début d’année s’est confirmé trimestre après trimestre. À la clôture de l’exercice 2024, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca atteint 326,8 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 6,2% par rapport à 2023. Une progression nette de 18,9 MMDH qui s’explique, pour l’essentiel, par la performance remarquable du secteur bancaire, à laquelle s’ajoutent les contributions notables du BTP, de la distribution et des mines. Cette embellie s’inscrit dans un contexte macroéconomique contrasté.

L’inflation, après avoir culminé à 6,6% en 2022, a été contenue à 0,9% en 2024, alors que le pays poursuit son redressement face aux impacts cumulés de plusieurs années de sécheresse. Selon M.S.IN, ces résultats positifs sont également le reflet de dynamiques conjoncturelles favorables, à savoir la baisse des taux d’intérêt, la relance de chantiers d’infrastructures liés à l’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030, et le rebond des valeurs liées au logement. Des facteurs qui ont favorisé l’activité sur plusieurs segments.

Le moteur bancaire en pleine accélération
Avec une contribution additionnelle de 10,4 MMDH à elle seule, le secteur bancaire s’impose comme le principal moteur de croissance du chiffre d’affaires des sociétés cotées. Le produit net bancaire (PNB) du secteur enregistre une progression de 12,8%, pour s’établir à 91,6 MMDH.

Ce dynamisme trouve son origine dans une conjonction favorable, notamment le recul des taux, le regain de performance des marchés financiers et la discipline sur les charges d’exploitation. Les chiffres de M.S.IN détaillent une amélioration du résultat d’exploitation bancaire de 29,1%, atteignant 36,5 milliards de dirhams, tandis que le résultat net part du groupe (RNPG) progresse de 26,7%, à 19,3 milliards.

La montée en puissance des opérations de marché (+42,7%) souligne la capacité des établissements à tirer parti d’un environnement boursier porteur. Attijariwafa Bank tire particulièrement son épingle du jeu, avec un bénéfice en hausse de près de 2 MMDH en hausse de 26,6%, suivie par la BOA (+28,7%) et la BCP (+19,3%).

BTP, distribution et mines : des relais solides
Derrière le secteur bancaire, d’autres branches de l’économie cotée ont su capter la dynamique. Le BTP et les matériaux de construction affichent une progression de 2,2 MMDH, portée par le lancement de projets structurants dans les infrastructures sportives et hôtelières, en lien avec les échéances internationales.

Le secteur des distributeurs enregistre une hausse de 1,6 milliard de dirhams (+5,9%), avec des contributions notables d’Auto Nejma (+628 MDH) et de Label Vie (+618 MDH).

Du côté des matières premières, les mines bénéficient d’une conjoncture favorable. La reprise des cours mondiaux de l’or (+19%), de l’argent (+14%), du cuivre (+12%) et du zinc (+10%) a profité à Managem, dont le chiffre d’affaires grimpe de 18% à 8,9 MMDH. Globalement, le secteur minier ajoute 1,3 MMDH au chiffre d’affaires global de la cote, soit une progression de 14,5%.

En marge de cette tendance globalement haussière, le secteur de l’électricité constitue le principal foyer de contre-performance, avec un recul de 2,3 MMDH, soit -17,5%.

L’analyse de M.S.IN met en avant la baisse des prix du charbon sur le marché international, qui a mécaniquement pesé sur les revenus de certains acteurs du secteur, sans que cela ne soit compensé par une hausse des volumes. Hors Maroc Telecom, la masse bénéficiaire globale de la cote croît de 24,4%, une performance jugée « très robuste » par M.S.IN

Un point d’inflexion pour 2025 ?
L’analyse de M.S.IN souligne la robustesse des fondamentaux en 2024, mais alerte également sur des points de vigilance pour l’année en cours. La poursuite de la désinflation, la dynamique de l’investissement public et la trajectoire des taux directeurs seront autant de variables critiques.

À cela s’ajoutent des interrogations sur la stabilité géopolitique régionale et l’évolution du marché de l’emploi, qui influencent à la fois la consommation des ménages et l’investissement privé.

Dans ce contexte, la solidité du secteur bancaire demeure un facteur de stabilité pour le marché. Mais la diversité des moteurs de croissance — BTP, distribution, mines — pourrait constituer un levier précieux pour amortir d’éventuels chocs externes.

Le profil bénéficiaire des entreprises cotées s’est nettement redressé, hors événements exceptionnels. Cette résilience constitue un socle encourageant pour 2025.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO



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