Éco-Business

Les chantiers structurants du secteur

En dépit d’une économie nationale mise à rude épreuve depuis le déclenchement de la crise sanitaire, le secteur des assurances a fait preuve d’une grande résilience et a réussi à maintenir son rythme de croissance. Faut-il le rappeler, l’année 2020 a été une année particulièrement difficile, marquée par une pandémie qui a engendré une crise économique et énergétique. L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a actionné les assouplissements réglementaires nécessaires au profit des entreprises d’assurances, dont ont également bénéficié les assurés ainsi que les intermédiaires. Il s’agit, en l’occurrence, de l’assouplissement des provisions sur les créances des assurés et intermédiaires. De leur côté, les entreprises d’assurances ont apporté du soutien à leur réseau de distribution sous différentes formes.

Cela dit, en 2022, le secteur des assurances a continué à déployer ses chantiers structurants, pour accompagner de manière dynamique les stratégies nationales que ce soit dans l’infrastructure, la santé, la formation, la connectivité ou encore la promotion du secteur privé…, qui participent à l’émergence de nouveaux risques et de nouveaux besoins de protection. Cette transformation passe aussi par les compagnies d’assurances, représentées par la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR) qui n’a de cesse d’accompagner le secteur pour la mise en place d’un cadre réglementaire et légal, permettant de libérer les énergies et de développer des solutions efficientes garantissant, aux citoyens et aux entreprises, un soutien pour réaliser leurs ambitions et une protection efficace contre les aléas.

Le secteur se digitalise
La transformation du secteur des assurances passe aussi par sa mue digitale, dont le principal objectif est d’accompagner les assurés et les bénéficiaires de prestations, de plus en plus connectés. Rappelons, dans ce sens, que la FMSAR et ses membres œuvrent, avec l’ACAPS, à identifier l’ensemble des leviers qui permettraient d’accélérer la transformation digitale du secteur. C’est ainsi que la Fédération a annoncé, il y a quelques semaines, la généralisation du e-constat.

L’application, qui est désormais opérationnelle dans toutes les villes du Royaume, garantit la dématérialisation du constat amiable papier en générant un constat électronique. Elle permet de reproduire la même présentation et les mêmes informations présentes dans le constat en format papier. Cette application, développée sous l’égide de la FMSAR, est installée exclusivement sur les téléphones mobiles des agents-constateurs. Elle permet de déclarer facilement et rapidement un accident matériel aux entreprises d’assurances. La Fédération relève, par ailleurs, que «les conducteurs qui ne font pas appel au service d’un agent-constateur, continueront d’utiliser le constat amiable papier pour relater les faits et circonstances d’un accident de circulation ayant entraîné des dommages matériels».

Vers un cadre légal de la micro-assurance
L’année 2022 a également connu une importante étape dans le développement de la micro-assurance au Maroc, à travers l’élaboration d’un cadre réglementaire dédié à cette activité. Concrètement, l’ACAPS s’est attelée à lancer la micro-assurance par voie de circulaire, en attendant de concevoir un cadre légal spécifique dans le Code des assurances.

Dans cette logique, Othman Khalil El Alamy, son président par intérim, a récemment annoncé qu’un draft de ce projet venait d’être soumis au ministère de l’Économie et des finances. «Il s’agissait pour nous de parer à une urgence absolue, vu notre engagement, dans le cadre de la Stratégie nationale d’inclusion financière, et surtout au regard de l’appétit, clairement affiché par certains acteurs de la place, qui ont fait de l’assurance inclusive un axe important de leur stratégie commerciale», a-t-il expliqué. Il a également appelé les entreprises d’assurances, qui n’ont pas encore développé des offres inclusives, à emprunter cette voie tout en les assurant du soutien des services de l’Autorité en termes d’accompagnement dans l’ingénierie produits. Justement, l’ACAPS a conçu des modèles-type de contrat de micro-assurance destinés aux entreprises d’assurances pour les aider à designer leurs produits.

Le recouvrement, toujours à la traîne
Lors de la 6e édition de la Rencontre annuelle des agents et courtiers d’assurances, Mohamed Hassan Bensalah, président de la FMSAR, a affirmé que «s’il y a un sujet qui continue à nous préoccuper, et sur lequel notre marché n’a réalisé aucune avancée, c’est bien celui du recouvrement». Pour lui, il n’est pas normal que le secteur, qui s’est structuré et modernisé, reste prisonnier d’un système archaïque, qui peut entraîner, dans certains cas, des situations dramatiques.

En effet, les outils monétiques peuvent servir à améliorer ce process et le sécuriser, aussi bien pour les assurés que pour les intermédiaires et les compagnies. «Nous vous proposons de mener ensemble une réflexion dans ce sens et d’étudier la possibilité d’utiliser les nouvelles technologies de paiement, pour vous libérer du bon vouloir de l’assuré en termes de paiement, assurer la remontée du cash et recevoir la commission dans la foulée», a-t-il déclaré. Ledit projet, qui ne saurait se construire sans l’implication de l’ACAPS, pourrait porter, dans un premier temps, sur l’assurance automobile, avant d’être étendu à d’autres natures de risques.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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