Éco-Business

Le télétravail, effet de mode ou option inévitable ?

La crise sanitaire a propulsé sur le devant de la scène le télétravail comme moyen efficace pour assurer la continuité de l’activité des entreprises opérant dans divers domaines.

Et si le télétravail entrait définitivement dans les mœurs managériales des entreprises marocaines ? Depuis l’avènement de la crise sanitaire, les différents indicateurs jaugeant ce procédé donnent à envisager sérieusement cette option. La crise de la Covid-19 a, en effet, révélé les talents cachés des collaborateurs en termes d’adaptation et de productivité à partir de leur domicile, mais aussi une gestion rapide et l’avènement de nouveaux styles de management au sein de la plupart des entreprises marocaines confrontées à la crise. Rapidement, de nouvelles modalités ont été mises en place pour assurer le travail à distance, les entreprises ayant dû revoir leurs politiques organisationnelles en profondeur. Le télétravail s’est donc imposé comme le meilleur outil utilisé par les opérateurs nationaux pour assurer la continuité de leur activité en plein confinement.


Changement de paradigme
En effet, la crise a chamboulé les pratiques en termes de RH au sein des entreprises. «La fonction RH a été repositionnée comme étant une fonction stratégique au sein des organisations, en détruisant définitivement le dogme qui la considérait jusqu’alors, comme une simple fonction support», affirme d’emblée Taha Drhorhi, DRH, juridique et Com Afrique chez EHC Groupe et Expert en management des organisations et conduite de changement. En effet, plus que jamais, le DRH et ses équipes sont sollicités pour gérer une crise sanitaire sans précédent. Ils doivent apporter soutien et éléments de réponse à toutes les strates de la pyramide hiérarchique. «Les DRH ont majoritairement réussi avec brio à faire preuve de résilience, de flexibilité et d’un grand sens de communication, quelle que soit la posture adoptée par les entreprises, soit, à mener le fameux PCA «Plan de continuité d’activité, avec à la carte une réduction du volume d’activité, ou carrément, à établir un PS (Plan social)», détaille Taha Drhorhi dans ce sens.

Avènement du télétravail
C’est dans cette logique que le télétravail a été vu comme étant une solution adéquate pour la viabilité des Plan de continuité d’activité des entreprises. Toutefois, il est utile de noter que le télétravail existait bien avant la crise sanitaire, mais dans une moindre mesure. Cette dernière n’a fait qu’en accentuer la tendance. «En tant que DRH et chercheur dans le management des organisations, j’avance qu’il est un peu tôt pour considérer le télétravail comme faisant partie des nouvelles mœurs des entreprises. Cependant, nous observons qu’un télétravail bien pensé et organisé, ne peut être que bénéfique pour les opérateurs», explique le DRH dans ce sens. Les raisons sont nombreuses : optimisation de charges, flexibilité dans le management des équipes, meilleure intégration des salariés avec des conditions sociales difficiles, compétitivité… En tout cas, certains secteurs ont adopté le travail à distance et l’ont définitivement introduit dans leur processus de management. Il s’agit notamment du secteur de la relation clients, dans lequel plusieurs opérateurs ont préparé de véritables stratégies basées sur ce mode alternatif au présentiel. En effet, l’Association marocaine de la relation client (AMRC) a publié une «Déclaration d’intention», composée de 12 engagements, ceci dans l’objectif d’instaurer le télétravail comme modalité de travail innovante à offrir aux collaborateurs. En l’absence d’un cadre juridique spécifique réglementant le télétravail au Maroc, l’AMRC a donc initié un ensemble de dispositions pratiques permettant à ses membres de poursuivre le télétravail au-delà de la crise de la Covid-19 et d’en faire un levier d’attractivité économique et sociale. Cette déclaration donne des orientations concrètes sur les bonnes pratiques en matière de télétravail, notamment l’accessibilité à l’emploi, la diversité, la décentralisation des régions, l’employabilité des femmes et l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Par ailleurs, le secteur bancaire, activité clé de l’économie nationale, a également pris une série de mesures pour instaurer le télétravail et assurer la continuité de son activité. Le management de BMCI, par exemple, nous explique que la banque a instauré le télétravail dès le début de cette crise sanitaire et ce, pour de nombreux collaborateurs hors réseau d’agences et centres d’affaires. «Les bénéfices du télétravail sont là, notamment pour limiter les risques de propagation via les contacts physiques. Malgré cette réorganisation urgente et l’adoption de ce nouveau mode de travail, la banque a pu assurer la continuité de son flux d’activité», affirme-t-on auprès du management. Et d’assurer que l’adoption du télétravail de façon définitive après la pandémie serait une option envisageable, actuellement à l’étude. «Notre objectif principal est de maintenir de façon durable le bien-être des collaborateurs, mais également une activité normale pour répondre aux besoins des clients», nous explique-t-on. La question du bien-être du collaborateur demeure au premier plan, notamment en termes de sécurité sanitaire. Par ailleurs, le management de BMCI nous explique qu’il a également fallu prendre en considération la sécurité des clients, à travers la mise en place de matériel dans les locaux, ainsi que la sensibilisation permanente de l’ensemble des équipes quant au respect des normes de sécurité et d’hygiène.

Nouvelle ère RH

En fait, la crise sanitaire a fait en sorte que de grands changements soient opérés dans la gestion du capital humain, dans son sens large. D’un point de vue transversal, les DRH sont unanimes à dire que nous sommes dans l’ère d’une nouvelle organisation de travail. «À commencer par l’accélération des projets de digitalisation des processus de gestion, comme facteur incontournable de survie des entreprises, dans le contexte actuel», explique Taha Drhorhi. Pour ce qui est du métier RH, notamment le recrutement et la formation, les entreprises marocaines se sont fortement engagées dans une dynamique de digitalisation totale de ces deux processus, avec d’une part les entretiens en ligne et, d’autre part, l’e-learning.

Sanae Raqui / Les Inspirations éco Docs

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