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Lait. La balance commerciale de la filière toujours déficitaire

 

L’information a été confirmée par le HCP dans «Les brefs du plan» publiée vendredi. Selon cette note de conjoncture qui relate les principales tendances ayant marqué la filière laitière au cours des dix dernières années, le déficit s’est établi à près de 640 MDH en 2017.


La filière laitière marocaine traîne encore son paradoxe ! Cette réalité vient d’être confirmée par le HCP dans le 5e numéro de «Les brefs du plan» publié vendredi dernier. Selon cette note de conjoncture qui relate les principales tendances ayant marqué la filière laitière au cours des dix dernières années, celle-ci a encore accusé un déficit de sa balance commerciale en 2017 à près de 640 MDH. Les importations ont principalement porté sur le lait infantile, le lait frais UHT et le lait en poudre. Devenues quasi-structurelles, elles proviennent majoritairement de deux pays européens, les Pays-Bas (32,1%) et la France (27,5%). Malheureusement, ces achats extérieurs qui sont destinés à satisfaire les besoins nationaux risquent encore de perdurer au niveau de cette filière. En effet, la progression soutenue de la production de lait entre 2009 et 2013, avec une croissance annuelle moyenne de 5%, s’est estompée en 2014, laissant place à un rythme modéré de hausse de 1,9% jusqu’en 2017. Pourtant le Maroc exporte du lait et des produits laitiers. L’année dernière, 63,4% de ses expéditions sont allées vers la Mauritanie, 20,9% vers le Qatar et 7,9% vers le Sénégal. Autre paradoxe : au Maroc, la consommation nationale moyenne de lait et de produits laitiers est en dessous de la norme recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En effet, selon les résultats de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages 2013-2014, la consommation nationale moyenne de lait et de produits laitiers a été d’environ 59 litres par habitant et par an, en 2014, en dessous de la norme recommandée par l’OMS d’environ 11 points. Les citadins ont consommé presque deux fois plus de produits laitiers et de lait que les ruraux. Plus de 50% de la consommation laitière a concerné le lait frais, notamment pasteurisé, 16% le petit-lait et 14% le fromage.

La consommation de lait en poudre est restée relativement faible, ne dépassant pas 0,7 litre par habitant et par an. La dépense moyenne en lait et en produits laitiers par habitant et par an a été de 390,3 dirhams, au lieu de 366,5 dirhams en 2007, soit un accroissement moyen de 1% par an. De 2010 à 2013, les indices des prix à la consommation du lait et des produits laitiers ont connu des hausses modérées de 0,2% et de 0,6% respectivement, en moyenne. L’année 2013, qui a coïncidé avec une hausse sensible des prix des aliments du bétail importés, du coût de l’énergie et de l’emballage, a été marquée par une augmentation plus soutenue du prix du lait qui s’est répercutée sur les autres produits laitiers un an plus tard. En moyenne, les prix du lait et des produits laitiers ont progressé de 5,9% et 3,3% respectivement en 2013.

À partir de 2014, les prix à la consommation du lait et des produits laitiers sont restés quasiment stables, affichant respectivement des hausses de 0,1% et de 0,3% en moyenne. Par composante, l’indice des prix à la consommation du lait a connu depuis 2010 une augmentation annuelle de 0,9% en moyenne tirée notamment par la hausse de 3,8% et 2,8%, respectivement des prix du lait concentré et du lait infantile. Pour leur part, les prix des produits laitiers ont connu un accroissement de 0,7%, en moyenne, portés par la hausse de 6,2% des prix du petit-lait et l’augmentation de 3,9% de ceux du fromage. Les prix à la consommation du yaourt et de la crème fraîche sont restés relativement stables. 


Fiche technique

La filière laitière contribue à hauteur de 5%, en moyenne, au volume de la production agricole et représente 10,7% de celle de l’agroalimentaire. La région de Rabat-Salé-Kénitra est la première zone laitière du royaume avec une production de 522 millions de litres de lait, suivie par les régions de Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, qui fournissent 47% de la production nationale de lait. Le nombre de centres de collecte de lait a atteint 2.800 en 2017 avec une capacité globale de collecte dépassant les 2,5 millions de litres de lait par jour. Le lait collecté, qui représente 64%, en moyenne, de la production laitière, est traité au niveau de 122 unités industrielles locales.

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