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Green Deal : l’UE propose “un partenariat vert” au Maroc

Trois responsables de l’UE et trois ministres marocains se sont réunis à ce sujet, la semaine dernière. À cette occasion, ils ont jeté ensemble les bases de ce futur partenariat vert, notamment son cadre et ses objectifs. Éclairage sur un partenariat vert très prometteur pour les deux parties.

L’Union européenne (UE) met les bouchées doubles pour activer son Pacte vert – Green Deal– lancé en 2019 et ralenti par la crise sanitaire de la Covid-19. C’est à cet effet que trois de ses dirigeants, en l’occurrence Frans Timmermans, vice-président exécutif de la commission européenne, Olivér Varhélyi, Commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage et Virginijus Sinkevicius, Commissaire européen à l’environnement, océans et la pêche, ont rencontré une délégation ministérielle marocaine composée de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale et des Marocains résidant à l’étranger, Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration et Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, la semaine dernière, pour lui proposer de travailler ensemble sur ce projet titanesque. Notamment pour proposer au Maroc de signer un partenariat vert visant à aider à la mise en œuvre du Greeen Deal. C’était aussi l’occasion de jeter les bases de ce partenariat vert dans la transition énergétique et le développement durable qui permettra de développer des approches communes et mutuellement bénéfiques sur des axes jugés prioritaires par les deux parties.


Trois cadres pour encadrer le «partenariat vert»
À ce titre, trois cadres et autant d’objectifs ont été définis. D’abord, crise sanitaire oblige, l’idée est d’œuvrer de concert pour répondre solidairement aux multiples enjeux posés par la phase de reprise post-Covid-19. Ceci en promouvant une transition solidaire et graduelle vers des sociétés et des modes de consommation plus durables sur le long terme et en activant une «reprise verte» visant le bien-être des générations présentes et futures et qui permet d’envisager, ensemble, des réponses appropriées, en cohérence avec l’Agenda 2030 et les objectifs de développement durable.

Ensuite, le chantier commun vers un partenariat vert devra aussi traduire l’attachement de l’Union européenne et du Royaume du Maroc à mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le changement climatique, en plaçant au cœur des politiques et des investissements des deux partenaires la transition énergétique vers un modèle propre, à travers une meilleure gestion durable de l’eau et des déchets, la lutte contre la pollution de l’air ainsi que la protection de la biodiversité, la transformation vers une économie à basses émissions en carbone et l’accroissement des capacités d’adaptation et de la résilience au climat. Tout ceci devra enfin se faire, en parfaite cohérence avec les processus régionaux et internationaux tels que l’Agenda 2030, les Conventions des Nations Unies sur la Diversité biologique et la désertification, la Plateforme régionale de l’Union pour la Méditerranée sur la coopération énergétique et industrielle et la Convention de Barcelone pour la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée et ses protocoles.

Trois grands objectifs assignés au partenariat vert
C’est dans ces cadres que le Maroc et l’UE ont décidé de travailler à la mise en place de leur partenariat vert qui devra à terme permettre d’atteindre trois principaux objectifs. Un: progresser vers des objectifs communs de devenir des économies sobres en carbone, résilientes au climat, et sécurisées au niveau de leurs approvisionnements énergétiques. Deux : développer un modèle de coopération durable autour de la transition énergétique propre qui soit mutuellement bénéfique et qui favorise l’émergence d’opportunités économiques et sociales. Et trois: développer une collaboration étroite avec les autres acteurs internationaux pour encourager les partenaires à s’engager davantage pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et faire progresser collectivement l’agenda climatique global en synergie notamment avec l’Agenda 2030 sur le développement durable. Pourquoi le Maroc est l’un des premiers pays à être approché et pourquoi cette présence de trois ministres ? Parce que l’Union européenne reconnait le leadership du roi Mohammed VI en matière de la lutte contre le changement climatique et sa vision en faveur d’un développement durable et inclusif du royaume et du continent africain. Cet engagement de haut niveau a permis à notre pays de définir un cap ambitieux favorisant la conception d’initiatives innovantes et la mise en place de projets d’envergure et structurants, capables d’accompagner les dynamiques induites par la transition verte.

En effet, au cours des cinq dernières années, les succès du Maroc dans la transition énergétique ont inclus la construction de plusieurs centrales solaires. En 2019, ces installations d’énergies renouvelables représentaient 34% de la capacité électrique totale installée. Une capacité appelée à doubler une fois les projets en cours terminés. Parallèlement, il est annoncé que le royaume commencerait à développer des projets de parcs éoliens offshore sur la côte atlantique venteuse. Ceci sans oublier qu’à court terme, le Maroc pourrait être particulièrement bien placé pour envoyer de l’hydrogène vert en Europe en raison de sa proximité géographique et de ses installations d’énergie renouvelable.

D’ailleurs une feuille de route sur l’hydrogène vient d’être finalisée. Ce n’est pas tout puisqu’en plus de ces atouts, le cadre de coopération Maroc – UE est très favorable pour le développement des énergies renouvelables et du marché carbone. En effet, les conclusions du Conseil d’association de 2019 ont identifié deux domaines d’action horizontaux clés sous la rubrique «Partenariat euro-marocain pour une prospérité partagée». Celles-ci impliquent une coopération sur l’environnement et le changement climatique, ainsi que sur la mobilité et la migration.

D’importants IDE attendus du Green Deal
Maintenant, la présence de trois ministres montre que ce partenariat vert pourrait être très structurant et bénéfique pour l’économie marocaine. En effet, les investissements des fonds destinés au Green Deal pourraient créer directement des emplois dans les énergies renouvelables au Maroc, notamment par le recrutement de travailleurs pour les parcs éoliens et les centrales solaires, ainsi que pour la construction et l’entretien de ces installations. Ils pourraient aussi créer des emplois indirectement, par exemple à travers l’émergence d’un nouvel écosystème social et économique. Les IDE du Green Deal pourraient également aider les industries locales naissantes des énergies renouvelables à se développer en impliquant des développeurs locaux, des sous-traitants et des travailleurs.

Selon une étude du Forum méditerranéen des instituts des sciences économiques, le secteur des énergies renouvelables au Maroc pourrait générer entre 267.000 et 482.000 emplois dans le pays d’ici 2040. Donc bien avant 2050, l’échéance que s’est fixée l’UE pour que tous ses pays membres deviennent neutres en carbone à travers le Green Deal.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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