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Fès-Meknès : la Bourse de Casablanca fait les yeux doux aux entreprises de la Région

Le CRI Fès-Meknès et la Bourse de Casablanca lancent une opération de vulgarisation visant à mieux faire connaître cette dernière aux entreprises de la Région. Il s’agit également de corriger la perception des chefs d’entreprise quant aux opérations d’introduction en bourse. Pour rappel, sur les 76 sociétés cotées actuellement, aucune n’est issue de la Région Fès-Meknès.

Plus de 50 entreprises de la Région Fès-Meknès ont participé, vendredi dernier, à une rencontre organisée par la Bourse de Casablanca en collaboration avec le CRI Fès-Meknès, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Ordre des experts comptables de Fès-Meknès et l’Oriental. Ce tour de table a permis de donner aux chefs d’entreprise une vision «360°» sur l’opération d’introduction en bourse (IPO), et de combler le fossé existant entre la perception et la réalité de cette technique de financement. Loin des approches théoriques et des cours universitaires, Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca, a exposé aux chefs d’entreprise présents les avantages pratiques de l’IPO, adaptés au contexte national, dont notamment ceux relatifs au financement attractif avec la possibilité de booster la croissance de son entreprise de manière pérenne.


En matière d’avantages fiscaux, l’entreprise bénéficie d’un abattement de 50% de l’Impôt sur les Sociétés (IS) dû, pendant les trois ans suivant l’introduction en Bourse. Elle bénéficie également d’une réduction de 25% de l’IS en cas de cession d’actions. Pour Senhaji, «le contexte marocain bénéficie d’une valorisation attractive avec une demande qui dépasse largement l’offre. En effet, le ratio cours/bénéfices sur le marché national (22,9) reste élevé par rapport aux autres marchés comparables (9,1 en Egypte et 10,2 en Afrique du Sud)».

Le directeur de la Bourse de Casablanca a qualifié, par ailleurs, le contexte actuel de «timing favorable» à une opération d’introduction en bourse, en affirmant : «À l’instar des marchés internationaux, après un premier semestre 2021 difficile, la place casablancaise a enregistré une hausse remarquable, le marché marquant clairement sa volonté de financer l’entreprise en cette période de relance». Yassine Tazi, directeur général du Centre régional d’investissement Fès-Meknès a rappelé que le financement pouvait constituer à la fois un frein et un levier de développement des entreprises, et faisait partie des quatre «F» de l’entrepreneuriat, à savoir : le financement, le foncier, les formalités administratives et la fiscalité. Il a également insisté sur «l’importance de la diversification des modes de financement à travers l’introduction en bourse, qui peut constituer une alternative intéressante et accessible pour les PME de la Région».

Pour rappel, parmi les 76 entreprises cotées en bourse au Maroc, aucune entreprise n’est issue de la Région Fès-Meknès. Aujourd’hui, la Bourse de Casablanca est constituée de 75% d’institutionnels, 10% d’investisseurs étrangers et 10% de personnes physiques. La représentativité des entreprises régionales reste donc très faible, avec trois entreprises de Tanger, deux d’Agadir et une seule de Marrakech. Pour encourager les opérateurs à franchir le pas, les responsables de la Bourse de Casablanca et du CRI ont annoncé qu’ils comptaient décerner un prix aux deux premières entreprises de la Région à s’introduire en bourse.

De son coté, Nasser Seddiqi, directeur des opérations et des marchés de l’AMMC, a partagé avec l’assistance les prérequis nécessaires pour s’introduire en bourse. Il a annoncé, en outre, la mise en place d’une offre spéciale destinée à encourager les PME à s’introduire, laquelle consiste en une remise de 50% sur les commissions appliquées aux opérations en bourse. Pour sa part, Mohammed Ammouri, président de l’Ordre des experts Comptables de Fès-Meknès et de l’Oriental a mis en avant le rôle primordial et facilitateur de sa profession en la matière. Selon lui, «l’IPO est susceptible de permettre à l’entreprise de gagner en termes d’institutionnalisation, de crédibilité financière, de transparence et de notoriété. Il a affirmé que l’IPO est la seule solution de financement qui donne aujourd’hui à l’entreprise sa valeur future tout en rappelant que le Nouveau modèle de développement (NMD) a évoqué la question du financement de l’économie.

Selon le rapport de cette instance, le financement des entreprises reste, en effet, encore fortement dépendant du système bancaire. Les crédits au secteur privé représentent ainsi 89% du PIB. Cependant, une structure financière lourdement dépendante de l’intermédiation bancaire pourrait s’avérer pénalisante sur le long terme. «Redynamiser la Bourse de Casablanca sera la première étape pour faire émerger le Maroc en tant que première place financière de la région.

Que ce soit pour faire face aux enjeux du développement ou aux impératifs de relance suite à la crise actuelle du Covid-19, les marchés de capitaux joueront un rôle majeur dans le Nouveau modèle de développement national. En particulier, le développement de la Bourse de Casablanca sera crucial pour la croissance de ces marchés car elle représente un débouché naturel pour les différentes activités d’investissement», peut-on lire dans le rapport relatif au NMD.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO


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