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Fehd Bouab : « La digitalisation de notre activité est incontournable »

Entretien avec Fehd Bouab. Directeur général de Beassur Marsh

Le courtier d’assurance Beassur Marsh s’est appuyé sur son processus digitalisé pour gérer la crise sanitaire. Il appelle à généraliser la digitalisation à l’ensemble des opérateurs du secteur, notamment les compagnies d’assurances.


Quel a été l’impact de la digitalisation sur la gestion de la crise sanitaire ?
Depuis 2017, nous misons sur la digitalisation de notre activité. En effet, le projet porté par notre PDG, Mehdi Tazi, s’est développé à travers le rachat de Beassur en mettant en avant deux piliers fondamentaux, ceux de la digitalisation et du consulting. Nous avons comme objectif de fournir à nos clients une valeur ajoutée de conseil basé sur l’analyse des données du marché, pour affiner et émettre des prévisions qui permettent d’optimiser au maximum leurs contrats d’assurance. Ainsi, nous avons mis en place un nouveau système d’information ultramoderne, qui est même accessible à nos clients en extranet. Ces derniers ont accès en un seul clic à l’ensemble des données les concernant ; il s’agit entre autres de tableaux de bords, de statistiques, de contrats, de polices d’assurances… Nous avons également créé un volet «réclamation», pour l’assurance maladie, afin de permettre aux clients et à leurs salariés de suivre les différentes requêtes exprimées dans ce cadre. Ces services sont disponibles sur le site web, mais aussi à travers une application mobile. C’est dire que, pendant le confinement dû à la Covid-19, tous nos collaborateurs ont été rapidement mis au télétravail, notre système d’exploitation étant déjà adossé au Cloud. De ce fait, nos clients n’ont pas senti les effets néfastes du confinement, notamment en l’absence de déplacement, dans la gestion de leurs contrats d’assurances établis avec Beassur Marsh. La digitalisation de nos process nous a permis d’assurer la continuité de notre activité, mais surtout de communiquer avec nos clients et de répondre à leurs besoins dans les meilleurs délais, en leur assurant les meilleures prestations.

Qu’en est-il de votre relation avec les compagnies d’assurances dans cette crise ?
Si, au sein de Beassur Marsh, la digitalisation est un axe important de sa croissance, ce n’est malheureusement pas le cas des compagnies d’assurances. Je cite dans ce sens l’exemple d’un sinistre, puisqu’il est automatiquement numérisé chez Beassur Marsh, qui serait rapidement envoyé par flux à la compagnie d’assurances. Sauf que cette dernière ne dispose pas de système digitalisé pour le recevoir. Il faudrait donc l’imprimer pour l’envoyer par courrier à ladite compagnie, ce qui représente une perte de temps importante pour le sinistré, le courtier, mais aussi pour la compagnie elle-même. Le paradigme des assureurs, qui veulent maintenir la version papier dans leurs transactions, justement pour contrer la fraude, est dépassé. Digitaliser les process permettra à la majorité des «non-fraudeurs» d’avoir un meilleur délai de traitement de leurs requêtes. De ce fait, les compagnies d’assurances doivent investir dans des systèmes d’informations plus modernes, pratiques et efficaces, qui assurent une meilleure croissance et valeur ajoutée aux compagnies d’assurances, mais surtout un meilleur service aux clients. En clair, la digitalisation de notre activité est incontournable

Comment l’activité du courtage a-t-elle été affectée par la crise sanitaire ?
Les courtiers qui pâtissent aujourd’hui des effets de la crise sanitaire sont ceux qui font des émissions de primes liées à la masse salariale, donc ceux qui ont majoritairement des contrats avec les entreprises. Deux branches sont ainsi affectées, celle de l’accident de travail (AT) et celle de l’assurance maladie. Si les clients baissent leur masse salariale, les courtiers se retrouveront mécaniquement avec moins de chiffre d’affaires réalisé, dans l’assurance maladie surtout. Pour ce qui est de l’accident de travail, les répercussions seront observées l’année prochaine, puisque les clients paient des primes provisionnelles. Il y a donc un risque de voir des régularisations négatives et assez importantes en 2021 pour l’AT. Toutefois, il faudra attendre la clôture de l’année 2020 pour véritablement analyser et mesurer l’impact réel de la crise sanitaire sur l’activité de courtage.

Comment se porte l’activité de Beassur Marsh ?
Il faut noter que notre entreprise assure une croissance continue, depuis sa création, de plus de 20% annuellement. Notre portefeuille est équilibré, il englobe des clients œuvrant dans les secteurs du tourisme, de la banque… mais nous avons aussi des clients dans le secteur public. Ce dernier n’a pas été vraiment affecté par la crise puisque la masse salariale des fonctionnaires a été maintenue. Ainsi, le fait d’avoir un portefeuille très orienté entreprises, mais aussi très diversifié en termes de secteurs d’activité nous a permis de garder le cap.

Réinventer le métier du courtage

Beassur Marsh s’est fixé pour objectif stratégique de «réinventer la pratique du métier de courtier en assurance en devenant un acteur d’avant-garde, visionnaire et innovant en termes de services, exemplaire en matière de bonnes pratiques, doté de valeurs de transparence et d’intégrité, avec une forte ouverture à l’international». Le cabinet de courtage œuvre depuis plus de trois ans à se positionner en leader qualitatif de sa catégorie et, ainsi, à contribuer à clarifier la mission de la profession et à promouvoir sa valeur ajoutée de conseil, conformément aux meilleurs standards du métier.

Sanae Raqui / Les Inspirations éco Docs

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