Éco-Business

Croissance : boom du PIB à fin septembre

Le Maroc s’achemine vers une croissance exceptionnelle cette année. Après Bank Al-Maghrib, qui l’a souligné dans son dernier rapport la semaine dernière, c’est au tour du HCP de déclarer, dans sa note d’information sur la situation économique nationale au troisième trimestre 2021, publiée mercredi 29 décembre, que l’arrêté des comptes nationaux fait ressortir une croissance de l’économie nationale à 7,8% à fin septembre. Hormis les échanges extérieurs, tous les secteurs et agrégats économiques ont contribué à ce rebond.

Les prévisions d’une très bonne croissance économique en 2021 se confirment semaine après semaine. En effet, après Bank Al-Maghrib, qui a revu à la hausse sa prévision, de 5,3% à 6,2%, le Haut commissariat au plan (HCP) vient d’abonder dans le même sens. Dans sa note d’information sur la situation économique nationale au troisième trimestre 2021, l’équipe d’Ahmed Lahlimi déclare, en effet, que l’arrêté des comptes nationaux fait ressortir une croissance de l’économie nationale à 7,8% au troisième trimestre 2021, contre une baisse de 6,7% durant le même trimestre de l’année  précédente.


Tous les clignotants au vert
Selon le HCP, ce rebond de l’économie est le résultat d’une forte hausse de 17,7% de l’activité agricole et de 6,4% des activités non agricoles. En effet, pratiquement tout le monde savait que la campagne agricole 2020-2021 a été exceptionnelle. D’ailleurs, elle a fait grimper la valeur ajoutée en volume du secteur primaire, corrigée des variations saisonnières, à 14,8% au cours du troisième trimestre de l’année 2021, contre une diminution de 8,2% réalisée durant la même période en 2020 ; ceci malgré une baisse de 16,7% de la valeur ajoutée de la pêche (+17,3 % en T3 2020). En revanche, nul ne savait précisément si l’activité allait réellement reprendre au niveau du secteur secondaire. Pourtant, du côté de l’industrie, la reprise a également contribué au rebond de la croissance économique. C’est ainsi que la valeur ajoutée du secteur secondaire a connu une augmentation de 6,9% (- 2,7% en T3 2020). Selon le HCP, cette hausse résulte de l’amélioration des valeurs ajoutées du bâtiment et travaux publics (+17,6% contre 6,7% en T3 2020) ; de l’industrie d’extraction (+5,6% contre +4,2% en T3 2020) ; des industries de transformation (+4% contre -3,1%) et de l’électricité et eau (+3,8% contre +1,6%).

Même le secteur tertiaire a repris des couleurs
Même le secteur tertiaire, le plus affecté de tous par cette crise sanitaire qui ne l’a pas encore lâché, a curieusement contribué au rebond de croissance. En effet, sa valeur ajoutée a affiché une hausse de 6,6% (contre -7,9% en T3 2020). Elle a été notamment portée par la hausse des activités des hôtels et restaurants, (+ 70,2% contre -65,8%) ; des transports (+13,7% contre -36,3%) ; du commerce (+12% contre -10,7%) ; des services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale, (+ 5,2% contre +2,8%) ; des services rendus aux ménages et aux entreprises, (+4,5% contre +2,5%) ; des services financiers et assurances, (+0,1% contre -1,2%) ; des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, (+2,8% contre +3,4%). Ce n’est pas tout : la demande intérieure s’est également très bien comportée malgré une hausse du niveau de l’inflation et une relative baisse du besoin de financement de l’économie nationale. En effet, la demande intérieure a progressé de 8,3% au troisième trimestre 2021 (contre -6,5%), contribuant ainsi pour 8,8 points à la croissance économique nationale (contre -7 points). Dans ce cadre, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 5,8% (contre -5,7%), contribuant pour 3,2 points à la croissance (contre -3,1 points). De même, la consommation finale des administrations publiques a affiché une augmentation de 5,2% (contre +3,7%), avec une contribution à la croissance de 1,1 point (contre 0,7 point). De son côté, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation de stocks) a enregistré une hausse de 15,1% (contre -13,9%), avec une contribution à la croissance de 4,5 points (contre -4,6 points). Ce qui témoigne d’une installation certaine de la reprise, confortée par la confiance en l’avenir et une forte visibilité des opérateurs économiques.

Seule fausse note, la contribution négative des échanges extérieurs
Pourtant, le PIB aux prix courants a connu une augmentation de 10,9% (contre -5,7% en T3 2020). Le niveau général des prix, qui en est ressorti, a connu ainsi une hausse de 3,1% (contre +1%). Par ailleurs, les revenus nets reçus du reste du monde ont grimpé de 28,2% (contre +53,2%), tandis que le revenu national brut disponible a connu une progression de 12% (contre -3,4%). Compte tenu de la hausse de 6,7% de la consommation finale nationale en valeur (contre -2,1%), l’épargne nationale s’est située à 29,9% du PIB (contre 25,8%). L’investissement brut a atteint 30,4% du PIB (contre 26,7%). Le besoin de financement de l’économie nationale a connu ainsi une légère baisse, passant de 0,9% du PIB à 0,5%. La seule fausse note enregistrée provient des échanges extérieurs qui ont dégagé une contribution négative à la croissance, (de -1,1 point), contre une contribution positive de 0,3 point le même trimestre de l’année précédente.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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