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CGEM et COMADER. Deux représentants pour un seul secteur ?

Pour la Fédération Interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation de fruits et légumes (FIFEL), la COMADER qui est le représentant du secteur agricole devrait être associé au dialogue social afin de parvenir à l’adéquation de la législation du travail avec la spécificité saisonnière du secteur agricole.

 « On ne remet pas en cause les augmentations du SMIG et du SMAG décidées dans le cadre du dialogue social, mais notre fédération réclame un cadre juridique adéquat. Sans cet arsenal, le secteur de fruits et légumes ne peut pas avancer à cause de l’ignorance du gouvernement de nos doléances professionnelles». C’est par ces mots que Houcine Aderdour, président de la Fédération Interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation de fruits et légumes (FIFEL) a tenu à partager sa position à l’égard de la signature, jeudi 25 avril 2019, de l’accord définitif du dialogue social entre le gouvernement, les syndicats et la CGEM.


Concrètement, la profession a appelé à l’adéquation de la législation du travail avec la spécificité saisonnière du secteur agricole. Une solution qui a été préconisée après les tensions sociales enregistrées, il y a plusieurs années, dans les bassins de production du Souss, via la conclusion d’un accord, à la mi-avril 2010, pour parvenir à une paix sociale.

Il s’agissait de la préparation d’un décret afférent à la particularité du secteur devant mener, suite à sa publication, à la signature d’une convention collective et de contrats de travail à durée déterminée.

Depuis cette date et particulièrement à l’issue de la rencontre en 2013 avec le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane et Aziz Akhannouch, à Rabat, le sujet de la reconnaissance du caractère saisonnier du secteur agricole n’a jamais été remis sur la table.

« La FIFEL n’a aucune relation avec la CGEM puisque le secteur agricole dispose de son propre représentant qui est la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural  (COMADER). Représentante de l’ensemble des filières agricoles, c’est cette entité  professionnelle qui doit s’engager à défendre les intérêts de notre secteur, mais malheureusement, elle a été écarté de ce dialogue social entre le gouvernement, les syndicats et la CGEM» ajoute Houcine Aderdour.

Pourtant, la FIFEL a été officiellement associée, selon la profession au dialogue social en 2012 par les ministères de l’Agriculture et de l’Emploi.

«Aujourd’hui, le secteur agricole souffre d’une situation difficile avec des difficultés liées essentiellement à l’accumulation des créances, la faiblesse des rendements en relation avec la production agricole, l’insuffisance des débouchés commerciaux en plus du déficit en ressources hydriques et la fiscalité » souligne Aderdour.

Par ailleurs, après la conclusion de l’accord social, la FIFEL a critiqué cette signature entre le gouvernement, les syndicats et la CGEM à travers la publication d’un communiqué de presse.

Pour la FIFEL, le grand absent de cet accord social est le secteur agricole. « Malgré nos nombreux écrits et réclamations à être intégré comme partie de ce dialogue, nous nous ne comprenons pas encore  les raison de cette omission ou ignorance. Toutefois, nous persistons en réitérant la demande de notre droit le plus absolu au gouvernement d’intégrer le secteur agricole»  indique la FIFEL son communiqué. 


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