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Banques : La remontée des taux devient imminente

Le sujet est récurrent, surtout après le rappel à l’ordre du wali de la Banque centrale. Le spécialiste du courtage en crédits immobiliers, www.meilleurtaux.ma, émet des prévisions tablant sur un retour progressif aux niveaux pratiqués il y a deux ans. Les taux longs resteront inférieurs à 5% d’ici la fin du premier semestre.

Décidément, les taux de crédit ont suffisamment baissé ces derniers temps au Maroc sous l’effet d’une course effrénée aux parts de marché, au point de faire réagir le gendarme des banques de la place. Interpellé en marge du dernier Conseil de Bank Al-Maghrib, le   le wali de la banque centrale a dû sortir de sa réserve pour révéler le contenu des correspondances échangées à ce sujet avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM). Le risque de taux n’étant pas exclu, puisque certaines banques commençaient à distribuer des crédits quasiment à perte, le gouverneur de la Banque centrale s’est montré préoccupé de la menace d’une prise excessive, voire mal contrôlée de ce risque, non seulement pour l’équilibre financier des banques, mais aussi pour la stabilité financière dans son ensemble. «J’ai adressé une lettre au GPBM en lui rappelant le risque de taux qui peut découler de cette situation. Certaines banques proposent un taux fixe de 4,3% sur une période de 25 ans», a souligné Abdellatif Jouahri. «J’ai même reçu une lettre de remerciement du GPBM pour les avoir rappelés à l’ordre», a-t-il ajouté. Autant le wali de BAM est satisfait d’une bonne transmission de sa politique monétaire suite aux baisses successives du taux directeur, autant il se soucie de l’effet nuisible de certaines pratiques qui portent atteinte aux règles prudentielles et font courir des risques aux actionnaires des banques.


Dans les couloirs des banques, il se murmure que les membres du GPBM auraient décidé de stopper la descente préoccupante et risquée des taux débiteurs, ce qui laisse présager une imminente remontée des taux. «La plupart des établissements de crédit n’ont pas encore réactualisé leurs grilles et proposent à ce jour des taux très favorables, notamment pour les bons dossiers. C’est la raison pour laquelle ces rumeurs de hausse n’ont pas eu d’effet sur les taux qui restent à un niveau plancher historique», constate Yassine Lahlou, directeur général de Meilleurtaux Maroc.

Le spécialiste du courtage en crédit immobiliers assure avoir négocié pour ses clients des taux historiquement bas durant le premier trimestre 2017. Certains ont pu ainsi décrocher des taux variables de 3,5% sur 20 ans, et fixes de 4,3% sur 15 ans voir de 4,5% sur 25 ans. Si les banques, pressées jusqu’à ce jour à baisser les taux pour préserver leurs parts de marché, décideront de changer le cap et d’inverser la tendance, les taux pourraient atteindre les niveaux pratiqués il y a deux ans, table Yassine Lahlou. Autrement dit, ils oscilleront autour de 5% pour les prêts de 20 à 25 ans.

Mais au vu de la conjoncture bancaire actuelle, les banques resteront très regardantes sur l’évolution du marché, tout en évitant les conséquences brusques d’une remontée des taux sur la demande de crédit immobilier. «Nous continuons à anticiper des niveaux de taux inférieurs à 5% à la fin du premier semestre 2017», prévoit le patron de Meilleurtaux Maroc pour qui le point bas, voir le niveau plancher des taux, serait déjà atteint tandis que la remontée se fera de manière progressive. Reste maintenant à savoir le nom de cette banque courageuse qui sera la première à oser franchir le pas. Celle qui décidera d’augmenter ses taux au risque de perdre des parts de marché, notamment dans le segment très juteux des particuliers. 

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