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Portefeuilles ministériels : L’USFP veut sa part du gâteau !

L’USFP n’entend pas se contenter de la présidence de la Chambre des représentants qui équivaut à deux portefeuilles ministériels. Une position qui complique les négociations pour la formation du gouvernement. Chaque partie campe sur sa position.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) tient à entrer au gouvernement en dépit du véto d’Abdelilah Benkirane. Le premier secrétaire du parti de la rose Driss Lachgar espère la poursuite des négociations avec le chef de gouvernement désigné. Un vœu exprimé mardi soir sur les ondes de la télévision marocaine. Il apparaît clairement que les héritiers d’Abderrahim Bouabid n’entendent pas se contenter de la présidence de la Chambre des représentants. Ils veulent, en effet, détenir des portefeuilles ministériels, chose qui est pour le moment rejetée par le parti de la lampe. Le chef de file des Ittihadis dit ne pas comprendre le véto brandi contre son parti alors que dès la première rencontre avec Benkirane, l’USFP a affiché sa volonté d’entrer au gouvernement et a même demandé au chef de gouvernement d’annoncer sa majorité (PJD, PI, USFP et PPS) tout en la laissant ouverte aux autres formations politiques.


Le parti de la justice et du développement ne nie pas ce fait, mais accuse Lachgar d’avoir fait volte-face quelques jours après. «L’USFP s’est mis derrière le RNI et l’a laissé négocier à sa place», souligne aux Inspirations ÉCO un dirigeant du parti de la lampe. Quelle est donc l’issue pour qu’enfin le gouvernement voit le jour ? Chaque partie semble camper sur sa position. Le parti de la colombe et celui de l’épi tiennent toujours à leurs deux alliés (l’USPF et l’Union constitutionnelle). Mohamed Moubdii, membre du bureau politique du Mouvement populaire affiche son optimisme en estimant que tout est possible grâce aux négociations qui pourront aboutir à un compromis, mais du côté du PJD, la seule alternative pour débloquer les négociations et former le gouvernement est dans le camp de l’USFP qui devra se contenter du perchoir de la chambre basse qui équivaut à deux portefeuilles ministériels. Le PJD aspire, en effet, à une formule consensuelle «sans vainqueur ni vaincu» pour reprendre les termes du dirigeant pjdiste. «Il est hors de question que l’USFP entre au gouvernement après avoir détenu la présidence de la Chambre des représentants. Ce parti est appelé à annoncer qu’il fait partie de la majorité gouvernementale sans détenir de portefeuilles ministériels. C’est la seule alternative qui pourra être acceptée par tout le monde», souligne notre source. Les prochains jours s’annoncent décisifs. Les négociations devront reprendre entre principalement Benkirane, le RNI et le mouvement populaire.

Ces deux formations politiques défendent toujours la nécessité de former une majorité numérique forte. La coalition gouvernementale sortante détient 201 sièges à la chambre basse, soit un taux de 50,88%. La différence entre les deux mandats est de 8 sièges et de 2% uniquement. Lors du précédent mandat, les quatre formations politiques de la coalition gouvernementale comptaient 209 députés, soit un taux de 52,91%. Le PJD, lui, compte sur les voix du parti de l’Istiqlal qui porteront la représentativité de la majorité à 62,53%. Ce pourcentage sera de 67,59% avec le soutien de l’USFP. Quid de l’Union constitutionnelle qui compte désormais 18 députés ? Benkirane serait prêt à l’intégrer au gouvernement mais dans le cadre des négociations des portefeuilles ministériels du RNI. Si le scénario du PJD aboutit, la représentativité de la coalition gouvernementale au sein de la Chambre des représentants sera de 72,15% alors que le pourcentage des formations politiques réellement représentées au gouvernement sera de 55,44%. Avec cette configuration, l’opposition parlementaire ne sera composée que d’un seul groupe au sein de la Chambre des représentants, celui du PAM. Théoriquement, tout paraît facile, mais si les alliés de Benkirane ne lâchent pas du lest, le blocage persistera. Le spectre de la dissolution du Parlement et de l’organisation de nouvelles élections plane encore. Ce scénario est à éviter en raison aussi bien de son coût politique que financier. Si Benkirane parvient à convaincre ses alliés de sa vision, il devra passer à une deuxième étape non moins difficile que la précédente, celle de la distribution des portefeuilles ministériels.

À en croire une source au sein du PJD, le parti de la lampe tend vers un Exécutif ne dépassant pas trente ministères. Le pôle économique est très convoité de part et d’autre, notamment par le rassemblement national des indépendants qui veut garder les départements économiques stratégiques dont le ministère de l’Économie et des finances, celui de l’industrie et du commerce ainsi que de l’agriculture.

Sur ce point, le parti de la justice et du développement, – dont les militants aspirent aussi à être à la tête de ces départements -, pourrait faire des concessions pour pouvoir enfin former l’Exécutif tant attendu et mettre fin à une inertie dans plusieurs domaines dont l’activité parlementaire, qui est à l’arrêt. À peine ont-ils entamé leur mission de législation en votant exceptionnellement le projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’Union africaine que les députés ont dû sombrer de nouveau dans un profond sommeil. Une grande responsabilité incombe à Benkirane et à ses alliés pour sortir le pays de cette situation de blocage qui déteint aussi bien sur le volet politique qu’économique et social.

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