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Loi de Finances, mais encore ?

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Notre économie a besoin de bien plus qu’une loi de Finances pour panser les plaies causées par la Covid-19. Le rôle des mesures fiscales et autres facilités sectorielles actées par la feuille de route du Budget de l’État est indéniable. Or, il ne faudrait nullement les considérer comme seul canal à même de donner un souffle nouveau à l’activité économique. C’est en cela que la loi de Finances 2021 est inédite. C’est pourquoi, également, une approche particulière aurait dû être adoptée non seulement pour sa conception, mais aussi pour sa discussion. N’oublions pas que nous sommes loin des projections de croissance habituelles, même les plus pessimistes d’entre elles. La Covid-19 a annoncé la couleur, et la crise qui en a découlé a déjà distribué les cartes. Nous entamons une année financière moulée dans la récession et, donc, particulièrement corsée pour l’État comme pour les opérateurs économiques. Les entreprises sont prises dans les filets de la crise et l’Exécutif, de son côté, se trouve compressé entre le marteau des finances publiques et l’enclume de la paix sociale. Aucune des parties n’est à envier, mais aucune des deux ne pourra faire cavalier seul l’année prochaine. Voilà pourquoi le travail qui aurait dû être mené en toile de fond de cette loi de Finances 2021devait être un exercice de prospective minutieux, sectoriel et collaboratif. Afin de donner vie à la stratégie nationale de relance économique, les négociations sur les amendements et les mesures fiscales auraient dû s’inscrire dans une approche plus globale de conception de plans de relance segmentés. Sous forme de contrats-programmes, ou une quelconque autre mouture, chacun des secteurs aurait dû être davantage impliqué pour tracer de véritables stratégies de sortie de crise, avec des objectifs chiffrés, un échéancier et des actions précises. Ces cadres de référence, engageant opérateurs et gouvernement et traçant les actions à mener par chacune des parties, donneraient plus de pertinence aux dispositions sectorielles du projet de Budget. Ces dernières tomberaient de fait sous le sens d’une feuille de route bien tracée. L’énergie et le temps dépensés sous la Coupole en jeux de force et de lobbying auraient, dès lors, pu être déployés à meilleur escient.

Meriem Allam / Les Inspirations Éco


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