Opinions

Inondations à Casablanca: un retour à la case 2013

Nous voici revenus à la case 2013 -si tant est que nous ne l’ayons jamais dépassée- l’année où le souverain avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation dramatique de la gestion de Casablanca. Dans son discours, le roi avait placé face à leurs responsabilités les élus locaux en matière de prestations de service de base, notamment pour ce qui a trait au volet de l’assainissement «où les réalisations restent limitées, en tout cas bien en-deçà des besoins de la population». Dans la ferveur du moment, d’aucuns avaient tenté de montrer patte blanche en tentant de lancer par-ci, par-là, des chantiers de restructuration.

Pourtant, sept années et quelques poussières sont passées, et la problématique reste posée. Et comme nous le signalions dans cette même colonne, il y a quelques jours, faire endosser toute la responsabilité au gestionnaire-délégué est une dérobade bien trop facile, mais trop peu crédible. Le soufflé est d’ailleurs très vite retombé, dès que l’entreprise gestionnaire a montré jusqu’où s’étend son périmètre et où les responsabilités des autorités locales sont restées suspendues. Il s’avère donc que d’importants fonds n’ont pas encore été débloqués par la ville pour mener à bien les mises à niveau nécessaires du réseau d’assainissement. Pis encore, depuis 2013, Casablanca a continué à se développer dans l’ambition de ressembler aux grandes métropoles du monde, mais sans que l’infrastructure de base suive. Un déphasage alarmant ! Le plus inquiétant est de savoir que cette dissonance n’est que la partie émergée de l’iceberg, et que les décalages entre la croissance de la ville et les priorités de sa gestion sont légion. Les responsabilités doivent être établies et les défaillances redressées ; c’est cela la bonne gouvernance, celle qui se plie devant le principe de la reddition des comptes. Et justement, la remise en question est nécessaire à nos élus. Elle commence déjà par une relecture consciencieuse du discours du roi d’octobre 2013. Le constat d’échec s’imposera par lui-même !


Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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