Maroc

Variole du singe : le Maroc en embuscade

On n’est pas encore sorti de l’auberge ! Alors qu’on croyait s’être débarrassé de la Covid, après deux longues années de crise sanitaire, voilà qu’un nouveau virus aussi bizarre que le coronavirus se dirige droit sur le Maroc. La riposte s’organise.  

«La nature a horreur du vide». Aristote ne croyait pas si bien dire. Alors que le Maroc vient à peine de surmonter la redoutable pandémie liée au Covid, un nouveau virus fonce droit sur le royaume depuis l’Europe. Il s’agit de la variole du singe ou «orthopoxvirose simienne».


Considérée jusqu’ici comme une maladie rare dont le pathogène peut être transmis de l’animal à l’homme et inversement, elle qui se déplaçait principalement en Afrique de l’Ouest commence à se propager sur le Vieux Continent d’une manière inquiétante. Selon les informations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), huit pays européens sont touchés par la variole du singe, à savoir le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Portugal, l’Espagne, la Belgique, l’Italie et la Suède.

S’il est un pays où la propagation est rapide, c’est le Royaume-Uni, qui a dernièrement détecté 11 nouveaux cas de variole du singe, portant à 20 le nombre total de cas confirmés depuis le 6 mai. Pendant ce temps, notre voisin européen le plus proche, l’Espagne, compte ses malades et se prépare à une vague de contaminations. En alerte, les autorités locales, politiques et sanitaires, organisent la riposte. À Casablanca, la menace est prise très au sérieux.

Au CHU Ibn Rochd de Casablanca, une réunion d’urgence a eu lieu ce lundi pour déterminer le circuit patient en cas de variole dans la métropole. D’autres établissements auraient également procédé de la sorte. «Il est question de déterminer un circuit patient de manière à l’accueillir dans notre établissement sans contaminer les autres», explique le professeur Kamal Marhoum El Filali, chef du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd, parmi les plus importants centres universitaires hospitaliers du Maroc. «On va s’organiser comme on a procédé avec le Covid», ajoute l’infectiologue, considéré comme l’un des grands artisans de la riposte marocaine contre le coronavirus.

En l’espace d’une semaine, poursuit notre interlocuteur, des choses sérieuses sont sorties du ministère pour nous permettre de nous organiser. «C’est déjà pas mal», dit-il non sans rappeler que la variole du singe tue plus vite que le Covid-19. Si pour l’heure rien ne justifie «une panique», le taux de létalité dans les épidémies de variole du singe est de 1 à 10 %, selon les estimations de l’OMS pour qui, avec des soins appropriés, la plupart des patients se rétablissent.

Ces derniers jours, un document largement partagé sur les réseaux sociaux et intitulé «Variole du singe (Monkeypox): Plan national de surveillance et de riposte Version du 20 mai 2022», présente un dispositif de surveillance épidémiologique assez explicite. Il définit un cas suspect comme étant une personne présentant une éruption cutanée, vésiculeuse ou vésiculo-pustuleuse, avec fièvre supérieure à 38°C.

Tout cas suspect ayant eu un contact avec un cas confirmé, dans les 21 jours précédant l’apparition des symptômes, est considéré comme un cas probable et tout cas suspect ayant effectué, dans les 21 jours précédant l’apparition des symptômes, un voyage dans un pays où la maladie est endémique ou un pays ayant enregistré une chaîne de transmission depuis le début mai 2022 est considéré comme un cas probable. Fait partie du même lot, tout cas suspect avec atteinte des paumes des mains et/ou des plantes des pieds, ou encore avec présence d’adénopathies.

Pour le cas confirmé, il s’agit d’un cas probable pour qui l’infection par le virus de monkeypox a été confirmée par technique moléculaire au laboratoire. S’agissant des conditions d’isolement et de traitement, toute personne présentant des signes cliniques compatibles avec un cas probable doit bénéficier d’un prélèvement pour PCR alors que tous les cas probables et confirmés doivent être systématiquement hospitalisés en isolement dans une salle dédiée, pour une durée de 3 semaines à partir de la date de début des signes.

Le document présente aussi les dernières mises à jour sur la propagation mondiale de la maladie, expliquant comment elle a suscité des inquiétudes lorsqu’elle est passée de l’Europe aux États-Unis, au Canada, à l’Australie, à Israël et même en République démocratique du Congo (RDC).

Dans le document, le ministère indique également que tout cas suspect doit être signalé immédiatement aux établissements de santé publics ou privés, qui sont chargés de contacter les autorités sanitaires régionales pour vérification et lancer une enquête épidémiologique si le cas est classé comme probable.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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