Maroc

Sebta : vers une reprise de l’activité en janvier ?

Des informations non confirmées évoquent la possibilité d’une reprise de l’activité au niveau du point de frontière de Bab Sebta, à partir de mi-janvier. La question devrait être abordée lors de la réunion de haut niveau Maroc-Espagne, prévue le 17 décembre à Rabat. En attendant, les Sebtis croisent les doigts ! 

Les rumeurs vont bon train à Sebta. Une information circulant sur les réseaux sociaux évoque une possible reprise de l’activité du point de frontière de Bab Sebta (Tarajal du côté espagnol), à partir du 10 janvier. Selon des sources sebties, les autorités locales de Fnideq auraient reçu des consignes évoquant une probable réouverture de la frontière. La question aurait-elle été abordée durant la réunion du ministre de l’Intérieur, Abdelouahed Laftif, avec son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska lors de sa visite, vendredi dernier ? Difficile de le savoir, mais en Espagne, la question de la fermeture des frontières à Sebta préoccupe aussi bien le gouvernement central que local. Toutefois, rien ne filtre sur le devenir du commerce de contrebande. À en juger par les indices que laissent filtrer les autorités marocaines, cette activité serait de l’histoire ancienne. Comme l’a souligné le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son dernier rapport annuel, l’ère de la contrebande est révolue.


Le CESE a dressé une liste fournie de recommandations en mesure de pallier la suppression de ce commerce. L’on cite, par exemple, la création de l’emploi dans la région pour stimuler l’activité économique tout en offrant une source de revenus stable à la population locale. L’idée est d’offrir des alternatives durables à travers la création d’un tissu économique solide dans cette région.

Du côté du préside occupé, les autorités ont commencé à assimiler “le sabordage” de cette activité. Présentant le prochain budget de l’enclave, Kissy Chandiramani, la conseillère sebtie en charge de l’Économie, des finances et de la fonction publique a indiqué dans sa plaidoirie devant l’Assemblée locale, que la ville affronte un “double tsunami”. Outre la pandémie, celle-ci faisait référence à la fermeture des frontières. De fait, l’impact du gel des activités liées aux frontières est aussi lourd que celui de la crise sanitaire, si ce n’est plus, vu que la fin du commerce de contrebande sera irrévocable.

À ce titre, la prochaine loi de Finances de l’enclave met l’accent sur l’appui aux entreprises empêchées de reprendre leurs activités commerciales, en référence aux entrepôts où s’agglutinent les fardeaux chargés de marchandises de contrebande, destinées au marché marocain. Dénommé “Sebta résiste”, ce plan de relance économique devrait permettre aux entreprises, affectées par la fermeture des frontières et les restrictions imposées pour freiner la propagation de la Covid-19, de souffler en attendant la reprise. Le plan est doté d’une enveloppe budgétaire de 4.3 millions d’euros. Le secteur hôtelier est l’un des grands bénéficiaires de cette initiative. Normal, l’activité hôtelière bat de l’aile, voire agonise depuis la fermeture des frontières et l’absence des clients marocains, principale source de revenus de ces établissements d’hébergement classés. De même, et dans un souci de préserver ces petits commerces de la faillite, le gouvernement local de Sebta a prévu des moratoires en ce qui concerne la collecte de l’impôt local, appelé IPSI. Il s’agit d’une TVA extrêmement réduite, appliquée à Sebta et Mélilia.

Contacté par Les Inspirations ÉCO, un patron sebti opérant dans le secteur du tourisme croise les doigts. “Nous espérons que les frontières soient rouvertes bientôt. L’impact de l’absence des clients marocains se fait de plus en plus ressentir. En décembre, nous avions l‘habitude d’afficher complet dans les établissements hôteliers grâce à la présence marocaine. Vivement la fin de ce cauchemar”, confie-t-il tout en ajoutant que le début de la campagne de vaccination anti-Covid au Maroc est porteuse d’espoir pour Sebta. À présent, toutes les attentes reposent sur la prochaine rencontre maroco-espagnole. La 12e édition de la réunion de haut niveau Maroc-Espagne, prévue initialement le 17 décembre, devrait aborder amplement cette question. Verdict dans quelques semaines !

Forum économique

En marge des réunions ministériels, un forum économique sera célébré durant la 12e édition de cette réunion tant attendue. Le patronat marocain et espagnol se réuniront sous les regards d’une importante délégation d’hommes d’affaires qui devrait accompagner le chef de gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. La dernière réunion en date, faut-il le rappeler, a eu lieu en 2015, sous le mandat de Mariano Rajoy en sa qualité de chef de l’Exécutif espagnol et de son homologue marocain, Abdelilah Benkirane. La rencontre est l’occasion de ratifier des accords de coopération bilatérale dans divers domaines et secteurs : social, culturel, économique. Une réunion qui sera suivi avec grand intérêt des deux côtés de la rive méditerranéenne.

Amal Baba Ali, DNC à Séville / Les Inspirations Éco

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