Maroc

Quelle classe, ce «Dallas»…

«Dallas», le dernier film de Mohamed Ali Mejboud est décalé et drôle. Présenté en avant-première au Mégarama-Casablanca, mardi dernier, le film qui est bien ficelé est un concentré de bonne humeur.  


Assumé et décalé, l’univers de Mohamed Ali Mejboud est bien tracé et on adhère à 100%. Après avoir battu le record des entrées au cinéma avec «L’Orchestre de minuit», l’acteur Aziz Dadas revient à l’affiche dans un film à la fois drôle et profondément triste sur le monde du cinéma au Maroc. Dadas joue le rôle de Dallas comme si le film tournait autour de lui, et le réalisateur s’est amusé avec la langue de Molière pour mettre cet acteur hors pair en pleine lumière. Et il le mérite. Toujours aussi juste et précis, Aziz Dadas n’est pas cet «acteur-clown» qui se contente de faire rire. Son jeu est inné et il fait penser à l’acteur studio qui ne tombe pas dans le surjeu mais qui vit son jeu. L’acteur campe le rôle d’un réalisateur au bout du rouleau, qui se retrouve endetté. Après avoir fait le film de sa vie, il n’arrive plus à décoller et retombe presque dans l’anonymat. Aidé par une assistante brillamment interprétée par Amal El Atrache, à la fois sobre et brillante dans ce rôle, Dallas se voit proposer un film par un homme d’affaires qui ne connaît rien au cinéma et qui, narcissisme oblige, voudrait faire un film sur sa vie. Cet homme d’affaire n’est autre que Driss Roukhe, toujours fidèle à lui-même, qui confirme qu’il est un des acteurs qui comptent le plus dans le monde du cinéma marocain.Et quand le réalisateur pense qu’il peut réussir à gérer le producteur fou, l’investisseur pesant, les acteurs égocentriques et l’équipe technique à l’ouest, Dallas perd son acteur principal «imposé par la production» qui s’étouffe avec une datte et meurt en plein tournage. Mais le réalisateur continuer quand même son film contre vents et marées.

Entre situations burlesques et second degré, Mohamed Ali Mejdoub aime ses acteurs à qui il offre des gros plans avec beaucoup de justesse et d’esthétisme. Les plans-séquences sont beaux, la caméra valse et propose des plans fixes ou en mouvement originaux. Belle prestation des jeunes acteurs Adnane Mouhejja et Aissam Bouhali, qui jouent le jeu dans le jeu, qui campent leurs «rôles» à l’écran, celui d’acteurs égocentriques et pas du tout concentrés. Une scène à saluer d’ailleurs: celle de Aissam Bouhali qui propose à Dallas de revoir sa scène et de la jouer comme lui le veut. Hilarant et, en même temps, qui en dit long sur un monde du cinéma parfois cruel. Et comment ne pas saluer la prestation de Kamal Kadimi, que le public connaît pour son rôle de Hdidane et qui se révèle être un vrai caméléon, à l’aise avec la transformation et les personnages complexes…

Malgré quelques maladresses, le film est une réussite. Original, il assume ce côté «film indépendant américain» comique et ironique. Rythmé avec peu voire pas de lenteurs, il reste sobre tout en misant sur une belle photographie et des effets spéciaux efficaces, bien dosés. «Dallas» est un film marocain qui fait souffler un vent de fraîcheur, proposant une histoire qu’il défend jusqu’au bout. Subtil et réfléchi, le film sort en salles à partir du 24 février. Un film à voir absolument. 


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