Prix du Carburant : une accalmie en perspective
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Ramadan commence sous de bons auspices pour les automobilistes. Malgré un début d’année marqué par deux hausses successives du prix des carburants, ce début de mois de mars devrait connaître une stabilité, voire une baisse progressive des prix. Cette évolution s’explique par une offre pétrolière abondante à l’échelle internationale et une demande toujours faible, un contexte qui devrait jouer en faveur des consommateurs marocains.
Alors que tous les produits alimentaires de base connaissent en cette période une flambée des prix, une nouvelle rassurante vient soulager les automobilistes en ce début du mois de ramadan. L’année n’a pourtant pas démarré sous les meilleurs auspices en termes de prix à la pompe puisqu’une légère hausse a été opérée. Une augmentation survenue à deux reprises en un mois, avant un léger recul de 0,20 centimes au niveau du gasoil observé il y a deux semaines.
Offre abondante
Pour ce début du mois de mars, les analyses du marché prévoient que les prix devraient rester stables, voire connaître une légère baisse dans les prochaines semaines. Une tendance qui s’inscrit dans un contexte international marqué par une abondance de l’offre pétrolière et une demande en berne.
En effet, selon Mostafa Labrak, directeur général d’Energysium Consulting et expert en énergie, contrairement aux craintes d’une flambée des prix avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, le marché pétrolier a adopté une trajectoire inattendue. Fidèle à sa politique énergétique agressive, il a encouragé le retour en force de la production domestique aux États-Unis avec une reprise de l’exploitation du pétrole de schiste. Résultat des courses, une offre plus abondante sur le marché, ce qui tire vers le bas les prix du brut. Le baril de Brent, référence mondiale, enregistre ainsi une relative stabilité, limitant les fluctuations des prix du carburant à l’échelle internationale.
«Théoriquement les sociétés distributrices marocaines, qui ajustent leurs tarifs en fonction des tendances internationales, devraient maintenir des prix constants en ce début de mois de mars. Aucune hausse significative n’est prévue, et une baisse pourrait même s’amorcer au fil des jours. Une situation qui tranche avec la période précédente», estime Labrak.
L’offre excédentaire n’est pas le seul facteur jouant en faveur des consommateurs. La demande mondiale en carburants reste faible, une tendance habituelle en période hivernale où l’attention se porte davantage sur le gaz et le fioul domestique pour le chauffage.
Par ailleurs, les stocks américains de pétrole ont été revus à la hausse, confortant la tendance baissière des cours. Les stocks de brut au centre de livraison de Cushing (Oklahoma), principal terminal de livraison ont augmenté d’environ 1,5 million de barils. Cependant, la demande pour les produits distillés, catégorie qui comprend le gazole, a connu un rebond de 18,43%.
Un possible revirement ?
Si cette conjoncture offre une bouffée d’oxygène aux automobilistes marocains, il convient de rester vigilant. L’évolution des tensions géopolitiques, les décisions de l’OPEP+, ainsi que la reprise économique mondiale sont susceptibles de rebattre les cartes dans les mois à venir.
D’un autre côté, les discussions entre Washington et Moscou pourraient aboutir à un retrait des sanctions américaines sur le pétrole russe, ce qui pourrait faire grimper l’offre mondiale.
De plus, le cartel OPEP prévoit de remettre graduellement sur le marché 2,2 millions de barils quotidiens à partir d’avril, à hauteur de 120.000 barils par jour en plus chaque mois pendant 18 mois. En tout ca, pour l’instant, ce sont bel et bien des signaux baissiers qui s’affichent.
Mostafa Labrak
Expert en énergie
«Théoriquement, les sociétés distributrices marocaines, qui ajustent leurs tarifs en fonction des tendances internationales, devraient maintenir des prix constants en ce début de mois de mars. Aucune hausse significative n’est prévue, et une baisse pourrait même s’amorcer au fil des jours. Une situation qui tranche avec la période précédente.»
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ÉCO