Maroc

ORIENTAL. Saïd Zarrou: l’avancement du projet de la lagune de Marchica, à Nador

Saïd Zarrou, PDG de Marchica Med, aborde dans cet entretien l’avancement du projet de la lagune de Marchica, à Nador, qui a inspiré plusieurs pays africains. Selon lui, l’aménagement de la baie de Cocody, à Abidjan (Côte d’Ivoire) se veut être un modèle exemplaire de la coopération Sud-Sud entre les pays africains.

Initié en 2008 par SM Mohammed VI, l’aménagement du site de la lagune de Marchica a déjà pris forme. Où en est ce projet écotouristique autour duquel sept cités touristiques devront être aménagées ?
En application des Hautes intructions royales, le projet de la préservation et de développement de la lagune de Marchica a été confié, en 2008, à la société Marchica Med. Un double objectif a été assigné à cette société étatique. D’une part, il s’agit de procéder à la dépollution de la lagune de Marchica, afin de lui donner une nouvelle vie. De l’autre, il est question de faire naître un site de référence touristique sur le bassin méditerranéen. Afin d’accélérer l’évolution conceptuelle et institutionnelle de ce projet, l’Agence pour l’aménagement du site de la Lagune de Marchica a été fondée en 2010. Elle a balisé le terrain à Marchica Med, qui se charge actuellement du développement touristique, résidentiel et de loisirs.


L’Agence Marchica s’est chargée ainsi de l’aménagement du site, de sa structuration et de la préparation de l’ensemble des plateformes nécessaires pour l’investissement et pour le développement touristique autour de la lagune de Marchica. Classée site d’intérêt biologique et écologique, respectivement, SIBE et RAMSAR, la lagune de Marchica est l’une des plus grandes lagunes du pourtour méditerranéen. C’est la raison pour laquelle ce site présente un intérêt d’ordre économique et touristique en symbiose avec les grands projets de la région de l’Oriental, en général, et de la province de Nador, en particulier.

Depuis sa création, l’Agence Marchica a déployé des efforts considérables pour la réhabilitation et la sauvegarde de l’environnement en optant pour un aménagement territorial durable. A cet égard, plusieurs actions témoignent de cet effort déployé, en l’occurrence, la réalisation des travaux de dévasage et de nettoyage du pourtour de la lagune et des oueds. Ce n’est pas tout : le projet a permis de transformer plusieurs sites qui présentaient une certaine nuisance. Il s’agit de l’ancien bassin des eaux usées de Nador qui a été transformé en parc ornithologique. A cela s’ajoutent la décharge sauvage remplacée par une plage urbaine et artificielle ainsi que la laverie de minerai de fer qui a été convertie en académie de golf.

Outre l’amélioration de la mobilité et des voiries autour de la lagune, à travers la réalisation des voies de contournement, les ponts et les autres ouvrages d’art, l’aménagement de la lagune de Marchica a permis aussi la mise en place d’une offre complète de loisirs. Cette dernière a permis le développement touristique du site à travers l’aménagement de la corniche, la marina, les cafés et les restaurants d’Atalayoun ainsi que la construction de l’hôtel de luxe, en partenariat avec l’ONCF. Le but étant de positionner la région sur la niche écotouristique et d’améliorer l’expérience client de la destination de Nador. A l’issue de ce développement touristique, le rythme de valorisation du site devra atteindre, durant les années à venir, sa vitesse de croisière, en renforçant davantage ce positionnement écotouristique autour des sept sites.

L’aménagement du site de la lagune de Marchica est un modèle qui a inspiré plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire avec la baie de Cocody à Abidjan? Quel avancement de ce projet phare relevant de la coopération Sud-Sud entre le Maroc et la Côte d’Ivoire ?
Aujourd’hui, l’avancement est très satisfaisant. Les deux premières phases de l’aménagement de la baie de Cocody ont été entièrement achevées. Elles ont porté sur le dragage du front lagunaire et du chenal de l’Indénié jusqu’à la Baie, ce qui a permis un gain en termes de superficie de la baie.

Du côté ivoirien, ces hectares de terrains gagnés serviront au développement de l’offre touristique, résidentielle et de loisirs à Abidjan. L’avancement des travaux a permis aussi la réalisation des remblaiements hydrauliques des berges de la baie et des cavaliers de protection des berges, mais aussi le drainage des eaux usées et pluviales et la mise en place de plateformes gagnées sur la baie. Parallèlement, plusieurs infrastructures sont en cours de réalisation dans le cadre de ce projet structurant. Il s’agit du pont haubané reliant les communes de Cocody et du plateau, ainsi que le Carrefour de l’Indénié et l’ouverture d’une embouchure à Grand Bassam, à l’instar de ce qui a été fait au niveau de la lagune de Marchica. Il va sans dire que le but ultime de ce projet est la valorisation de la Baie, son aménagement, son assainissement et le renouvellement des eaux, mais aussi, sa mise en valeur urbaine en vue de faire de ce site un pôle humain de développement durable socio-économique, touristique et culturel.

Quel regard portez-vous sur cette coopération avec les pays africains ?
Conformément à la vision éclairée de Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, basée sur le renforcement d’une coopération Sud-Sud, nous portons un regard très positif sur notre collaboration avec les pays africains frères et amis. Pour la Baie de Cocody, notre coopération avec les instances ivoiriennes est exemplaire à plus d’un titre et mutuellement bénéfique. Il s’agit d’une relation sincère basée sur le partage du savoir-faire et sur un esprit gagnant-gagnant comme voulu par le Souverain. Ce projet de valorisation illustre parfaitement la vision du Souverain d’asseoir les bases d’un partenariat édifiant et d’une coopération Sud-Sud agissante. La Baie de Cocody se veut aussi un modèle exemplaire d’un projet complet et intégré associant, à la fois, un apport de qualité environnementale, une dimension paysagère et urbanistique, et une valeur socioéconomique incontestable et de pointe pour les deux parties.

Comment se porte «Marchica Med Africa», filiale de Marchica Med après sa récente création ?
Basée à Casablanca Finance City (CFC), la filiale «Marchica Med Africa» a donné un nouveau souffle aux opérations de Marchica Med grâce à son statut à l’échelle continentale. Il est à noter que cette création de «Marchica Med Africa» s’inscrit dans la continuité de cet élan vers le continent africain. Pour rappel, la société Marchica Med disposait déjà d’une succursale de Marchica Med, à Abidjan, d’une durée de quatre années. C’est sur cette base que l’Agence Marchica a collaboré avec les pays africains. Quand la durée de vie de cette succursale est arrivée à échéance, la filiale «Marchica Med Africa» basée à CFC a été officiellement créée. Actuellement, elle est dotée de moyens nécessaires pour promouvoir l’expertise marocaine dans le développement territorial durable en Afrique. Il s’agit aussi de répondre aux différentes requêtes et sollicitations avec les pays frères et amis africains qui partagent les mêmes problématiques afin de dupliquer les expériences de Marchica et de la Baie de Cocody. Capitalisant sur cet acquis, «Marchica Med Africa», dont l’expertise a été saluée par les grandes instances internationales à l’instar des Nations-unies Environnement, compte bénéficier de cette notoriété pour entamer de nouveaux projets dans le continent.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO Docs

Abonnez vous pour lire tout le contenu de votre quotidien Les Inspirations Eco

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page