Maroc

Nouveau modèle de développement : la digitalisation en roue libre au Maroc (VIDEO)

Le Cycle de conférences de réflexion stratégique africaine et internationale, initié par Maroc Diplomatique, revient après deux ans d’absence à cause de la pandémie du Covid-19. Le lancement de l’évènement a mobilisé trois membres du gouvernement pour débattre sur la digitalisation comme levier stratégique du Nouveau modèle de développement. 

Les économies mondiales ont connu un profond changement avec la transition numérique. Boosté par la crise sanitaire, le numérique est au cœur de la transformation de l’économie au Maroc et la digitalisation est vue comme un levier stratégique du Nouveau modèle de développement. Maroc Diplomatique ne pouvait pas trouver mieux que cette grande question de l’heure pour organiser la deuxième session des MD Talks. Le Cycle de conférences de réflexion stratégique africaine et internationale qui revient après deux ans d’absence à cause de la pandémie du Covid-19 a été lancé vendredi à Casablanca.


Présent à ce moment d’échanges avec un panel d’acteurs du changement digital dans le Royaume, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a tenu à rappeler les avantages de la transformation digitale au niveau mondial et l’impact de celle-ci au niveau local.

La digitalisation a généré 1 milliard d’emplois, a affirmé le membre du gouvernement avant de souligner que celle-ci constitue aujourd’hui une véritable révolution accompagnée d’un «mouvement monstrueux» qui touche à tous les secteurs économiques et domaines de la vie.

Une révolution qui nécessite, selon le ministre, une mise en branle des modèles économiques et de création de valeur. «Il n’y a d’avenir qu’à travers et qu’avec le digital», insiste le ministre, soulignant que la valeur est en train de virer vers l’immatériel. Rappelant l’ambition de créer 400.000 emplois nets avec un bon bassin qui aura un lien direct et profond avec le digital, le ministre se dit «parfaitement conscient» des enjeux de l’avenir du secteur de l’automobile et notamment en ce qui concerne l’emploi.

Mezzour explique que sur les 80.000 postes qui seront pourvus dans le secteur, 25.000 auront un lien avec la R&D et l’innovation. En phase avec son collègue, le ministre de l’Education nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa, qui a également pris part à ce rendez-vous, est convaincu que la digitalisation permet de recréer les conditions d’une relation de confiance entre la société et l’État.

Celle-ci, dit-t-il, est aussi considérée comme étant transformatrice de la relation de l’État avec les citoyens, les entreprises et l’ensemble des parties prenantes, grâce à sa contribution à l’assouplissement de l’accès à l’information et aux services publics et la possibilité de participation des citoyens.

Le digital figure parmi les cinq paris du Nouveau modèle de développement (NMD), a rappelé le ministre, soulignant l’existence d’un certain nombre de volets sur l’humain, la compétence et la recherche, correspondant à la mise en œuvre du pari de la digitalisation.

A cet égard, le ministère de l’Éducation nationale vient de lancer une concertation nationale sur un projet de feuille de route en cohérence totale avec les principes du NMD et le référentiel défini par la Loi cadre 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, a ajouté Benmoussa.

«L’objectif est de traduire sur le plan opérationnel un certain nombre de sous-référentiels et de grands principes, en mettant l’enfant et l’élève au cœur du système», a-t-il soutenu, estimant que cette opérationnalisation devrait s’appuyer sur les outils qui peuvent être développés pour permettre d’améliorer les pratiques pédagogiques au niveau de la classe.

De son côté, pour la ministre de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, Aawatif Hayar, transformation digitale rime avec égalité des chances. Mais il y a un préalable qui consiste à démocratiser davantage l’accès au digital aux Marocains les plus démunis.

Ce n’est pas tout car, dit-t-elle, il faut qu’on ait des clouds souverains et accessibles. Il n’est pas normal que le Maroc soit obligé d’héberger ses applications dans des clouds étrangers, a insisté la ministre qui regrette que l’accès à la technologie reste encore inéquitable, notamment dans les zones rurales.

Chakib Benmoussa 
Ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports

«Qui dit mettre l’enfant et l’élève au cœur du système, dit s’appuyer sur les outils digitaux qui doivent permettre d’améliorer les pratiques pédagogiques pour renforcer la qualité de notre enseignement».

Ryad Mezzour
Ministre de l’Industrie et du commerce

«Il y a une magnifique transformation qui est en train de s’opérer et qui fait sauter les étapes de développement. Aujourd’hui, on voit des ouvriers analphabètes qui n’arrivent pas à s’asseoir et à suivre une formation classique et qui parviennent, pourtant, à devenir des contributeurs au développement dans les usines grâce au digital».

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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