Maroc

Modèle économique : El Othmani prône l’écoute

Mise en place d’une commission pour relever les insuffisances du modèle économique. Les priorités pour réformer le modèle économique seront définies à travers une large concertation régionale. 


Sâad Eddine El Othmani était l’invité du Forum de la MAP, hier à Rabat. Un rendez-vous d’échange sur un nombre de sujets brûlants comme la cohésion gouvernementale, les réformes à mener ou encore, le dernier en date, celui du modèle économique marocain. Le chef de gouvernement n’a pas fait l’impasse sur les sujets qui dérangent. Mais à l’opposé de son prédécesseur, Abdelilah Benkirane, sa manière d’aborder les problématiques est plus pragmatique que sensationnelle. Le psychiatre de métier ne jure que par l’écoute pour mieux répondre aux attentes et s’attaquer aux réformes. D’ailleurs, il a qualifié son équipe de «gouvernement de l’écoute». Le contexte est difficile : formation tardive du gouvernement, Hirak d’Al Hoceima, taux de pauvreté en hausse et  discours royaux très critiques à l’égard des partis politiques. À cela s’ajoute,  le congrès du PJD de décembre prochain qui se tient sous haute tension. Interrogé justement sur ses rapports qualifiés de tendus avec Benkirane, il a tout nié en admettant que les deux hommes peuvent ne pas avoir la même opinion sur le même sujet. «Je ne sais pas non plus si le SG du parti aspire à un troisième mandat», a-t-il ajouté le sourire aux lèvres.

Un chef de gouvernement arbitre
Le chef de gouvernement admet que le contexte de constitution du gouvernement a impacté le lancement de certains projets, tandis que des lois structurantes sont restées bloquées au Parlement: «ces difficultés, nous les avons trouvées et non créées. Nous n’en portons pas la responsabilité, il s’agit d’un cumul. Mais, nous sommes résolus de vouloir les résoudre». Cette volonté est guidée, précise-t-il, par un programme gouvernemental concerté, qui joue le rôle de feuille de route. En effet, dès le début, le gouvernement a essayé d’améliorer sa méthodologie de travail et a mis en place des mécanismes de gestion des différences dans un cadre consensuel. Dans ce sens, les prérogatives de la Primature ont été renforcées en matière d’arbitrage et de prise de décision, grâce à des commissions de suivi et de coordination au sein du gouvernement. Enfin, El Othmani prête désormais un intérêt particulier à la communication et l’écoute à travers des rencontres avec les partenaires : partis, syndicats, patrons… «Même les syndicats non représentatifs seront écoutés dans un cadre sectoriel», promet-il. Cette nouvelle dynamique de concertation et d’écoute s’est cristallisée à travers les déplacements du chef de gouvernement et de son équipe dans les régions afin de mieux cerner les problèmes. l’objectif, octroyer aux régions l’importance qu’elles requièrent et pousser vers l’équilibre interrégional.

Tous les dossiers sociaux seront traités à temps
Pour ce qui est du social, El Otmani promet que tous les dossiers sociaux seront traités en temps opportun. Il a dit ne pas comprendre que les syndicalistes veulent que le cahier revendicatif du 26 avril 2011 soit satisfait sur le champ alors que le nouveau gouvernement n’est installé que depuis quatre mois. Mais pour prouver sa bonne foi, il a donné l’exemple de dossiers sociaux réglés, comme celui de la bourse octroyée aux élèves de la formation professionnelles, en partenariat avec l’OFPPT, ou encore le dossier revendicatif des infirmiers.  

Comment réformer le modèle économique
Au sujet du modèle économique qui a fait l’objet du dernier discours royal au Parlement, le chef de gouvernement admet  que ce modèle a besoin d’être revu. Concrètement, et à partir de la semaine prochaine, une commission se penchera sur ses insuffisances. L’on en recense déjà un taux de croissance qui ne se traduit pas en création d’emplois en nombre et en qualité suffisante. Ce modèle ne permet pas non plus de lutter contre les inégalités. «Depuis deux mois, la réflexion est en cours sur ce modèle. À partir de ce projet de loi de finances, des mesures seront prises dans ce sens», a annoncé El Othmani. Il est ainsi question de soutenir  la PME, accélérer la réforme de l’administration et éradiquer  la corruption.  L’éducation, la santé et l’emploi sont également des dossiers sur lesquels il va falloir travailler et garantir des résultats satisfaisants.  


PJD, retraite des parlementaires, caisse  de compensation… la vision d’El Othmani  

«Nous avons une visibilité complète à propos du programme gouvernemental et son application. J’ai dit de démissionner si l’unité du parti est menacée. Or, ceux qui veulent que le PJD se fissure n’auront pas cette chance».

«La pension des parlementaires est un sujet qui relève du Parlement. J’ai reçu une lettre du président du Parlement dans ce sens. Par ailleurs, le groupe du PJD a également adressé une correspondance au président visant à supprimer les pensions des parlementaires».

«Nous avons mis en place une commission d’actualisation et de réforme des lois depuis l’indépendance. Justement, le tiers de ces lois n’a jamais été actualisé».

«La réforme de la Caisse de compensation est graduelle et nous avons cinq ans pour s’y attaquer. Nous allons adopter une démarche de réforme qui profitera au plus grand nombre de Marocains sans oublier aussi la classe moyenne».

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