Maroc

Maroc-Espagne : l’opposition creuse la tombe du gouvernement Sanchez

Le gouvernement espagnol est sous les feux des critiques à cause de sa gestion du conflit avec le Maroc, des tensions dont les conséquences financières commencent à peser lourdement : 11 millions d’euros de pertes et 300 emplois détruits rien qu’au port d’Algésiras, après l’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba.

Les jours du gouvernement de Pedro Sanchez sont-ils comptés? En tout cas, les critiques fusent de toutes parts sur l’Exécutif ibérique à cause de sa gestion de la crise avec le Maroc. L’opposition, flairant la fragilité du gouvernement, assène des coups à répétition, dans le but de provoquer sa chute. Mercredi dernier, Laya Gonzalez, la ministre espagnole des Affaires étrangères et de la coopération était, encore une fois, au centre des critiques de l’opposition. Vox, le parti d’extrême droite, n’a pas pris de gants pour critiquer le modus operandi adopté par la diplomate en cheffe espagnole dans ce dossier.


Pour cette formation extrémiste, le Maroc «a su tirer profit de la fragilité» du cabinet de Pedro Sanchez, a estimé Ivan Espinosa de los Monteros, porte-parole de Vox au sein de la Chambre basse espagnole. «Le Maroc est conscient de la fragilité d’un gouvernement dont la survie repose sur des partis qui veulent en finir avec l’Espagne», a-t-il ajouté en référence à l’amnistie que Sanchez devrait accorder aux 12 leaders catalans indépendantistes. L’opposition s’en est prise à la gestion de Laya, considérant que son approche «féministe et de lutte contre le changement climatique» n’a non seulement pas garanti la sécurité nationale, mais elle est allée jusqu’à menacer la stabilité du pays.

«Croyez-vous que les puissances étrangères se sentent menacées à cause sa politique en matière de lutte contre le changement climatique et d’aide au développement», a lancé le député souverainiste, faisant allusion à l’incompétence de l’Exécutif de Pedro Sanchez à affronter les grands défis stratégiques et géopolitiques qui menacent l’Espagne.

Plus d’aura à l’international
La formation a considéré que l’Espagne a perdu de son aura et a été reléguée au rôle d’observateur, sans aucun rôle important sur la scène internationale. Le porte-parole de Vox a clairement rappelé la position de son parti quant à l’approche adoptée par le Maroc, durant les dernières années, en référence aux décisions souveraines marocaines de délimiter son espace maritime et le fait de mettre fin au commerce de contrebande aux frontières de Sebta et Melilia.

Cette formation souverainiste reproche, toutefois, à la diplomatie espagnole de ne pas mener une offensive pour réclamer le Rocher de Gibraltar après que le Royaume-Uni ait claqué la porte de l’Union européenne.

De son côté, Laya, pressentie sortante lors du prochain remaniement ministériel qui ne saurait tarder a nié que l’Espagne soit devant une menace d’évasion migratoire ou menace sécuritaire. Encore une fois, et fidèle à sa ligne adoptée depuis le déclenchement de cette crise, Laya et sans faire la moindre auto-critique, a insisté que sur le fait que le gouvernement espagnol n’a «pas cherché à provoquer ni à alimenter» ce conflit.

D’une autre part, les médias espagnols continuent à compter les dégâts de l’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba. Selon une dernière estimation, la compagnie norvégienne FRS a élevé son manque à gagner à 500 millions d’euros rien qu’en billetterie. Comme l’a bien résumé le président des associations des stations-services, il s’agissait de voyageurs qui tout au long de leur parcours laissaient de l’argent sur leur passage.

Ce manque à gagner est aujourd’hui certain pour les caisses espagnoles. Soulignons que le port d’Algésiras sera le plus touché par cette décision. Alors qu’il se disait prêt à accueillir les contingents de voyageurs, le terminal perdrait, selon les estimations, 11 millions d’euros
et 300 emplois pourraient être supprimés. 

Amal Baba Ali, DNC à Séville / Les Inspirations Éco

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