Maroc

Lesieur Cristal : le « Made in Morocco », est-il envisageable ? (VIDEO)

Après une période délicate vécue depuis le déclenchement de la crise sanitaire, le marché des huiles de table semble revenir à un semblant de normalité. Toutefois, les tensions inflationnistes et la baisse du pouvoir d’achat demeurent des aspects préoccupants à suivre de très près. Le directeur général de Lesieur Cristal, qui était L’invité des ECO, explique la situation et donne les pistes susceptibles de renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Extraits.

Quel est l’intérêt d’avoir une culture locale et pérenne?
Une des actions que nous sommes en train de mettre en place, au niveau de l’interprofession, réside dans la réalisation d’une étude sectorielle pour démontrer l’intérêt économique de l’établissement d’une filière oléagineuse au Maroc permanente et rentable. Je pense qu’il faut traiter ce sujet en tenant compte de plusieurs paramètres : politique, social et surtout économique. Pour revenir en particulier à la question de la production du soja. Si nous devions produire du soja, il faudrait qu’on le plante en été, or en cette saison il ne pleut pas.

C’est une culture qui nécessite beaucoup d’eau, donc il faudra penser à des terres cultivées qui seront totalement irriguées. Ce qui s’avère difficile à concevoir, au vu du stress hydrique que connaît notre pays actuellement. Ceci dit, il y a des solutions, notamment le recours au dessalement pour pouvoir relancer l’agriculture au Maroc. En tout cas, nos terres et notre climat se prêtent correctement à une culture de tournesol et de colza. Qui du point de vue habitude alimentaire n’est pas du tout en contradiction avec les attentes des Marocains.

Est-ce que dans votre filière, on peut parler du Made in Morocco ?
Dire que telle marque d’huile de table est 100% d’origine marocaine, de la terre jusqu’à la mise en bouteille, à mon avis, ce serait un argument formidable. Si on fait le parallèle avec l’huile d’olive, c’est tout à fait possible. Nous sommes très fiers de notre huile d’olive marocaine. Sur l’huile de table, on ne peut pas dire la même chose. Par contre, si on renforce l’amont agricole, on peut commencer à développer le label Made in Morocco. Qui, à mon avis, serait très percutant.

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