Maroc

Importations de chocolat : ce qui change avec le PLF 2021

Les importations de produits du chocolat et préparations alimentaires contenant du cacao voient leur droit d’importation relevé de 17,5% à 40%. Pour l’Association des biscuitiers, chocolatiers et confiseurs, il s’agit uniquement d’un réalignement du droit d’importation.

Les industriels de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie sont dans l’expectative, suite à l’annonce dans le PLF 2021 de l’augmentation de la quotité du droit d’importation applicable à certains produits du chocolat et préparations alimentaires contenant le cacao de 17,5% à 40%. «Quels sont précisément les produits concernés ?», interroge un opérateur. «Nous importons la matière première de chocolat. Nous sommes en train de nous renseigner pour savoir si nous sommes concernés ou pas par cette mesure. Est-ce qu’elle concerne les produits finis ou la matière première ? Nous nous renseignons pour avoir plus de détails, mais toujours pas de réponse. C’est le cas aussi  pour notre transitaire», réagit un autre industriel.


Contacté par la rédaction, Abdelaziz El Alaoui, directeur de l’Association des biscuitiers, chocolatiers et confiseurs (AB2C) éclaire notre lanterne : «Tous les produits à base de chocolat, figurant dans la nomenclature, sont ciblés. Au mois de juin, la loi de Finances rectificative a déjà ciblé un certain nombre de produits. Maintenant, le relèvement de la quotité du droit d’importation vient compléter la posture prise par le Maroc, par un positionnement tarifaire, qui n’a pas été intégré dans la première mesure. Il s’agit seulement d’une mise à niveau technique. La décision de réaligner le droit d’import est politique. Elle fait suite à une augmentation du droit d’importation commun, observée dans plusieurs pays.»

Cependant, le dirigeant de l’association s’interroge sur un virement à 360° observé sur des produits qui bénéficiaient d’un abattement des droits d’importation. «Ce que je n’ai pas bien compris, c’est qu’un certain nombre de produits qui ont eu, au cours des dix dernières années, un abattement des droits d’importation se sont vus dans le droit commun, taxés à 40%». Il assure que ce réalignement du droit d’importation n’a aucune incidence sur les importations, d’une manière générale, des produits manufacturés, que ce soit pour les produits de la biscuiterie, la confiserie et la chocolaterie.

«D’autant plus que 80% à 85% des produits importés proviennent de pays avec lesquels le Maroc a des accords de libre-échange (ALE). Moins de 20% du chocolat importé est impacté par cette décision.» Hakim Marrakchi, président de la Commission fiscalité et douane, abonde dans le même sens. «La hausse des droits de douane ne concerne que les produits importés hors zone d’accord de libre-échange. Dans le cas du chocolat, le Maroc importe essentiellement du chocolat d’Europe, d’Égypte, de Suisse ou des Émirats arabes unis. En conséquence, cette hausse de droits de douane consiste en une mesure sans effet sur la capacité concurrentielle des productions marocaines.» D’une manière globale, le Maroc fait l’objet, avec les ALE, à des importations massives en violation de certaines règles de l’OMC. La moitié du chocolat commercialisé au Maroc provient de l’import, notamment de pays avec lesquels nous avons des ALE, s’insurge le directeur de l’AB2C. Ces chocolateries proviennent notamment d’Italie, d’Espagne, de France, de Belgique…Pis encore, d’autres pays non européens, comme les Émirats, appliquent des barrières non tarifaires aux produits en provenance du Maroc. «Pour tous ces pays, nous allons lever une requête au niveau de l’OMC. Nous allons faire la même chose pour les autres produits de la biscuiterie et la confiserie, parce que la tendance est la même. Entre 2012 et 2020, les importations ont augmenté de 10% en moyenne. De manière globale, les importations représentent 35% du marché de la biscuiterie, chocolaterie et confiserie», explique El Alaoui.

Le secteur de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie au Maroc compte plus de 60 entreprises et emploie plus de 6.800 salariés. Il réalise, par ailleurs, plus de 4 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, dont près de 10% à l’export au titre de l’année 2018. Il reste dominé par Kraft Food Maroc et Best Biscuits Maroc (groupe Anouar Invest) dans le segment de la biscuiterie, et Aiguebelle, Maghreb Industries et Michoc dans celui de la confiserie/chocolaterie. En dépit du fait que le secteur figure parmi les plus touchés par la Covid-19, il enregistre, début 2020, la création de 11 nouvelles unités de production, l’augmentation de plus de 500 millions de DH de chiffre d’affaires à l’export ou encore le développement de 15 projets en R&D.

Modeste Kouamé / Les Inspirations Éco


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