Maroc

Immobilier : le digital peut-il sauver le secteur ?

Le secteur de l’immobilier montre des signaux positifs de relance. Le digital y joue un rôle important comme levier de communication et de performance.

L’immobilier, comme la grande majorité des secteurs depuis mars dernier, a été fortement impacté par les effets de la crise. Toutefois, le marché commence à émettre les signaux positifs d’une reprise, certes timide, mais qui n’inquiète pas pour autant les observateurs.


Dans ce cadre, le digital est proposé parmi les axes porteurs d’une promesse de relance. Pour les promoteurs immobiliers, il devient important de disposer d’une stratégie digitale bien ficelée, afin de renforcer la visibilité sur le marché.

Au cours des derniers mois, «l’outil digital a été décisif dans le maintien du secteur de l’immobilier», affirme Amine Mernissi, expert immobilier et auteur du guide immobilier Repons’Immo.

Ce dernier intervenait lors d’une rencontre virtuelle organisée par Avito.ma autour du «rôle de l’écosystème digital dans la relance du secteur immobilier post-confinement au Maroc». Au fil de cette période, «la demande a repris petit à petit, pas pour conclure, mais pour manifester de nouveau de l’intérêt», souligne-t-il. Confinement et arrêt d’activité oblige, la visibilité des clients, quant à la pérennité des opérateurs du marché était floutée, explique Mernissi. C’est donc le digital qui a permis aux promoteurs de rétablir le contact avec leurs clients, mais aussi d’atteindre de nouveaux prospects. «Faire la promotion d’un projet en faisant l’impasse sur le digital, c’est hypothéquer le succès», défend Mernissi. «Le digital a permis aux opérateurs immobiliers de mieux se positionner pendant le confinement, et même après. C’est une évidence à bien des égards », convient Kevin Gormand, CEO et fondateur de Mubawab.ma, interpellé sur le sujet par Les Inspirations ÉCO. Mais l’outil digital peut s’avérer à double tranchant, alerte l’expert, insistant sur la nécessité de le déployer au service de la transparence. «L’acquéreur devrait pouvoir consulter les autorisations et les plans d’un projet. C’est important pour rassurer et asseoir la confiance, au moment où celle-ci a été ébranlée», souligne la même source.

Cette transparence est défendue par la responsable marketing et communication chez Chaabi lil Iskane, Hind Zaiker, qui déclarait lors de la même rencontre que les opérateurs étaient aujourd’hui «tenus d’offrir une information transparente et complète au prospect pour qu’il puisse faire un comparatif avant de se déplacer pour voir le projet». Et d’ajouter : «C’est un canal pilotable et mesurable. Les indicateurs de performance peuvent être suivis et paramétrés de manière quotidienne.»

De son côté, Kevin Gormand explique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des innovations technologiques majeures pour être proches des clients prospects. «Il suffit juste de fournir l’ensemble des plans des appartements en 2D/3D et les plans de masse des projets résidentiels pour pouvoir les partager avec les clients par mail ou par WhatsApp», conseille-t-il. Autre piste recommandée par Gormand : « Les promoteurs peuvent aussi préparer des visites virtuelles aux clients qui ne souhaitent pas de se déplacer. En tout cas, ces outils digitaux offrent par ailleurs aux opérateurs plus de visibilité.» D’un point de vue stratégique, s’orienter vers une présence digitale forte suppose pour tout opérateur de «faire les choses proprement», préconise de son côté Amine Sehail, responsable communication et marketing du groupe Badr Lil Iskane. «Il ne faut pas hésiter à faire appel à des professionnels pour se faire guider et utiliser cet outil de la manière la plus efficiente possible.»

L’offre reprend des couleurs

Les dernières statistiques d’Avito traduisent une nette reprise de l’offre dans le secteur. Si les annonces publiées mensuellement ont baissé de 57%, à partir du mois de mars et jusqu’au mois de mai, elles ont repris de 124% entre juin et octobre. La tendance est similaire pour ce qui des projets publiés sur la plateforme Immobilier neuf d’Avito. Ici, les offres ont repris dès juin, après une baisse de 20% entre mars et mai. Le nombre de visiteurs uniques, qui avait chuté de 29% de mars à mai, a repris de 46% entre juin et octobre. Les leads (contacts) qui avaient reculé de moitié ont, quant à eux, repris de 186%.

Baisse des prix. Les promoteurs avaient-ils le choix ?

Depuis l’avènement de la crise sanitaire, comment les promoteurs immobiliers se sont-ils adaptés à la crise et comment ont-ils amorcé la relance ? Bien que certains acheteurs l’espéraient, la baisse drastique des prix de vente des biens immobiliers n’était pas une option viable pour les opérateurs. «Au-delà d’un certain seuil, celle-ci représenterait un danger pour tout l’écosystème», signale Mernissi. Selon les chiffres d’Avito, entre mars et mai derniers, la moyenne des prix des appartements en vente a été de 629.389 DH, ce qui représente une chute de 7% par rapport au post-confinement, qui affichait une moyenne de prix de vente de 680.377 DH. Du côté des promoteurs, plusieurs ont fait le choix de ne pas baisser leurs prix. Pour Hind Zaiker, «si les prix sont bien étudiés, ils resteront compétitifs, nul besoin de les baisser. Aujourd’hui, il s’agit avant tout de s’adapter aux nouveaux comportements et besoins des consommateurs».

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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