Maroc

Forum politique du CJD : Quel business model pour le Maroc ?

Le PAM, l’Istiqlal, le MP, le PPS, le RNI, l’USFP et la Fédération de la gauche démocratique étaient au rendez-vous, samedi dernier, au 7e Forum politique du Centre des jeunes dirigeants. L’objectif était de «repenser le business model du Maroc» et de proposer des solutions. Le PJD n’a pas participé au débat, au grand regret des participants.

Comme on pouvait s’y attendre, les ténors des partis politiques n’ont pas pris part au forum politique du CJD, tenu ce samedi 17 septembre à Rabat. À quelques jours des élections législatives, qui focalisent toutes les attentions, y compris au-delà de nos frontières nationales, les huit leaders choisis par le comité d’organisation se sont tous faits représenter sauf…le PJD. Mustapha El Khalfi, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, s’est en effet excusé en raison «d’engagements de dernière minute». Ce qui a enlevé un peu de piquant à la rencontre qui s’est quand même assez bien déroulée. Le thème choisi cette année par les jeunes dirigeants, à savoir : «Repenser le business model du Maroc», a drainé une importante assistance et suscité un débat intéressant.


L’esprit du forum
Dès son allocution d’ouverture, Khalid Baghri, président du CJD a planté le décor : « Au CJD, notre credo, c’est la performance qui n’a de sens que lorsqu’elle est économique, sociale, sociétale et environnementale. Au CJD, nous pensons que l’économie est avant tout au service de l’homme et de la vie». Autrement dit, quel que soit le modèle économique à construire pour l’avenir du Maroc, le CJD a fait son choix : le modèle économique marocain devra placer l’humain au centre de ses préoccupations.

Le Maroc a-t-il un modèle économique ?
Au regard des différentes interventions des invités, la réponse à cette question est oui. «Ce modèle date du début des années 2000. Il vise à favoriser la demande pour stimuler la croissance, ce qui passe par une création massive d’emplois et de richesses», a expliqué Khaoula Lachgar de l’USFP, qui a ajouté que «sur les 15 dernières années, le Maroc a amélioré ses fondamentaux. Cela vient d’être confirmé par la 2e édition du rapport du cabinet Mc Kinsey sur l’Afrique portant sur la période 2000-2015. Ces résultats sont à mettre à l’actif des gouvernements d’alternance. Ce n’est qu’avec l’actuel gouvernement que nous avons des taux de croissance de 3,5%, ce qui ne répond pas du tout aux objectifs du modèle économique marocain, qui sont plus de croissance et moins de chômage».

Une problématique universelle
Selon Najib Mikou de l’Istiqlal : «la question posée par le CJD est une problématique universelle. Ce qui marchait avant ne marche plus aujourd’hui. C’est une erreur d’avoir bâti le modèle économique sur la consommation : le Maroc est un petit marché. Il faut engager la réflexion sur de nouveaux mécanismes, de nouveaux secteurs». Par exemple, l’Istiqlal préconise d’ajouter la pharmacie aux métiers mondiaux, d’investir dans le halal, l’économie sociale et solidaire et le commerce électronique, et de renégocier les accords de libre-échange (ALE).

Renégocier les ALE
«Les ALE, qu’est-ce qu’on attend pour faire leur évaluation ? Les Turcs  sont en train de tout prendre. Le secteur agro-alimentaire n’en peut plus», a lancé Omar Balafrej de la Fédération de la gauche démocratique. Tempérant ces propos, Anass Doukkali du PPS, qui était visiblement le seul à défendre le bilan du gouvernement de Benkirane, a souligné que «les ALE ont quand même augmenté le niveau de croissance des exportations marocaines à travers les systèmes d’intégration/compensation». Selon lui, «il faut arrêter de mépriser les actions du gouvernement, plébiscité par la Banque mondiale, qui a réussi à stopper la compensation pour rattraper les déficits au niveau social».

À propos de la Banque mondiale, Hicham Amadi du RNI a révélé à l’assistance que «trois lignes de crédit successifs de la BM de 5, 6 et 7 milliards de dollars, soit un montant global de 18 milliards de dollars sont aujourd’hui disponibles. Cela témoigne de la solvabilité du Maroc, mais alors pourquoi l’État n’utilise pas ces prêts ?». Pourtant, selon Mohamed Bouatou du MP, qui parle de choc de croissance, «il y a urgence : les écarts entre villes et campagnes, entre riches et pauvres deviennent de plus en plus importants et tout cela est à imputer au modèle économique inapproprié choisi par le Maroc».

Le PAM a une alternative. Selon Samir Belfkih, son représentant au Forum politique du CJD, son parti a un modèle économique basé sur l’offre avec deux principaux leviers : une industrie compétitive et des régions performantes. Par exemple en matière de gouvernance, Belfkih assure que son parti parie sur la gouvernance numérique pour arrêter la corruption.

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