Maroc

Fatima-Zohra Alaoui : «Il est maintenant temps de penser au textile»

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Fatima-Zohra Alaoui . Directrice générale de l’Association marocaine des industries de textiles et l’habillement (AMITH)

Le secteur du textile a-t-il besoin d’un contrat-programme ?
En fait, nous ne demandons que cela. Malheureusement, nous n’avons pas le répondant nécessaire. Le sujet n’est pas encore sur la table du Comité de veille. Nous avons eu des premières discussions contacts avec le ministère de l’Industrie, avec à la fois des propositions à moyen terme à vocation stratégique, mais aussi à court terme vu la situation actuelle. Il n’ y pas encore eu d’actions prises, sachant que le textile demeure le premier employeur industriel du pays et revêt la même importance que d’autres secteurs. Le CVE se base sur les chiffres, et au regard des indicateurs, on constate qu’on est mieux loti que le tourisme ou l’événementiel, car nous avons eu un travail de rattrapage sur les commandes à l’export durant les mois de juin et de juillet, en attendant les chiffres du mois d’août. Or, le problème, c’est que les carnets de commandes sont désormais vides. L’effet de la crise sera ressenti dès à présent, puisque nos clients n’ont pas de clients à leur tour.


Quelles sont vos craintes dans ce sens ?
Il faudra se mobiliser pour ce secteur. La visibilité sur les trois derniers de l’année montre que les carnets de commandes sont vides, et si l’on évite une vague de licenciement, il faudra agir vite puisque le son de cloche que nous avons est que les commandes ne sont pas prêtes d’être relancées. Il faudra aider les entreprises à dépasser le cap des prochains mois, pour maintenir l’emploi. Nous avons bien exprimé nos besoins en termes de mesures d’urgences pour maintenir le secteur et d’accompagnement par la suite. Aujourd’hui on observe une fausse sérénité liée aux chiffres à l’export, mais nous assurons qu’il s’agit juste d’un rattrapage. Nous nous attendons à finir l’année sur un recul de 30%, du moment qu’il n’y a pas de visibilité sur les trois prochains mois. Aussi, la plupart des entreprises ne sont pas éligibles au dispositif de Damane Relance avec une demande exprimée pour que le ratio de l’endettement soit étalé sur 3 ans.

Comment, alors, remonter la pente ?
Nous avions demandé la reconduite des mesures spéciales Covid-19 jusqu’à la fin de l’année. A défaut, si les fonds ne sont pas là, nous demandons dans ce sens la prolongation du chômage partiel avec un partage des coûts entre l’Etat et les opérateurs. Cela permettra d’éviter de pénaliser les salariés du secteur puisque le reliquat de 50% de leurs salaires est supporté par l’Etat. Cette doléance a même été portée par la CGEM mais nous n’avons pas encore de retour. Un dernier point important concerne le SMIG. Nous voulons que les pouvoirs publics soient conscients que notre secteur fait face à la problématique du paiement des salaires. Demander à un secteur en crise une hausse du SMIG durant cette année n’est pas du tout raisonnable.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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