Maroc

Élections : Le PAM promet des réformes de fond

En plus de la mise en place d’un nouveau modèle économique, le PAM se dit prêt, s’il obtenait le statut de leadership, à mener des réformes structurelles profondes et propices à la libération des forces productives du pays. 


L’avant-dernière rencontre-débat du cycle organisé par le mouvement Damir a été réservée, hier, au chef de file de l’opposition.   Le secrétaire général du parti, Ilyas Elomari, n’a pas fait d’exposé oral, contrairement à ses prédécesseurs et s’est livré à l’épreuve des questions-réponses dès l’entame de la rencontre, dans l’optique de faire dégager des prises de position claires sur les questions qui formeront l’ossature de la campagne électorale du parti. En vue de mettre l’accent sur la position de son parti sur l’échiquier politique, le leader du parti du tracteur a invité l’assistance à «imaginer si le PAM n’existait pas sur la scène politique».

Pour Elomari, donc, son parti «a apporté une plus-value qualitative et a des réponses à la crise électorale de 2007». Évoquant le climat régional instable, le n°1 du parti du tracteur a indiqué que sa formation fait partie des acteurs politiques qui ont choisi le camp de la «résistance» et que cette vocation historique ne va que s’affirmer avec le temps. «Tout ce qui nous entoure est anormal et au lieu des assassinats individuels dans le monde arabe, on assiste aujourd’hui à des assassinats collectifs», a-t-il expliqué pour marquer sa position envers les hostilités qui secouent plusieurs pays arabes. Le chef de file du PAM a par ailleurs «reconnu» à cette équipe «d’avoir une loi organique sur les nominations aux postes stratégiques qui a permis au gouvernement de nommer en 5 ans ce que l’institution monarchique a nommé en 16 années». Le leader du PAM a aussi critiqué la démarche de l’actuel Exécutif sur le dossier du chômage et surtout la mise en œuvre incomplète de la Constitution «avec des lois organiques qui ont été élaborées durant les deux derniers mois de la législature».

La lecture du bilan est «facile», selon Bakkoury
Présent à cette rencontre, le président du Conseil de la région de Casablanca-Settat s’est attelé à défendre les postulats du programme économique du PAM. Pour l’ancien SG de ce parti, «on ne peut dissocier la mise en place d’une économie structurée et le succès sur le plan politique. Le seul point positif dans le bilan gouvernemental est qu’il est facile à lire», estime Bakkoury. Plusieurs remarques ont été formulées durant cette rencontre à propos du programme économique du parti de la part de Mohamed Benmoussa, membre du mouvement Damir. Pour l’économiste, «le paradoxe consiste en ce que le PAM a un regard assez affûté dans l’analyse, mais lorsqu’il s’agit de traduire ces diagnostics en éléments programmatiques, il y a une certaine myopie dans le sens où le programme est resté souvent dans les déclarations d’intention». Bakkoury a, à ce sujet, défendu que son parti ne pouvait se perdre dans les détails attendus, notamment par le monde des affaires, à propos de plusieurs questions comme celle de la fiscalité. «Il fallait fixer des objectifs en vue de pouvoir bâtir un programme commun qui pourra par la suite devenir un programme gouvernemental», a indiqué Bakkoury. Il estime «qu’il faut sortir de ce modèle économique durant ce mandat. C’est une conviction forte qui a été traduite dans le slogan de la campagne». Parmi les questions essentielles à régler figure le rôle de Bank Al-Maghrib «avec un vide qu’il faut combler», d’après Bakkoury pour qui la Banque centrale «ne peut pas non plus aller là où elle ne peut pas», faisant allusion à son statut qui lui confère d’importantes prérogatives sans que cela ne requiert le caractère de force contraignante pour l’Exécutif. Il est à noter que le débat a basculé vers les affaires régionales, notamment le cas de SAMIR, Lydec et Amendis qui ont été citées pour mettre en avant l’effacement des élus devant ces dossiers, mais surtout «la gestion gouvernementale du cas de la Samir qui a été l’une des plus chaotiques», selon le président du Conseil de la région de Casablanca.


Ilyas Elomari
SG du PAM

Notre objectif est de mettre fin à l’exclusion qui a prévalu dans la gestion gouvernementale. Pour la 1re fois, nous avons assisté à un gouvernement qui se croit seul sur la scène».

Mustapha Bakkoury
membre du PAM, président de la Région Casablanca-Settat

La fiscalité est un élément-clé parmi d’autres. Le gouvernement n’est pas là uniquement pour gérer le budget mais doit gérer l’économie. Malheureusement cela a fait défaut».


Sucre et butane,  décompensation  prochaine ?
Sur le plan économique, Mustapha Bakoury a affirmé que sa formation politique ferait tomber les derniers bastions de la Caisse de compensation à savoir la subvention sur le butane et le sucre. Et de préciser que «le PAM ne s’inscrit pas dans la continuité du gouvernement Benkirane en matière de décompensation car ce processus n’a pas encore véritablement commencé». En revanche, Bakoury n’a pas répondu à la question si oui ou non le PAM consacrerait l’ensemble du montant épargné de la décompensation aux aides directes qui seraient allouées aux couches les plus défavorisées.

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