Maroc

E-commerce : encore des obstacles à dépasser au Maroc

L’essor signé par le secteur du e-commerce depuis le déclenchement de la crise sanitaire de la Covid-19 est indéniable. Du chemin reste néanmoins encore à parcourir avant d’atteindre la maturité constatée dans d’autres économies de la région. Plusieurs freins pouvant freiner son développement, à moyen et long termes, doivent être levés. Avis d’experts.

Le commerce en ligne a connu une croissance sans précédent au cours de la dernière année, un essor essentiellement dopé par le déclenchement de la crise sanitaire et les mesures de restrictions de déplacement qui en ont découlé. Aujourd’hui, ce secteur est en passe de devenir un véritable levier de croissance pour l’économie nationale.


La fédération des métiers de la distribution des produits de grande consommation, Tijara 2020, et le guichet unique national des procédures du commerce extérieur, Portnet, se sont justement attelés à étudier l’état des lieux et les perspectives du e-commerce, après le déclenchement de la crise de la Covid-19. Avant tout, les intervenants se sont accordés à assurer que «la crise de la Covid-19 n’a été qu’un accélérateur d’un mouvement de fond qui a été amorcé bien auparavant». En effet, la nécessité du e-commerce est «évidente» pour tous, dans la mesure où les consommateurs sont pratiquement tous équipés d’outils à même de leur permettre d’être présents sur les différentes plateformes digitales.

Néanmoins, les opérateurs économiques n’ont pas encore tous intégré cette donnée digitale dans leurs stratégies. Le président de la commission Commerce de Tijara 2020, Said El Amrani, souligne: «les clients potentiels sont de plus en plus importants, mais l’offre demeure balbutiante, d’où la nécessité pour les entreprises opérant dans ce secteur de se lancer dans le développement de solutions digitales innovantes pour l’avenir». Les exemples de succès ne manquent pas et ont de quoi convaincre plus d’un récalcitrant. «Nombreuses sont les marques marocaines qui ont saisi cette opportunité pour s’adapter au marché, notamment à travers une offre cash on delivery, soit un délai de paiement indiquant que le paiement de l’achat est encaissé quand les produits sont livrés aux consommateurs, facilitant ainsi aux clients l’accès aux produits en ligne», explique Salma Ammor, directrice générale de GOA Commerce.

Encore du chemin à parcourir
De manière globale, le marché national du e-commerce évolue, certes, mais il demeure encore devancé par d’autres économies régionales. En effet, au Maroc, à ce sont à peine 2% du total de ventes au détail qui sont commercialisés sur internet, quand ce taux est plus important (de 4% à 10%) dans d’autres pays africains et en Méditerranée. Selon Fahd Bennani, directeur général d’IWACO, si le secteur du e-commerce ne suit pas la même trajectoire, c’est à cause de la faiblesse de l’écosystème des startups au Maroc qui souffre d’un manque de financements. «En Égypte et au Nigéria, des licornes (startups valorisées à plus de 1 MM$) émergent dans les secteurs de la fintech, proposant des services liés à l’e-commerce, et arrivent à réaliser des levées de fonds phénoménales. Au Maroc, on en est encore loin », affirme-t-il.

Et Larbi Alaoui Belghiti, directeur général de Jumia Maroc, de défendre que la présence des investisseurs solides dans le tour de table des start-ups est aussi primordiale. Justement, comparé à des pays comme le Nigéria ou l’Égypte, et en termes de population, le Maroc reste un marché relativement petit et peine à attirer les investisseurs internationaux pour ses start-ups. Par ailleurs, le secteur informel est un autre frein au développement du e-commerce au Maroc. De l’avis des experts, il devient impératif de penser à un modèle inclusif pour que les acteurs informels ne restent pas en marge de ce mouvement. Le manque de confiance des cyber-consommateurs représente également un obstacle considérable. La solution réside dans l’éducation et la proposition de solutions innovantes et diversifiées, que ce soit pour les aspects du paiement ou encore de l’expérience d’achat. Le directeur du Commerce et de la distribution au ministère de l’Industrie du commerce et de l’économie verte et numérique, Rachid Sarrakh, souligne à ce sujet que des incitations sont mises en œuvre par le ministère en vue d’accélérer le déploiement du e-commerce, notamment en termes de renforcement des compétences par rapport à la formation en la matière outre la mise en place d’un ensemble de cursus de formation dédié au domaine du digital et du e-commerce. 

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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