Maroc

Darija, identité nationale, El Malki, Lachgar, les piqures de rappel de Benkirane

C’était un week-end très studieux pour le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui a rappelé à qui de droit les positions de son parti quant à la formation du prochain gouvernement. À commencer par son allocution lors du 4e congrès national sur la langue arabe tenue le 10 mars à Rabat. D’entrée de jeu Benkirane a insisté sur l’utilité d’organiser des conférences et des colloques sur la langue à utiliser par une «Ouma dont la langue est l’arabe et l’amazigh, comme c’est stipulé dans la Constitution».

Moyennant une argumentation vaguement académique et articulée principalement autour de la question identitaire, Benkirane a rappelé que la langue arabe est le ciment du monde arabe et que l’usage de la darija dans ces pays aboutirait à l’émergence de langues différentes comme ce fut le cas en Europe, ce qui aura pour conséquence la dislocation des liens entre les pays arabes. «Voulez-vous qu’on rompt avec notre religion et la langue du Coran ?», s’est-il interrogé.


Lachgar au gouvernement ? No Passaran
Lors de la deuxième rencontre avec la jeunesse du monde rural qui s’est tenue le samedi 11 mars à Oualidia, l’allocution de Benkirane a revêtu un caractère purement symbolique même s’il a fait l’impasse sur les tractations et les coulisses de la formation du gouvernement, qui tarde à sortir.

Concernant la participation de l’USFP au gouvernement, Abdelilah Benkirane a personnalisé les débats en commençant par la nomination de Habib El Malki à la tête du perchoir. «Nous n’avions aucune raison de choisir le président du Parlement parmi un parti qui a été classé à la sixième place au dernier scrutin», a-t-il lancé, avant de justifier ce choix par l’urgence de la situation liée au retour du Maroc au sein de l’Union africaine, mais de là à avaler d’autres couleuvres, il y a un pas que le chef du gouvernement n’est pas prêt à franchir. Pour montrer les limites de sa capacité à trouver une issue à la crise liée au blocage du gouvernement, Benkirane a déclaré être prêt à faire des concessions au parti du RNI, du Mouvement populaire et même à l’Union constitutionnelle, mais rappelle que l’USFP est une ligne rouge. «Si vous voyez l’USFP dans un prochain gouvernement, je ne suis pas Abdelilah», annonce-t-il avant de poursuivre : «Il (Lachgar) a touché la dignité du peuple marocain en bloquant la formation du gouvernement pour un ou deux portefeuilles ministériels…». Tonnerre d’applaudissements.

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