Maroc

Chabat veut reconquérir Fès

Le numéro un du parti de l’Istiqlal a présenté le bilan de ses 12 années à la tête de la ville de Fès. L’ancien maire a défendu sa gestion et ses réalisations. il n’a pas caché sa volonté de déposer sa candidature lors des prochaines législatives. Il a, par la même occasion, fustigé l’actuel conseil de la commune dirigé par le PJD.

Chabat veut reconquérir la ville de Fès. Lors d’un meeting organisé jeudi dernier, le SG du parti de l’Istiqlal (PI) a balisé le terrain devant sa prochaine candidature aux législatives. L’ancien maire a essayé de redorer son image auprès de ses partisans et citoyens de la ville de Fès. Sa présentation était basée sur son bilan en tant que maire, sous le thème : «2003-2012, la période de la construction». Hamid Chabat a précisé lors de cette rencontre que depuis sa première investiture à la tête de la ville de Fès, sa première préoccupation était de servir les intérêts de la ville et de ses habitants, et ce par des programmes clairs, réels et réalisables ainsi qu’avec des budgets étudiés et bien déterminés.

«Le mécanicien que j’étais n’avait pas de problèmes pour l’élaboration des budgets de la ville de Fès, parce que nous connaissions bien les besoins des citoyens, et nous étions à chaque fois prêts à défendre notre budget», précise Chabat. Et d’ajouter, en faisant allusion au groupe du PJD à la tête de la commune, «le refus qu’a subi le premier budget de la commune montre clairement que les nouveaux élus à la tête de la ville n’ont pas d’expérience dans la gestion de la chose locale, ni la volonté pour défendre leur propre budget». Il a aussi saisi cette occasion pour demander au nouveau Conseil présidé par Driss El Azami d’honorer ses engagements et les promesses donnés aux citoyens lors de la campagne électorale de septembre dernier, surtout en ce qui concerne «la guerre des frontières» qui se déroule aujourd’hui entre les communes de Ouled Tayeb et de Fès, ainsi que les problèmes liés à la halle aux poissons.

En ce qui concerne les créances de la commune, Chabat a précisé que les dettes annoncées par le Conseil ne visent qu’à détruire l’image du parti de l’indépendance (cf:www.leseco.ma). «Le PI était à la tête de la ville de Fès suite aux élections de 1992, 1997,2003 et 2009, et à chaque fois le parti a honoré ses engagements et a assumé ses responsabilités», a-t-il précisé. Le numéro Un du PI a aussi tenu à mettre fin aux rumeurs concernant sa candidature dans d’autres villes, comme Taza, Rabat ou encore Taounate. Il a exprimé sa forte volonté de vouloir se présenter dans son ancien fief électoral aux prochaines législatives.

Nouveaux projets
S’appuyant sur le procès verbal de la dernière session du Conseil de la région de Fès-Meknès, Chabat n’a cessé de critiquer les derniers projets imposés par le Wali de la région, tout en précisant que d’autres projets ont été déjà élaborés et votés par l’équipe du PI à l’époque, et les budgets y afférents ont été déjà alloués. «Pourquoi ont-ils délaissé nos projets et ont opté pour de nouveaux ?», demande Chabat. Il précise que des sommes colossales ont déjà été débloquées pour équiper la ville de caméras de surveillances ainsi que pour la construction du grand théâtre. «Aujourd’hu,i on voit que ces mêmes projets réapparaissent avec de nouveaux budgets», insiste l’ancien maire de Fès.

Élections
Abordant sa défaite lors des élections du 4 septembre 2015, Chabat considère que «c’est un petit pas en arrière pour un grand pas en avant». Pour lui, cette étape a permis au PI de réorganiser ses rangs et de se préparer au plus difficile. Concernant les enseignants stagiaires, Chabat a réitéré sa solidarité avec les enseignants. «L’État a besoin de recruter beaucoup plus que les 10.000 stagiaires actuels, mais le gouvernement a essayé d’éviter de trouver une solution équitable à ce conflit», dit-il. Selon les observateurs, cette rencontre ressemble ainsi à une opération de reconquête de Fès par Chabat dont la popularité est mise à rude épreuve.

Il est à noter que même si l’actuel numéro Un de l’Istiqlal est parvenu à gagner un siège au Conseil de la ville de Fès ainsi que le conseil régional de Fès-Meknès, il n’a pas hésité à annoncer sa démission quelques mois seulement après son élection. Le secrétaire général du parti de la balance n’hésitera pas à sortir les gros moyens pour gagner les prochaines élections. Sur ce point, il faut savoir que la direction actuelle du parti s’est offerte les services d’une agence de communication pour les préparatifs des législatives du 7 octobre prochain. Un rendez-vous électoral dans lequel l’Istiqlal veut jouer le premier rôle aux niveaux national et régional. 


 

Faute avouée, faute pardonnée ?

Chabat a fait le point sur le mode de gestion du nouveau Conseil communal de la ville de Fès, surtout en ce qui concerne les dossiers de l’immobilier. Sur ce point, Chabat a reconnu avoir signé des autorisations de constructions en dehors de son bureau et même en dehors de la commune. «J’ai signé des autorisations de construction sur le capot de ma voiture et dans les cafés», a-t-il avoué, tout en précisant que son principal intérêt était de relancer la dynamique économique dans la région et d’apporter de l’aide à la classe sociale la plus démunie. Chabat joue donc la carte de la franchise, mais cela l’aidera-t-il a regagner la confiance des électeurs ?

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