Maroc

Casamance : Un potentiel touristique à exploiter

La Casamance naturelle. Voilà une partie du Sénégal, à 750 km de Dakar, qui a une belle carte à jouer dans le tourisme. Toutefois, le secteur y traverse une période difficile. L’enclavement de la zone et l’instabilité de la région en sont notamment les principales causes.


Doté d’un riche patrimoine culturel et folklorique, la Casamance, administrativement composée de trois régions (Ziguinchor, Kolda et Sedhiou) paie un lourd tribut de son enclavement. L’instabilité pèse aussi lourdement sur la relance des activités génératrices de revenus comme le tourisme. Et, pourtant, la verte région, située dans le Sud du Sénégal, n’est pas moins bien lotie. Sur le plan culturel, la Casamance est un microcosme de la diversité et de la richesse culturelle. La région a eu des troupes théâtrales, des formations musicales, notamment le Groupe Tourékunda ou Ucas Jazz Band de Sédhiou, qui ont contribué à jeter la lumière sur le patrimoine de la partie Sud du Sénégal.

Un artisanat développé
Cette partie du Sénégal peut se targuer d’avoir un potentiel artisanal très développé du fait de l’exploitation du bois. Toutes sortes d’objets en bois sont fabriquées dans la basse Casamance. On peut y trouver des meubles en bois, des objets d’art. Toutefois, l’exploitation abusive et frauduleuse du bois constitue une sérieuse préoccupation pour la protection de l’environnement. L’enclavement de cette partie sud du Sénégal, combinée à l’absence d’infrastructures, ne favorise guère l’essor du tourisme. Et pourtant, un petit saut dans le passé fait remonter des flots de beaux souvenirs. C’était une période faste pour le secteur dans cette partie du Sénégal. «La Casamance est en quelque sorte l’Afrique de l’Ouest en miniature. C’est une destination de choix», décrit Modou Diouf, coordinateur de l’Office de tourisme de Casamance. Cette structure est chargée d’outiller les acteurs locaux pour une professionnalisation du secteur touristique.

Produit phare
Toujours est-il que les activités touristiques ne sont menées que durant la période allant de novembre à mai. Hormis cette période, le tourisme tourne au ralenti, au grand dam des opérateurs hôteliers. «C’est le chaos total pendant cette période, malgré l’option résolue des autorités qui tentent de booster ce secteur», confesse Diouf. Non sans relever que «nous avons un produit phare à montrer aux touristes chaque moment de l’année».


 

Modou Diouf
Coordinateur de l’Office de tourisme de Casamance

Les ÉCO : Quel est le potentiel touristique de la Casamance ?
Modou Diouf : Nous sommes dans une zone Sud composée de trois régions administratives, Ziguinchor, Kolda et Sedhiou. Mais la plus grande partie des activités touristiques reste concentrée dans la région de Ziguinchor, en termes de destination. La Casamance est en quelque sorte l’Afrique de l’Ouest en miniature, ce qui fait que l’investissement touristique reste non négligeable. Malheureusement, le tourisme fonctionne en Casamance de novembre à mai. Le reste de l’année, c’est le chaos total.

Combien d’établissements hôteliers opèrent dans la région ?
Je ne peux pas donner de chiffres exacts pour la simple raison que des hôtels et restaurants ferment tous les jours, tandis que d’autres rouvrent. On peut estimer les hôtels à 40. Les auberges et campements sont plus de 200 dans la Casamance naturelle, en plus des campements villageois, et il y a plus de 100 restaurants. Les retombées sont là, d’autant plus que les entreprises touristiques emploient des centaines de personnes.

Quels sont les facteurs qui bloquent l’envol du secteur ?
Nous pouvons citer, parmi les facteurs, l’enclavement de la région. En outre, l’image de la région bloque aussi le développement du secteur. Elle manque de promotion. Le conflit en Casamance a pris le dessus sur tous les autres aspects positifs de la région. Les autorités encouragent cela, puisque c’est le ministère des Affaires étrangères qui indique que la Casamance est une zone Orange. 


 

Statistiques inexistantes

La baisse des entrées au niveau national n’est pas sans conséquences sur le nombre de visites en Casamance. Elle s’est répercutée sur les recettes des opérateurs qui ont pris la courbe descendante. Voilà un secteur dans la partie Sud du Sénégal qui suscite présentement beaucoup d’inquiétudes chez les acteurs locaux dont la plupart craignent la fermeture de leur entreprise. Cette menace sérieuse fait d’ailleurs que les statistiques pour ce secteur sont quasi inexistantes. Le responsable de l’office de tourisme fait savoir que des hôtels et restaurants ferment tous les jours, tandis que d’autres rouvrent».


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