Maroc

Big data: Mezzour va poursuivre les grands chantiers lancés par MHE

Pour la première fois dans l’histoire politique du Maroc, un poste ministériel a été créé et dédié exclusivement à la transition digitale. C’est dire à quel point la sécurité numérique est une priorité pour le nouveau gouvernement. De quoi ravir les principaux acteurs du secteur qui placent de grands espoirs dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Le débat sur la souveraineté numérique n’a jamais été aussi présent sur l’espace public. Relancée par les multiples cyberattaques recensées au Maroc durant le confinement, la question de la sécurité du patrimoine numérique marocain est au centre des débats dans ce contexte de relance économique. C’est dans cette optique que l’Association des utilisateurs des systèmes d’informations au Maroc (AUSIM), en partenariat avec l’opérateur Inwi, a organisé une rencontre pour débattre de la résilience du numérique dans le royaume. «L’Ausim, en partenariat avec Inwi, a organisé cette rencontre au sujet de la résilience et de l’agilité du cloud pour faire un lien avec ce vent optimiste qui souffle sur le Maroc ces dernières semaines, notamment avec la nomination d’un gouvernement», a indiqué Mohamed Saad, président de l’AUSIM, saluant dans la même foulée la nomination de Ghita Mezzour comme ministre déléguée auprès du Chef du gouvernement chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration.

«C’est une première au Maroc qu’on ait un ministre chargé exclusivement de la transition numérique», a commenté Saad convaincu que Ghita Mezzour va prendre le dossier du digital d’une manière très professionnelle. Chercheuse en matière de big data, en intelligence artificielle et en cyber-sécurité, Mezzour va ainsi poursuivre les grands chantiers lancés par Moulay Hafid Elalamy.

Ce dernier a récemment tenu une rencontre avec les acteurs de l’écosystème digital  pour recueillir leurs propositions dans le cadre de la stratégie nationale digitale. En gros, il a été question, pour cette rencontre «post-Covid», de discuter de l’amélioration de la gouvernance et du renforcement de la souveraineté numérique, comme étant les principales lignes de cette stratégie avec, notamment, la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI), l’AUSIM, l’Association Maroc numeric cluster (MNC) et l’Association Moroccan start-up ecosystem catalysts (MSEC). On le voit, l’enjeu de la transition numérique est crucial au Maroc.

D’ailleurs, le Nouveau modèle de développement a fait la part belle au numérique, l’un des leviers fondamentaux de la transformation de la société marocaine. Et par conséquent, il faut s’y préparer sérieusement et mettre les bouchées doubles afin de relever ce défi, dit-on. «C’est une question de souveraineté industrielle, sanitaire et énergétique. Le Maroc a besoin de ses clouds souverains, que sa data soit hébergée dans le royaume, comme l’a rappelé Sa Majesté le roi lors de son tout dernier discours au Parlement», ajoute Mohamed Saad. «Nous soulignerons d’abord la nécessaire consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs, particulièrement dans la conjoncture présente qui charrie dans son sillage défis, risques et menaces.

De fait, la crise pandémique a révélé le retour en force du thème de la souveraineté», avait souligné le roi devant les parlementaires. Et d’ajouter: «Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autres, sa préservation est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains. Si de nombreux pays ont connu d’importants dysfonctionnements dans la fourniture et la distribution des produits de première nécessité, le Maroc a réussi, lui, à gérer ses besoins en la matière et à assurer un approvisionnement normal et suffisant de ses marchés».

Mais les défis demeurent, en matière de transition numérique notamment. Une enquête réalisée par l’Ausim, auprès de 70 dirigeants en charge des SI et/ou de la transformation digitale dans des entreprises marocaines de différentes tailles, montre que plus de 80% des répondants ont entamé un projet de disruption digitale, mais la majorité se pose encore la question du sens et de l’utilité. Pendant ce temps, plus de 40% des répondants déclarent que le manque d’opérationalisation et de réappropriation du digital constitue le principal défi en matière de transformation, entre autres résultats. Dès lors, les acteurs attendent du tout nouveau gouvernement une nouvelle feuille de route sur le cloud souverain et comment les institutions publiques vont mutualiser leur utilisation de celui-ci. «En tant que nation, on doit se donner les moyens de nos ambitions pour incarner un vrai leadership en Afrique. Il faudrait donc qu’on ait une feuille de route claire et des investissements consistants. Il faudra également miser sur des partenariats avec les organismes internationaux et les opérateurs, si on veut bâtir un cloud marocain souverain qui n’aura pas seulement une vocation nationale mais, plutôt, sera un puissant outil diplomatique», a conclu Mounir Soussi, VP cloud & IA Africa Huawei, et, par ailleurs, un des panélistes qui ont pris part à cette rencontre organisée par Ausim en partenariat avec Inwi.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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